17 octobre 2012

Temps de lecture : 2 min

Zloty, le créateur du street art est de retour !

Après dix ans d’absence, la référence de l’art urbain Gérard Zlotykamien sort de son mutisme pour une nouvelle série de ses emblématiques « éphémères », ces visages et ombres revendicatifs qui ont arpenté les murs des plus grandes villes. Une belle occasion de revenir sur l’effervescence des marques autour du street art…

On ne dirait pas comme ça, mais Zloty, cet artiste français discret et solitaire est le véritable initiateur de l’art urbain. Il précède sans contestations les graffeurs américains identifiés comme les fers de lance de ce mouvement artistique.

Le précurseur de l’art éphémère investit depuis les années soixante-dix les murs des chantiers en reconstruction, les ruines de quartiers pour y inscrire ses silhouettes dénonciatrices. C’est d’ailleurs sa performance à la bombe dans l’immense chantier dit du « trou des Halles » à Paris qui marque ses débuts. Des dessins troublants évoquant les tragédies européennes et asiatiques de la seconde guerre mondiale sont ainsi remontés en plein cœur du quotidien.

Aujourd’hui, Gérard Zlotykamien refait surface avec des œuvres peintes sur bois et sur feutres issus de sommiers de lits dépecés pour exprimer aussi bien la souffrance, le cri, l’espoir ou la vie. Plus sereine, cette série marque sans doute la maturité de son œuvre artistique. En esquivant les schémas classiques des musées pour s’inscrire dans la rue, cette figure a fait naître un art dont les maîtres mots sont la subversion et la transgression.

Subversion et transgression : les deux valeurs qui ont attiré les marques vers le street art

De nombreuses campagnes se sont construites autour de ce phénomène en faisant appel à des artistes. Certaines marques ont une stratégie davantage opportuniste comme Renault avec sa campagne Laguna Stickers qui utilise l’art urbain de manière brute pour générer du bruit sans s’inscrire dans les codes de ce mouvement.

D’autres font appel au street art de manière plus subtile en calquant des projets porteurs de sens comme c’est le cas de Dulux Valentine avec « Let’s color project » légèrement inspiré du « Favelas Painting Project » du duo artistique néerlandais Haas & Hahn qui consiste à refaire vivre des favelas.

Mais encore, l’art urbain est devenu un symbole du luxe inspirant la création de produits comme le portefeuille Louis Vuitton, le parfum Shock de Calvin Klein ou encore les champagnes Moët & Chandon. Le luxe, adepte de la déviance, comme le raconte le numéro luxe de la revue INfluencia, absorbe les valeurs de la street culture pour en faire un argument marketing différenciant.

Or, si l’art et la publicité ont toujours été très liés, l’art urbain a la particularité d’être un symbole de dépublicitarisation. Le récent mouvement organisé par 26 street-artists baptisé « Brandalisme » pour dénoncer l’invasion publicitaire en est un exemple prégnant. En utilisant l’art urbain pour se soulever contre l’invasion du paysage urbain par la publicité, ces artistes marquent la différence entre les deux mondes.

Ces manifesations sont courantes. Le hacker de luxe Kidullt va encore plus loin pour exprimer son mécontentement face à l’exploitation du street art par les marques de luxe en repeignant en 2011 les façades des boutiques Agnes B, JCDC et Colette. Tout récemment, il vient de réaliser une vidéo de plus de 13 minutes baptisée Visual Dictatorship, apposant  les logos des grands du  luxe comme des grandes industries sur des images de guerre et de désolation. Un véritable manifeste anti logo et anti marque. A regarder sur Buzz2Luxe).

Ces fervents défenseurs de la street culture montrent les limites de l’utilisation abusive de tendances artistiques par le monde mercantile. La rue ne semble pas être un terrain de jeu à prendre à la légère…

Karima Benamer

La rédaction

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