24 avril 2016

Temps de lecture : 3 min

Danse avec des drones

Le drone-vertising peut donc prendre des allures ubuesques comme le démontre, avec un certain brio artistique, Dentsu Japon. Pour la pertinence publicitaire, en revanche, la campagne fait choux blanc. Mais était-ce bien son ambition ?

Le drone-vertising peut donc prendre des allures ubuesques comme le démontre, avec un certain brio artistique, Dentsu Japon. Pour la pertinence publicitaire, en revanche, la campagne fait choux blanc. Mais était-ce bien son ambition ?

Comme quoi le buzz n’est qu’une affaire de créativité, pas de matraquage… Diffusé une seule fois à la télévision japonaise depuis sa réalisation par la boîte de prod, Geek Pictures Inc, le spot de Dentsu Japon n’a pas eu besoin de plus pour faire parler de lui. Dans un pays aux moeurs codifiées où la nudité reste un tabou visuel, l’exposer comme le fait le film condamnait la campagne à la censure des diffuseurs. Mais si nous, en France, en parlons, c’est que le coup de poker a fonctionné, non ?

Clairement inspiré d’un spectacle mis en scène en 2014 dans l’émission de Patrick Sébastien, « Le plus grand cabaret du monde », le spot -dont la version longue online dure 90 secondes- offre une nouvelle utilité aux drones comme outils publicitaires : cacher dans un ballet aérien savamment orchestré les parties génitales de deux danseurs classiques complètements nus. Intitulé « Kind Drone », le film de campagne « mélange l’art du ballet avec les nouvelles technologies », se targue Buyma, client audacieux pour qui visiblement la pertinence marketing importe peu.

Un je-m’en-foutisme publicitaire qui s’assume

Avec ses 2,5 millions d’acheteurs quotidiens dans le monde entier, la plate-forme nippone d’e-commerce et de shopping social « utilise une technologie avancée pour mettre à disposition des utilisateurs, le catalogue le plus étendu et complet de tous les produits tendances vendus par d’autres gens », explique Buyma pour justifier le mélange des genres pondu par Dentsu et Geek Pictures. « Nous ne vous habillerons pas en drones mais nous vous fournirons un service d’élite qui vous permettra d’être vêtu avec classe et style », promet la plate-forme, dans un deuxième élan explicatif. Nous ne sommes toujours pas convaincus mais le résultat visuel du spot est franchement réussi.

Terminer sur le gros plan des fesses flasques de l’équipe de tournage, tous nudistes, ajoute au grossier de la provocation. Le je-m’en-foutisme publicitaire nous fait sourire et rappelle que parfois le dérisoire de la dérision et le cynisme du surréalisme non intentionnés ont leur place dans une campagne. « Kind Drone » constitue une nouvelle forme de drone-vertising. Farfelue ou géniale, la tendance possède déjà quelques exemples concrets pour défendre son concept.

Le drone-vertising à l’assaut des villes

Au Brésil, la griffe de fringues Camisaria Colombo a eu l’idée de transformer des drones en véritables V.R.P. ! Pour marquer le coup avant le célèbre  » Black Friday  » brésilien de mai 2015, auprès de sa cible composée d’hommes d’affaires confinés dans leur haute tour d’ivoire, la marque a déployé avec son agence, Salles Chemistry, des objets pour le moins compliqués à identifier. La surprise a été de taille quand les personnes ciblées ont levé la tête de leur Power Point et se sont retrouvées face à des mannequins volants à la tête en forme de drone stationnant devant leur fenêtre .

De son côté, Icarus One a crée le premier drone de peinture open-source au monde. Utilisée par la star du graffiti, Katsu, chantre déjanté et iconoclaste de l’intersection entre art et technologie, l’innovation lui a servi de levier publicitaire audacieux et risqué en juillet 2015 : vandaliser à coups de peinture un panneau d’affichage géant de Calvin Klein Jeans. Le plan était astucieusement pensé et là aussi la ville offre un terrain d’expression idéal.

Plus le drone sert de levier d’engagement marketing, plus les marques l’utilisent pour se rendre également utiles dans la vie du consommateur. Vous êtes fatigués de passer des heures à chercher vos compagnons dans la meute de festivaliers, entre deux concerts et une pelletée de stands ? Pepsi vous propose de les retrouver facilement en utilisant simplement une application gratuite téléchargée au préalable sur votre smartphone. Le drone chercheur de potes égarés se nomme The Friend Finder. Il a été conçu en partenariat avec l’agence britannique, AMV BBDO et testé à Londres pendant le New Look Wireless Festival.

À lire aussi sur le même thème

Les Newsletters du groupe INfluencia : La quotidienne influencia — minted — the good. Recevez une dose d'innovations Pub, Media, Marketing, AdTech... et de GOOD

Bonne idée ! Je m'inscris !

Allez plus loin avec Influencia

the good newsletter

LES FORMATIONS INFLUENCIA

les abonnements Influencia