3 février 2013

Temps de lecture : 2 min

Tinder : un nouveau visage pour la rencontre en ligne

Même sur un marché saturé, les plates-formes de rencontre en ligne peuvent encore donner naissance à des outils digitaux novateurs. Aux Etats-Unis, l’application sociale et mobile Tinder fait un tabac auprès des étudiants car elle apporte une approche nouvelle à des besoins générationnels...

Comment faire du neuf avec du vieux ? Demandez aux quatre co-fondateurs de Tinder (Twitter : @tinderapp), le nouveau phénomène américain des applications de rencontre en ligne. Avec son logiciel de géolocalisation et sur la base de vos amis communs sur Facebook, vos réseaux et centres d’intérêts, Tinder vous indique les profils les plus compatibles dans un rayon de 70 km à la ronde, chaque match potentiel étant classé selon son degré d’acuité. Evidemment plus vous utilisez l’application, plus elle possède de données sur vos goûts et préférences et plus votre note sera élevée auprès du ou de la futur(e) élu(e) providentiel(le).

Jusque-là rien de bien extraordinaire nous direz-vous ! C’est en fait en rendant la rencontre anonyme jusqu’à l’approbation mutuelle des deux intéressés que Tinder se démarque de la concurrence. Et réalise un carton sur les campus américains. Utiliser les données de Facebook comme socle d’informations de compatibilité relève du déjà-vu chez l’Oncle Sam. TheDatable, Circles, Yoke et dans une moindre mesure LikeIt  – initialement TheComplete.me – sévissent déjà sur le marché investi par Tinder. La nouvelle application américaine a beau elle, ne pas communiquer ses données en retour au réseau social, ni encombrer les Wall et Timelines de ses utilisateurs, ces deux particularités ne suffisent pas à en faire le lauréat de notre intérêt.

L’anonymat comme produit d’appel

Jusqu’à ce que l’intérêt soit réciproque, il vous sera impossible d’entrer en contact avec la personne que vous avez anonymement « likée ». Aucun message ni photo avant que la faveur soit retournée, mais uniquement une note et une localité ! Une fois mutuellement validés, les deux éventuels futurs partenaires peuvent communiquer via le chat de Tinder ou Facebook pour fixer la rencontre physique. Selon Sean Rad, si l’authentification préalable via Facebook réduit les chances d’exposer la gent féminine aux patibulaires chasseurs de donzelles, Tinder songe déjà à intégrer des catégories d’âge. A terme, elle entend également plus insister sur les cercles sociaux que les centres d’intérêt pour pré-qualifier les relations qu’elle espère nouer.

Soutenue financièrement par le géant IAC – propriétaire de Match.com, le vétéran des sites de rencontre – Tinder propose une nouvelle expérience, plus subtile, pour draguer une catégorie démographique spécifique : la génération mobile, si rapidement tombée amoureuse de SnapChat, symbole de sa demande en outils d’interaction mobile et sociale. Quatre mois après son lancement, l’application testée en Beta dans les universités américaines vient de publier deux chiffres révélateurs du succès de son approche : déjà 35 millions de profils enregistrés et 65% d’utilisateurs actifs au quotidien.

Pour son CEO Sean Rad, Tinder attire les étudiants en évitant les pièges de l’exposition sociale, des mâles mal intentionnés et des incompatibilités répétées. Autant dire en offrant une approche plus subtile à une cible déjà gavée d’armes digitales dans sa recherche de partenaires.

Déjà 35 millions de profils

Encore en panne de modèle économique, Tinder souhaite clairement éviter la pub pour monétiser son succès. L’application envisage plutôt l’intronisation d’achats de cadeaux virtuels, Facebook ayant prouvé que les internautes étaient séduits par ce vecteur d’engagement avec l’autre. Une nouvelle levée de fonds est prévue d’ici quelques mois alors que l’application continue d’évoluer en fonction des feedbacks de ses utilisateurs.

Avec ses 35 millions de profils la virale Tinder reflète la nécessaire adaptation de l’innovation digitale pour apporter les réponses adéquates et flexibles aux besoins d’une génération frivole certes, mais aussi fidèle.

Benjamin Adler
Rubrique réalisée en partenariat avec ETO

La rédaction

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