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L'acte de créer, ce n'est pas pourquoi mais pourquoi pas


Publié le 03/12/2017

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Approche rationnelle de la chiromancie, la biotypologie étudie la corrélation existant entre les phénotypes psychologique et physique, entre le tempérament et les caractéristiques des mains. Ni le destin, ni la personnalité dans les lignes ne sont recherchés, mais les aptitudes innées, notamment à la curiosité. Haut les mains, ce n’est pas un hold-up !

 

« Il y a dans la vie deux catégories d’individus : ceux qui regardent le monde tel qu’il est et se demandent : pourquoi ? Et ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et se disent : pourquoi pas ? » Ce disant, le dramaturge George Bernard Shaw laisse à penser que le progrès et l’évolution dans le monde doivent plus à l’imagination qu’à la curiosité. Et pourtant, c’est bien souvent la curiosité qui nous pousse à dépasser les limites ou à explorer des voies nouvelles… Comme si la curiosité et l’imagination étaient deux jambes indissociables et indispensables pour aller de l’avant.

 

 

Les plis de flexion

 

La biotypologie nous apprend que cette curiosité, qui semble être dans la nature de l’homme, peut prendre au moins deux formes : curiosité de découvrir et curiosité de comprendre. Des constats établis à partir de l’observation statistique* chez plus de 10 000 sujets des caractéristiques génétiques de la main et plus spécifiquement du nombre de lignes dans la paume. En effet, toutes les paumes humaines possèdent au moins trois lignes : deux lignes dont le départ se situe entre le pouce et l’index, avec un tracé pour la première contournant la protubérance à la base du pouce, et pour la deuxième un tracé horizontal au travers de la paume. La troisième démarre sur le bord de la paume, sous l’annulaire, et traverse le haut de la paume, généralement en direction de l’index.

 

Ces « plis de flexion », tels que dénommés par la médecine – parce qu’en pliant la paume on en accentue la visibilité –, peuvent être, pour certaines personnes, les seules lignes visibles dans la paume. Pour d’autres, en revanche, un réseau très conséquent de lignes vient quadriller la paume en complément des trois lignes principales, à tel point qu’il semble difficile de distinguer ces dernières parmi l’entrelacs des lignes secondaires. Ainsi, selon la lecture biotypologique proposée, c’est au creux de la paume que l’on peut distinguer les personnes curieuses de découverte et celles curieuses de comprendre. Les premières possèdent très peu de lignes, alors que les lignes nombreuses caractérisent le second groupe. En somme, une distinction binaire entre le « quoi » et le « pourquoi ». Simple voire simpliste ? Soit, mais rappelons la remarque pleine de bon sens de Paul Valéry : « Ce qui est simple est faux, mais ce qui est compliqué reste inutilisable. » Alors ajoutons une nuance issue d’une autre distinction, binaire elle aussi : les lignes fines et les lignes profondes. La biotypologie constate une propension naturelle vers l’analyse, le détail et le côté conceptuel pour les paumes quadrillées de lignes fines, et à l’inverse, une plus grande facilité pour la vision globale, la synthèse et le pragmatisme pour les personnes aux lignes profondes.

 

 

Portraits en ligne

 

En croisant ces deux distinctions binaires, on obtient donc quatre profils.

 

1. Lignes peu nombreuses et profondes : curiosité de découvrir de manière globale (sans approfondir par manque de patience et pour passer rapidement à autre chose) et tendance à expérimenter dans une démarche proactive, avec un fort attrait pour la nouveauté, à condition que cela soit intense, rapide et incertain. C’est encore plus vrai pour les sujets dont les mains sont chaudes et moites, pour lesquels le risque et l’inconnu, loin de décourager à découvrir malgré le danger, constituent souvent une motivation supplémentaire. Dans la relation au temps, la curiosité porte essentiellement sur le présent, mais aussi sur le futur lorsqu’il est à portée de main… pour permettre de se distinguer et de briller en étant early user.

 

2. Lignes peu nombreuses et fines : curiosité de voir certains détails (sans chercher la vision globale) dans une démarche réactive, dans laquelle la nouveauté vient à soi directement. C’est encore plus vrai lorsque les mains sont froides et moites ; le risque et l’inconnu constituent alors une raison de rejet de la nouveauté et de repli protecteur. Dans la relation au temps, seuls le passé et le présent semblent dignes d’intérêt pour la curiosité, car le futur plein d’incertitude se révèle plus inquiétant qu’attrayant.

 

3. Lignes nombreuses et profondes : curiosité de comprendre avec une approche prioritaire de synthèse (sans se perdre dans les détails pour garder une compréhension globale) et avec une tendance à privilégier ce qui concourt à une maîtrise de la situation et à la résolution efficace des problèmes. C’est encore plus vrai avec des mains chaudes et sèches, pour lesquelles le risque doit être maîtrisé et l’incertain évité. La curiosité a comme seule motivation le pragmatisme par besoin d’être irréprochable. Dans la relation à la temporalité, ces personnes s’intéressent plutôt au présent qu’au passé ou au futur, sur lesquels elles n’ont plus ou pas encore prise.

 

4. Lignes nombreuses et fines : curiosité de comprendre avec tendance naturelle vers l’analyse (dans le but premier de rendre le monde intelligible et d’en rechercher la cohérence) et avec une propension à trouver plus de plaisir à identifier la cause des problèmes… qu’à les régler. Ce portrait se confirme davantage avec des mains froides et sèches, typiques des personnes ayant une grande indépendance d’esprit, et portées à s’intéresser à de multiples sujets, tant par éclectisme que par envie de donner, dans l’interdisciplinarité, toute sa valeur à leur sens critique et à leur capacité de créer des liens entre des univers qui n’en ont pas. Dans la relation au temps, le passé et l’histoire présentent un véritable et légitime attrait pour la curiosité dans leur potentialité d’éclairer le présent et d’imaginer un prolongement dans le futur.

 

 

Le poids de l’inné

 

Puisque ces caractéristiques des mains sont d’origine génétique, quelle est alors la part de l’inné dans notre type de curiosité en particulier et dans nos comportements en général ? Réponse de Normand : ça dépend ! Non pas que la biotypologie refuse de trancher le débat entre ce qui est inné et ce qui est acquis, mais parce que ça dépend… de l’âge de chaque individu.

 

En effet, à l’inverse d’une logique de prime abord bien compréhensible, le poids des expériences vécues s’amenuise avec l’âge, laissant à l’inné une part prépondérante à partir de 50 ans, et largement dominante après 80 ans. Dans une simplification aisée à mémoriser, convertissez votre âge en pourcentage du poids de l’inné dans les formes de curiosité. D’où l’importance de l’éducation et du vécu familial dans l’ouverture d’esprit… mais à court terme. À la journaliste Léa Salamé qui lui demandait, à propos du prix Goncourt, si la lecture l’aidait à ne pas vieillir, Bernard Pivot a répondu avec conviction : « Le seul moyen de ne pas vieillir, c’est la curiosité ! ». Libre à chacun, donc, d’être et de rester curieux… et d’optimiser le type de curiosité dont l’a doté la nature. Être en accord avec sa nature, une sorte de démarche psycho-écologique !

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