21 septembre 2015

Temps de lecture : 2 min

Les taxis de Bombay deviennent des œuvres d’art

Alors que la France persiste dans sa guerre anachronique contre le diable Uber, certains pays préfèrent repenser l’expérience du consommateur dans un taxi. En Inde, un projet transforme carrément leur habitacle en œuvre d’art.

Alors que la France persiste dans sa guerre anachronique contre le diable Uber, certains pays préfèrent repenser l’expérience du consommateur dans un taxi. En Inde, un projet transforme carrément leur habitacle en œuvre d’art.

Peut-être que l’art aurait protégé Travis Bickle contre les affres de la violence et de la perversion des nuits newyorkaises. L’ancien marine interprété par Robert De Niro dans le chef d’œuvre « Taxi Diver » traînait son mal être dans un véhicule lambda standardisé. S’il travaillait aujourd’hui sur Bombay il pourrait jouer au guide de musée tout en transportant son client. De quoi apaiser les nerfs. Dans notre ère servicielle du deux-en-un, le concept génialissime du projet Taxi Fabric crée un nouveau levier physique d’engagement culturel : l’intérieur d’un taxi.

Avant même d’avoir levé plus de 12 000 euros sur la plateforme de crowfunding Kickstarter, Taxi Fabric avait transformé en œuvre d’art contemporain dix Fiat Premier Padmini de la mégalopole indienne. Chaque voiture customisée possède son style, ses couleurs et raconte sa propre histoire en peignant les portes, les sièges et le plafond. « Les taxis en Inde et particulièrement à Bombay, ne sont pas seulement un moyen efficace de transport mais sont aussi devenus des objets iconiques de la culture indienne », expliquent sur le site web du projet les quatre designers qui en constituent l’équipe.

Fondé à la genèse par un directeur artistique de 28 ans et un designer autodidacte, Taxi Fabric offre un nouvel espace d’expression inédit à des jeunes designers dont la profession est trop souvent dénigrée. Le sous-continent néglige l’impact de leur art ? Pour changer la perception sclérosée du grand public, Taxi Fabric leur permet d’exposer leur talent sur une toile pour le moins inédite. Chaque œuvre est censée refléter l’histoire, l’identité et la culture de la ville, en adéquation évidemment avec les envies et demandes du chauffeur de taxi.

25 autres taxis avant 2016

« Pour la première fois en Inde certains des plus incroyables artistes se voient donner l’occasion de donner aux gens une dose de beau design, sur une toile mobile et qui touche n’importe quelle personne », s’enthousiasme un des designers, Kunel Gaur, sur la page Tumblr du projet. Selon le quotidien anglophone gouvernemental des Emirats Arabes Unis The National, chaque design est potentiellement exposé au jugement de 6000 personnes enl’espace de six mois.

Dans le même article, un des chauffeurs raconte que son client était tellement enchanté qu’il a demandé le contact du designer, alors qu’un autre confie que chaque passager a été séduit par l’expérience. Forcément, elle est immersive, engageante, nostalgique, culturelle et esthétique. En transformant l’habitacle de ces dix taxis, Taxi Fabric met l’art à portée de tous en le démocratisant grâce à un levier normalement serviciel. Le projet réinvente également le transport à Bombay et compte bien grâce à la réussite de la campagne Kickstarter relooker 25 autres taxis d’ici la fin de l’année.

La rédaction

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