16 novembre 2021

Temps de lecture : 3 min

Wethenew veut devenir la plus grande plateforme européenne de revente de sneakers

La jeune pousse fondée en 2018 vient de lever 10 millions d’euros pour accélérer sa croissance et envahir l’Europe. La course est lancée…

Garder une longueur d’avance. Un coureur sait qu’il ne doit jamais perdre les mètres qu’il a durement gagné sur ses adversaires s’il souhaite franchir la ligne d’arrivée en première position. Michael Holzmann respecte cette règle à la lettre. Le jeune entrepreneur de 27 ans a créé en 2018 avec son ami, David Benhaïm, la plateforme Wethenew. Ce site permet aux amateurs de streetwear de trouver des chaussures fabriquées en séries limitées qui ne sont plus disponibles en boutique. Chaque mois, plusieurs dizaines de milliers de paires sont vendues sur ce site qui a déjà séduit plus de 100.000 clients en quatre ans. « Nous travaillons avec plusieurs milliers de revendeurs mais les quinze salariés qui travaillent dans notre dépôt de logistique vérifient l’authenticité de chaque modèle avant qu’il soit envoyé à l’acheteur », nous explique Michael Holzmann. Tous les sneakers commercialisés par la jeune pousse française sont neufs. Sur ce marché de 115 milliards de dollars où les reventes d’articles encore emballés représentent déjà plusieurs milliards de dollars, garantir la qualité d’un produit est primordial car énormément de contrefaçons sont proposés sur la Toile. Et pour cause…

Les amateurs de baskets sont en effet prêts à dépenser de véritables petites fortunes pour s’offrir le dernier modèle à la mode. « Certaines paires peuvent se revendre 50 euros de plus que leur prix public mais d’autres peuvent voir leur valeur décupler voire même vingtupler du jour au lendemain, détaille le co-fondateur de Wethenew. Un modèle Air Jordan par Travis Scott proposé 160 euros en boutique peut trouver preneur pour 1000 voire même 2000 euros le jour même sur internet. Tout dépend de la rareté du produit. » Les 100 à 200 éditions limitées proposées chaque année dont la production ne dépasse pas plus que quelques centaines de milliers de paires dans le monde sont les plus recherchées.

Aujourd’hui, 75% des revenus réalisés par la plateforme française de revente viennent de France. Les acheteurs, qui comprennent autant de femmes que d’hommes et qui ont généralement entre 20 et 35 ans, sont prêts à dépenser en moyenne 200 à 300 euros pour s’offrir une paire de sneakers. Mais le site veut aujourd’hui s’internationaliser.

« Nous nous sommes lancés en Allemagne, en Italie et en Espagne au mois de septembre et nous souhaitons poursuivre notre expansion à l’international car il y a une place de leader européen à prendre sur ce marché et nous avons l’ambition d’occuper cette position », ajoute Michael Holzmann. Pour passer à la vitesse supérieure, la start-up parisienne, qui devrait atteindre un volume d’affaires de 100 millions d’euros d’ici fin 2021 et qui triple voire même quadruple ses revenus chaque année, vient de lever 10 millions d’euros auprès du fond d’investissements Singular qui a été créé cette année par deux anciens associés d’Alven Capital, Raffi Kamber et Jérémy Uzan. D’autres investisseurs ont également pris des petits tickets dans ce tour de table dont Christian Jorge, le cofondateur de Vestiaire Collective, le créateurd’Alltricks et le basketteur de l’équipe de France Frank Ntilikina, qui joue pour les Dallas Mavericks en NBA. « Ces fonds vont également nous aider à investir dans la tech afin de proposer une offre encore plus attrayante à nos partenaires et à nos clients, se félicite Michael Holzmann. Nous avons par ailleurs l’ambition de créer un véritable écosystème entre les vendeurs et les acheteurs en leur proposant des contenus de qualité comme des vidéos et des photos. Nous voulons développer une véritable identité en mettant des visages sur nos chaussures. Nous utilisons pour cela deux mannequins pour personnaliser notre marque. Nous ne souhaitons pas être un simple passe-plat entre les revendeurs et leurs clients. »

Pour atteindre ses objectifs, la jeune pousse, qui emploie actuellement 80 salariés, compte recruter 70 collaborateurs supplémentaires d’ici la fin de l’année prochaine. 10 millions d’euros semble être une enveloppe un peu mince pour financer cet ambitieux programme. « Nous allons devoir probablement boucler un autre tour de table d’ici douze ou dix-huit mois », nous révèle l’entrepreneur toujours pas trentenaire. Messieurs et mesdames les investisseurs, à votre bon cœur…

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