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Comment Damoiseaux se déploie en rendant service


Publié le 15/02/2017

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Vous avez envie d’aider une jeune entreprise française engagée à se développer et à casser la baraque dans les années à venir ? Vous êtes au bon endroit et ces quelques lignes devraient finir de vous convaincre.


Il y a un an, nous partions à la rencontre d’Anaïs Chibani, fondatrice de la marque de caleçons, Damoiseaux. La " niaque " de cette Lyonnaise et l’engagement de cette jeune griffe made in France, se prévalant du fait main, de la récupération des tissus, de prix abordables, en avaient fait l’un des coups de cœur de la rédaction. Aujourd’hui, Damoiseaux souhaite aller encore plus loin dans son concept de marque engagée et accélérer son développement en travaillant conjointement avec Le Grenier de LAHSo. La particularité de cette association ? « Il s'agit dune association qui propose de lutter activement contre l’exclusion. Son autre particularité : employer des réfugiés politiques, des seniors, des mères seules mises en difficultés par la brutalité de la vie… via des contrats d'insertion au sein de ses ateliers de confection pour se perfectionner, reprendre goût et trouver par la suite un emploi dans la couture », précise Anaïs Chibani.

 

Pour que cette collaboration voit le jour, une opération de crowdfunding vient d’être lancée sur ulule. Objectif : collecter 3000 euros. Alors pour vous convaincre de donner un coup de pouce à cette campagne, Anaïs Chibani revient, avec ses mots, sur son parcours, ses convictions, ses ambitions et nous laisse entrevoir le quotidien palpitant d’une entrepreneuse. La parole est à l'engagée !

 

 

Fashion revolución

 

Damoiseaux lutte pour un concept d'avant-garde sans le prix de la hype. Les temps sont durs pour les jeunes actifs et le budget dédié aux articles textiles est savamment étudié entre mode, tendances et besoins. Notre marque tire un trait sur les clichés du hype rare et donc inaccessible en proposant des créations recyclées et uniques à prix juste.

 

De ce fait, on est disponible uniquement en ligne pour vendre en direct du producteur aux fessiers de ces messieurs. On contourne les marges distributeurs à 2,5 qui étouffent consommateurs et créateurs. C'est le chemin sinueux et difficile avec une recherche permanente de visibilité. C'est également un axe de développement éthique et responsable sur le long terme. Il permet ainsi de créer de l'activité en France, relancer le fin savoir-faire de la couture française et de sortir du moule imposé par les grands de la distribution.

 

 

Consommer responsable

 

En tant qu'unique "employée" de Damoiseaux, il est difficile de prendre du recul sur mon activité, d'anticiper ses objectifs à court, moyen et long terme… Cela prend beaucoup de temps. Il faut travailler dans le concret, déployer des plans d'actions pour le développement de l'activité, gérer les commandes, les bugs du site Internet piraté par des serveurs robots chinois, déployer un service après-vente de qualité et être à l'écoute des clients...

 

Le lancement de cette campagne Ulule servira à celui d'une collaboration avec cette association qui deviendrait l’atelier de confection officiel de ma marque lui permettant ainsi par la même occasion de se développer davantage et de proposer de nouveaux contrats. De mon côté, je gagne du temps pour me consacrer aux plans de développement pour l'avenir ! Aujourd'hui nous avons un pouvoir entre nos mains : consommer responsable et arrêter d'être passif !

 

 

« Ne lâche pas Damoiseaux, ce projet te ressemble »

 

Damoiseaux est un concept passion à mi-chemin entre le bureau de tendances et la marque de mode où le caleçon devient un prétexte utile et unique pour prouver que d'autres modes que la haute couture existe, un concept rebelle et écolo, ultra trendy où les vêtements deviennent le reflet de sa personnalité : unique !

 

En école de mode déjà, je ne me reconnaissais pas dans ce monde. Chacun se voyait déjà comme le nouvel Alexander McQueen pendant que je rêvassais à des idées et concept funky sans le « m'as-tu vu ? » de la haute couture. Je crois en ce projet, c'est un marché de niche qui laisse du coup libre court à la créativité. Pourquoi devrait-on faire toujours comme les grandes stars de notre univers ?

 

C'est la raison pour laquelle je ne lâche pas ce projet, un jour j'aimerais bosser en bureau de tendances, voire même créer le mien ! En attendant, je me sers de ce projet comme un portfolio évolutif, un carnet d'expérimentations. Travailler comme styliste pour une marque, c'est accepter les méthodes de production peu orthodoxes, être limitée en créativité et rester dans la ligne éditoriale de la marque... Ce n'était pas ma définition de la créativité. Ainsi je peux alimenter le projet avec toutes les idées que j'ai, et c'est en les testant que l'apprentissage se fait. Mais dans le monde merveilleux de la créativité, il y a le monde merveilleux de « payer son loyer » ! Ainsi je me retrouve parfois à aller faire des boulots inintéressants, sans âme pour financer mon projet et continuer. Je ne baisserai jamais les bras grâce aux encouragements des clients. La passion et le travail intensif me font penser qu'un jour, ce concept va décoller pour créer une nouvelle mode positive !

 

 

Le futur de Damoiseaux

 

J'ai des rêves et projets plein la tête, il me manque surtout les financements ! Si on dépasse la cagnotte, ce qui est un objectif à part entière, car les 3000 euros ne sont qu'une base minimale pour lancer une sous-traitance, je souhaiterais investir dans un van-atelier Damoiseaux ! Il sillonnerait fièrement les festivals d'été européens avec des "calbuts" stylés, des shorts pour filles, des bobs... pour ceux qui n'en auraient pas prévu assez pour les vacances ! Cela permettrait de développer la visibilité de la marque auprès de notre cible jeune, trendy, et passionnée de musique comme moi. J'adorerais, j'y pense souvent…

 

Je souhaiterais également d'ici cinq ans créer des emplois éthiques avec Damoiseaux et à terme créer une équipe de fines couturières senior mixées avec des jeunes diplômés en commerce durable pour m'épauler. L'idéal serait de lancer par la même occasion notre propre recyclerie afin de contribuer au retraitement de tissus dans le centre de Lyon. L'utopie ultime, soyons fous : faire que mon bureau de style puisse un jour, avec la patte Damoiseaux comme référence, proposer de l'avant-garde alternative !

 

 

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