8 novembre 2020

Temps de lecture : 4 min

TikTok montre les muscles face à l’explosion du cyber-harcèlement

Pendant une semaine, dans le cadre de la journée nationale Non au harcèlement, TikTok et le Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports sensibilisent les adolescents, utilisateurs de la plateforme et leur entourage à travers une campagne de prévention in-app. Pour le bien de nos chérubins.

Pendant une semaine, dans le cadre de la journée nationale Non au harcèlement, TikTok et le Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports sensibilisent les adolescents, utilisateurs de la plateforme et leur entourage à travers une campagne de prévention in-app. Pour le bien de nos chérubins.

À chaque jour son nouveau lot d’enseignements -regrettables- sur les conséquences directes du confinement. L’association e-Enfance, aux manettes de la plateforme de signalement Net Ecoute, avait enregistré de mars à mai une augmentation de 30 % des sollicitations générant deux fois plus de signalements aux plateformes. Une véritable explosion du cyber-harcèlement que le déconfinement tant espéré n’a pas su enrayer, comme en témoigne l’augmentation de 26 % des sollicitations constatées par le numéro vert en cette rentrée 2020 par rapport à septembre 2019. Une dernière stat., plus globale celle là, pour définitivement avoir le cafard : d’après une étude commandé par e-Enfance et orchestré par le Lab Heyme et Opinion Way, un adolescent sur dix déclare avoir été déjà victime de violences en ligne.

Décidé à sonner l’alarme, le député Modem Erwan Balanant a publié mi-octobre un rapport parlementaire préconisant l’application de 120 mesures pour « comprendre et combattre » ce phénomène. On y retrouve notamment une formation aux bonnes pratiques du numérique à destination des parents… mais également des professeurs. « Les parents sont nombreux à méconnaître la pratique des réseaux sociaux de leurs enfants et adolescents. Ils peuvent par exemple se sentir dépassés et ne pas saisir le fonctionnement d’un réseau social », explique le rapport. La « fracture numérique » d’ordre générationnelle vous souhaite bonne chance. L’auteur du rapport ajoute : « il est absolument crucial que l’éducation à l’utilisation des outils numériques et de l’Internet (…) soit intégrée dans les programmes scolaires et des modules de prévention, dès le plus jeune âge et tout au long de la scolarité ».

[#NonAuHarcelement] 👉notre communiqué #Etude @eenfance sur les #cyberviolences avec @opinionway et #LabHeyme : 1 ado sur 10 déclare avoir déjà été victime de #Cyberharcelement https://t.co/cbfbdnTVEs pic.twitter.com/zw8cAUZuQq
— e-Enfance/Net Ecoute (@eenfance) November 4, 2020

 
Un enjeu social de taille

Mais avant n’importe quelle personne morale ou privée, c’est aux plateformes elles-mêmes de jouer leur rôle dans cette bataille orchestrée sur leurs terres. À l’occasion de la journée Non au Harcèlement qui avait lieu le, 5 novembre dernier, et jusqu’à la fin de cette semaine, TikTok met en place une campagne in-app en collaboration avec le Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. En soutenant les efforts de sensibilisation du Ministère, TikTok réaffirme son engagement pour une expérience en ligne sûre et respectueuse. Cette campagne de sensibilisation marque le premier partenariat entre les deux parties.

Tout d’abord, une bannière est visible par l’ensemble des utilisateurs français depuis l’onglet « Découvrir » de l’application. Elle rappelle que le harcèlement n’a pas d’âge et qu’il peut toucher tout le monde. Une page de sensibilisation qui promeut un message simple a également été mise en place avec un message simple : « ne pas rester isolé face au harcèlement ». A ce titre, le 3020, un numéro d’écoute et d’assistance gratuit vient en aide aux personnes victimes ou témoins. Pour finir, des vidéos, accessibles depuis la page #NonAuHarcelement mettent en image des situations de harcèlement et des messages de sensibilisation. En s’appropriant ce hashtag, les utilisateurs pourront à leur tour sensibiliser leur communauté en partageant, en vidéo, leurs expériences ou des messages de prévention pour dire #NonAuHarcelement.

@aufeminin
Jonathan Destin a un message pour vous @tiktok_france ##nonauharcelement ##harcelementscolaire
♬ son original – aufeminin

Une vieille rengaine

Depuis ses débuts, TikTok s’efforce de proposer un environnement dans lequel ses utilisateurs se sentent libres d’exprimer leur créativité, tout en étant protégés. Les « Règles Communautaires », véritable code de conduite sur la plateforme, présentent de façon claire les comportements et contenus autorisés ou non. Les modérateurs suppriment toutes les expressions d’abus, y compris les menaces violentes, le harcèlement sexuel, les déclarations désobligeantes concernant l’apparence, l’intellect, ou les traits de personnalité. Il est également rappelé aux utilisateurs de moins de 18 ans, lors de leur première connexion, qu’il est souhaitable de créer un compte « privé », de restreindre la visibilité des contenus à un public spécifique -privé/amis/tout le monde-, et bien sur de signaler tout contenu ou comportement directement depuis l’application.

À l’unisson avec Erwan Balanant, l’application rappelle, avec sa fonction « Mode Connexion Famille », que l’implication des parents est un élément central de la lutte contre le harcèlement. Il permet d’accompagner les adolescents dans leur utilisation de l’application et dans la maîtrise de leurs interactions -accès à la messagerie directe pour les plus de 16 ans ; compte privé ou public, limite d’accès à certaines catégories de contenus-. Rendons à la Chine ce qui est à la Chine, TikTok a été la première plateforme à limiter l’accès à sa fonction de messagerie directe. Pour rappel, celle-ci permet uniquement d’échanger uniquement du texte. Pour communiquer avec un ami, l’utilisateur doit passer par 4 étapes; il doit envoyer une demande qui doit être acceptée par l’interlocuteur qui à son tour réalise une demande de connexion, qui elle aussi doit être validée.

Une lutte à l’échelle planétaire

Ces mesures mises en place par l’application chinoise, ajoutés à celles de Facebook et Instagram, sont plus que nécessaires pour lutter contre ces usages toxiques du numérique. Les deux marques de la Sillicon Valley ont par exemple annoncé hier le lancement d’un « Club des parents connectés » pour les sensibiliser à ces enjeux. Mais ces efforts appréciables en feraient -presque- oublier le rôle primordial des différents gouvernement pour remporter la bataille. À l’initiative de la France, la journée de sensibilisation orchestrée il y a trois jours -qui semble avoir bel et bien réveillé les troupes-, a revêtu pour la première fois une dimension internationale. Les ministres de l’Education de plusieurs pays doivent à présent lancer un appel pour la « promotion d’un code de bonnes pratiques sur internet, afin d’aider à prévenir et combattre le cyberharcèlement des mineurs ». À nos généraux de prendre le relai.

À tous les élèves victimes ou témoins de harcèlement, appelez le 3020 !Journée internationale contre le harcèlement et le cyberharcèlement scolaires.Ensemble, disons #NonAuHarcelement : pic.twitter.com/eDNZOPNt8v
— Jean-Michel Blanquer (@jmblanquer) November 5, 2020

 

Montagut Sacha

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