AccueilL'OBSERVATOIRE INFLUENCIALIBRAIRIE « NEXT GENERATION » : UN FUTUR CAS D’éCOLE DE TRANSFORMATION SUR LE MARCHé DU LIVRE

Librairie « next generation » : un futur cas d’école de transformation sur le marché du livre


Publié le 12/05/2016

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Les PUF, les célèbres Presses Universitaires de France, viennent d’inaugurer une librairie. Une maison d’édition qui ouvre une librairie ? And so what ? Une belle illustration de la transformation de l’entreprise dans une ère digitalisée.


Les PUF ont longtemps possédé une librairie dans le Quartier Latin. Mais cette dernière a fermé en 1999 avant de laisser (enfin) la place à une nouvelle en 2016. Or, comme on le sait, les librairies traditionnelles sont bousculées, leur modèle économique est remis en cause, et des acteurs comme Amazon les challengent chaque jour. Pour autant, l’attachement des Français au livre imprimé est intact. Pour preuve, ce marché est stable (+ 1,5% en valeur, + 0,9% en volume en 2015 vs 2014) tandis que celui du livre électronique ne connait qu’une très faible croissance. Que faut-il retenir de cet endroit nouvelle génération ?

 

 

Un lieu pour vivre l’expérience de marque PUF

 

Le digital, loin de nous enfermer dans une bulle virtuelle, nous incite à nouer un nouveau contact dans la « vraie vie ». L’expérience de marque avant l’expérience produit devient essentielle. Ce qui amène les PUF à créer non pas un espace dédié à la vente, mais un lieu de vie de 80 m², un espace de convivialité, de rencontre et d’échange, animé par des événements, des conférences mais aussi la possibilité de prendre un café dans la partie lounge, qui représente près des 2/3 de la superficie. En outre, chaque semaine, il devient un lieu de débats publics autour d’enjeux sociétaux, comme « La maîtrise et l’évolution de l'orthographe », « Les troubles bipolaires et les artistes »…

 

 

Un showrooming détourné

 

Dans cette librairie, 1200 livres sont accessibles en libre consultation. Or, comme chacun n’est présent qu’en un seul exemplaire, vous ne pourrez que les feuilleter, car l’objectif n’est pas de vendre ces exemplaires-là. Il y a donc un côté showroom, qui renforce la dimension concept store de la librairie. Néanmoins, une fois que vous êtes sur place, vous auriez bien tort d’aller acheter vos livres sur Amazon et autres, puisqu'en France, la loi Lang impose un prix unique du livre. Vous ne repartirez donc pas les mains vides…

 

 

La technologie au service de la demande consommateur

 

Son autre atout, qui a fait beaucoup de bruit médiatique à l’occasion de son inauguration, est la possibilité de choisir sur tablette, un livre dans son catalogue ainsi que dans la collection des ouvrages scannés par Google, parmi ceux de la Bibliothèque du Congrès à Washington DC ou de la Bibliothèque d’Alexandrie, et de repartir avec entre 3 et 7 minutes plus tard. Ce qui représente, quand même, 3 millions de titres du domaine public mondial, dont 350 000 en français.

 

En effet, les PUF sont les premiers en Europe à exploiter l’Espresso Book Machine (entre 150 000 à 180 000 €). Il s’agit d’une « imprimerie » de 4 m² environ placée juste derrière le comptoir d’accueil qui édite votre livre à la demande, en quelques minutes... le temps de boire un café donc !

 

 

Un nouveau business model

 

Les PUF testent ainsi un nouveau modèle économique, avec des marges plus faibles. Car si le prix de vente est le même que pour les livres « classiques » en raison de la loi Lang, le coût de revient est plus cher. En revanche, zéro stock, zéro invendu, zéro coût de mise au pilon… Et pour le client, c’est la fin du « désolé, le livre n’est plus disponible, le stock est épuisé ».

 

De plus, alors que l'entreprise se sert des nouvelles technologies pour accomplir sa mission de diffusion de la connaissance et du savoir, qu’il s’agisse de ses nouveautés, de son fonds historique, ou bien du domaine public, ce flagship est l’illustration concrète de son positionnement : « prendre le temps de la connaissance et de la pensée ». Enfin, son succès semble ne pas être que médiatique. Puisqu'en se rendant dans l’établissement -après 2 mois d’activité et même si l’éditeur n’a encore communiqué aucun bilan officiel- on comprend que la mayonnaise a pris : le public s’est approprié le lieu tout comme ses usages numériques, que ce soit avec les tablettes mises à disposition sur place ou sur les réseaux sociaux.

 

 

 

 

 

 

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