17 juin 2014

Temps de lecture : 3 min

 » The Collaborative Common  » : LA consommation de demain ?

Un futur proche dans lequel l’économie collaborative et l’Internet of Things auront donné naissance à un nouveau système économique ? C’est la vision de l’économiste et auteur nord-américain Jeremy Rifkin.

Dans son récent ouvrage « The Zero Marginal Cost Society: The Internet Of Things, The Collaborative Commons, And The Eclipse of Capitalism », le professeur, conseiller, futuriste et président le la Fondation pour les tendances économiques ( FOET)  Jeremy Rifkin évoque la maturation de l’économie de partage et l’émergence du nouvel internet comme outil pour une meilleure gestion de l’énergie et des transports. Fort de ses racines activistes et de son bagage d’économiste, Jeremy Rifkin peint une description saisissante de la société et du consommateur après 2030. Cet entretien réalisé dans PSFK est revenu sur les principales conclusions du livre de Jeremy Rifkin, dans lequel il s’est replongé pour l’occasion. INfluencia vous fait partager cette vision !

Le capitalisme est-il en sursis ?

Persuadé que le capitalisme devra partager son poids économique avec un système émergent construit sur les réseaux peer-to-peer, Jeremy Rifkin définit le coût marginal comme le coût additionnel de chaque unité de production d’un bien ou d’un service après absorption du coût fixe. L’intellectuel évoque « les consommateurs qui équilibrent leur consommation avec le partage et la production de leurs propres information et produits ». Il estime qu’il est « impossible de rivaliser avec le coût marginal zéro. Les ronchons clament que cette tendance aura un impact sur les biens physiques et que la brèche est ouverte dans le pare-feu. C’est pour cela qu’il existe un potentiel pour l’avènement d’un nouveau système économique. »

Pour le professeur de l’école de Wharton de l’université de Pennsylvanie, nous sommes aujourd’hui les témoins du premier nouveau système économique à émerger depuis les naissances du socialisme et du capitalisme, au début du 19ème siècle. Son nom ? « The collaboratives commons ». Ses racines ? La croissance phénoménale de l’économie de partage et ses plateformes de service. Sa définition ? « Un peu de capitalisme et un peu de socialisme réunis mais qui va bien au-delà, et dont le déclencheur est le coût marginal zéro », explique Jeremy Rifkin.

Dans un article de James Heskett publié début avril, la Harvard Business School se fondait sur ces conclusions pour s’interroger sur la consolidation d’une économie post-capitaliste : « La compétition que le capitalisme a nourri tend maintenant à abaisser les coûts marginaux de production encore bien plus bas que toutes les anticipations des économistes. Il est même proche du zéro dans des secteurs comme l’édition, l’énergie, l’éducation. Cela se vérifie par exemple avec l’enseignement en ligne ouvert et massif (MOOC) et l’impression 3-D. Les forces vives du capitalisme, le profit et l’investissement, sont neutralisés. Résultat, un secteur social qui ne repose pas sur le profit joue un rôle grandissant dans la création et la distribution de biens et services, devenant un employeur significatif. »

Le prosommateur auto-suffisant détient la clef

Comme le rappelle PSFK, la société de consulting de Jeremy Rifkin, The Industrial Revolution Consulting, travaille avec certains pays comme le Danemark, l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne ou la Chine, à la mise en œuvre d’une troisième révolution industrielle. L’énergie solaire compte déjà pour 25% de la production globale outre-Rhin, juste pour donner un exemple notable.

Selon le NY Times, le mouvement de l’Internet of Things fournit une information en temps réel sur les usages et les prix du réseau électrique de transmission. Ce nouvel outil peut permettre aux ménages et aux entreprises qui, grâce à leurs installations solaires et éoliennes, génèrent et stockent de l’électricité renouvelable, de pouvoir automatiquement la retirer du réseau quand les prix sont élevés. Ils peuvent alors subvenir à leurs propres besoins et en partager les surplus avec leurs voisins, pour un coût marginal proche du zéro.

Le futur tel que l’envisage Jeremy Rifkin, accusé par quelques détracteurs de confondre marché et capitalisme, repose donc sur un prosommateur auto-suffisant et un consommateur/producteur dont le savoir est nourri par la data et ses réseaux. Le prosommateur va transformer le visage à la fois des marques, des entreprises et des gouvernances, parce qu’il sera justement capables de générer sa propre énergie et ses propres biens.

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

Pour en savoir plus :  Ouvrir l’ère de l’intelligence collective

La rédaction

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