5 décembre 2011

Temps de lecture : 1 min

Le troc: le nouveau contrat de confiance

Avis aux marques, le «je consomme, donc je suis» a changé de modalités! Le troc, véritable usage, désormais plus qu’une simple tendance s’est généralisé. Modifiant radicalement le rapport à la consommation et donc aux entreprises et à leurs produits, il se présente comme une nouvelle forme de militantisme des consommateurs.

Après la fièvre ebay, vient l’effervescence de l’échange sans monnaie. Version simplifiée du don selon Marcel Mauss, le troc est l’opération par laquelle l’individu A possédant une tasse et souhaitant acquérir une scie, rencontre B, qui détient une tasse et a besoin d’une scie. En somme, une équation simple.

Cette technique  s’est répandue depuis plusieurs années grâce à Internet: des maisons (homeexchange.com) aux vêtements (kiditroc.com, vestiairesdecopines.com), c’ est un moyen d’échanger sans limite (gchangetout.com). Ainsi, le consommateur malin s’associe au consommateur radin pour investir les plateformes de troc de manière décomplexée.

À l’heure où le consommateur réinjecte de l’utile dans sa consommation, les marques quant à elles continuent leurs courses à la pseudo-nouveauté. Cette dernière notion, galvaudée par le marketing, n’a plus beaucoup de sens aujourd’hui. Alors que le troc permet à l’objet de vivre plus longtemps et confère à celui-ci une dimension culturelle, la fausse nouveauté ne fait qu’augmenter l’obsolescence.

Force est de constater que cette forme d’activisme a certainement de l’avenir! D’ailleurs, le troc n’a pas fini de muter. Une aubaine pour les marques, qui ne sont pas moins en reste de tester des formes embryonnaires de ce système, comme c’est le cas pour Intermarché avec sa plateforme sur facebook Family Troc.

Il faut croire que le troc n’est pas dénué de valeurs. Au-delà de répondre à un besoin d’usage, il réinjecte de la solidarité, de la responsabilité sociétale tout en surfant sur la tendance de l’upcycling.

Les marques tendent tant bien que mal à redorer leur blason avec leurs différentes actions à «dimension responsables». Il ne faut donc pas négliger cette pratique, qui pourrait se présenter comme une opportunité de créer de la valeur et un réel lien avec le consommateur dénué de connotations purement commerciales.

Et si les marques troquaient leurs ventes privées contre des trocs privés…

Karima Benamer
Planneuse stratégique digitale

La rédaction

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