17 août 2014

Temps de lecture : 3 min

Twiinkly, l’avenir de la photographie ?

Depuis deux semaines, Twiinkly est la première application au monde à utiliser le crowdsourcing pour assurer le suivi d’un événement via la photo. Le journalisme citoyen est conforté.

Depuis deux semaines, Twiinkly est la première application au monde à utiliser le crowdsourcing pour assurer le suivi d’un événement via la photo. Le journalisme citoyen est conforté.

Il y a bientôt un an, le maître des réseaux sociaux de la Silicon Valley, Brian Solis, dressait les louanges du Twitter News Network et de l’avènement du journalisme citoyen. La semaine passée, nous analysions les nouvelles fonctionnalités de partage de photos de Twitter, sommé par Wall Street de rattraper son retard sur Facebook et Instagram dans l’engagement par le contenu visuel. La photo est devenue le nerf de la bataille économique sociale et avec son live tweet, l’oiseau bleu s’est imposé comme la référence pour la couverture d’un événement en direct. Pourquoi donc ne pas associer ces deux postulats dans une seule et même application, de facto concurrente de Twitter ? « Une photo vaut 1000 mots et Twitter ne propose que 140 caractères. Twiinkly est résolument le nouveau média pour le suivi live d’évènements publics » résume Martin Gaffuri, co-fondateur de Twiinkly. Cette application mobile disponible gratuitement sur iOS depuis deux semaines, utilise le crowdsourcing pour assurer ce suivi en direct par la photo : c’est son produit d’appel. Il faut dire que l’innovation est réelle même si pour l’instant son champ d’opération est presque entièrement réduit aux courses à pied, premier marché ciblé par Twiinkly.

En partageant en temps réel les clichés numériques qu’il prend des coureurs pendant l’événement, l’utilisateur « devient alors l’un des milliers de journalistes potentiels qui pourront contribuer à la couverture de la course », assure le communiqué de presse reçu par INfluencia. Twiinkly, le nouvel ennemi des photographes et plumitifs de presse ? « Nous ne souhaitons pas remplacer les journalistes dont l’expertise est attendue par l’audience, répond le co-fondateur Christophe Delalande. Grâce à Twiinkly, les journalistes peuvent se focaliser sur l’analyse et non plus la production de ces données visuelles. » Vraiment ?

Alors que Twiinkly se faisait la main la semaine passée sur la TransVulcania -première étape de la coupe du monde de Skyrunning- nous avons interrogé Martin Gaffuri.

INfluencia : officiellement, l’appli se concentre sur l’analyse et non pas seulement la production de contenu : en quoi est-ce le cas et comment s’opère concrètement cette analyse?

Martin Gaffuri : grâce au crowdsourcing des images prises par les spectateurs, Twiinkly pourra compiler des milliers de photos pour chaque événement. Aujourd’hui la couverture live d’un événement de course à pied est opérée par quelques journalistes ou blogueurs passionnés, Twiinkly est donc l’opportunité de générer du contenu que ces experts pourront trier, sélectionner, commenter et partager avec l’audience. On ne demande pas aux commentateurs d’un match de rugby de tenir la caméra pour nous fournir les images en plus !

INfluencia : pourquoi cibler pour l’instant la course à pied uniquement ? N’est-ce pas réduire le champ d’action d’une appli qui a priori sur le papier peut fonctionner pour plein d’autres sports ?

MG : l’erreur d’une jeune startup est de vouloir devenir le prochain Google ou Facebook sans chercher à répondre à un besoin. Donc pour commencer, nous ciblons le marché de la course à pied auquel Twiinkly apporte une véritable valeur ajoutée. Je suis athlète et participe à des compétitions internationales, j’ai travaillé dans l’industrie (Salomon, Adidas, Scott sports) et ai déjà créé une startup (goodpeoplerun.com), ce qui m’a permis d’avoir une vison claire et les bons contacts pour démarrer. Le champ d’action de Twiinkly sera ensuite élargi en fonction des utilisateurs et de ce qu’ils exprimeront comme besoins. Le choix d’un nom qui ne soit pas lié à l’imaginaire du running fait partie de cette stratégie d’expansion à moyen terme.

Influencia : quels outils offrez-vous vraiment en plus aujourd’hui au mobinaute ?

MG : la timeline Twiinkly est l’interface de partage des émotions entre les spectateurs sur place et ceux qui suivent l’événement depuis leur mobile. C’est la première application mondiale à se focaliser sur une timeline visuelle pour couvrir les événements. Seule Memolane, une startup nord-américaine qui a fermé depuis, avait exploré ce concept avant nous. L’ambition est claire : devenir le média de référence pour le suivi live d’événements publics.

INfluencia : comment une marque peut-elle s’en servir et l’avez-vous aussi conçu comme une plate-forme  » publicitaire « ?

MG : la première étape de collection de données passée, c’est la  » curation  » de ces données qui va permettre une expérience personnalisée et unique. Les utilisateurs peuvent en effet ajouter des tags (numéro de dossard ou un nom de coureur, etc…) sur n’importe quelle photo d’une timeline et ainsi permettre d’identifier un participant, ou un équipementier. Une marque peut donc tagger toutes les photos de ses athlètes pendant une course et mettre en valeur les produits d’une collection future par exemple. Via l’affichage d’offres publicitaires, la timeline Twiinkly est un support digital permettant aux sponsors de l’événement de créer de l’engagement avec une audience qui n’est pas sur place.

Pour télécharger l’application, cliquez sur l’image

Adler Benjamin

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