6 mai 2015

Temps de lecture : 5 min

La taxe rose existe-t-elle vraiment ?

MonsieurDrive.com a mené l’enquête pour savoir si être une femme coûte vraiment plus cher. Oui, avec une note en moyenne plus élevée de 4%. Mais si des disparités existent, elle sont à relativiser. L’occasion de démêler le vrai du faux.

MonsieurDrive.com a mené l’enquête pour savoir si être une femme coûte vraiment plus cher ? Oui, avec une note en moyenne plus élevée de 4%. Mais si des disparités existent, elle sont à relativiser. L’occasion de démêler le vrai du faux.

Sur l’autel du marketing, le genre est une aubaine. Car concevoir un produit suivant qu’il s’adresse à une femme ou à un homme peut stimulre l’innovation, la recherche et le développement, tout en permettant de distancer la concurrence et de développer des communications ultra ciblées offrant une personnalisation et une attention auxquelles les consommateurs sont loin d’être insensibles. Mais est-ce un prétexte pour gonfler les prix ? Et si oui, est ce plutôt en faveur ou en défaveur des femmes ? Y aurait-il là aussi disparité ? Déjà en novembre dernier le collectif Georgette Sand avait dénoncé un surcoût sur les produits à l’attention des femmes, prétendant que celles-ci seraient victimes d’un Marketing « genré » et payeraient plus cher que leurs homologues masculins pour des produits similaires.

Un postulat pas aussi évident que cela pour « La taxe rose ou woman tax », une enquête menée par MonsieurDrive.com, comparateur indépendant de paniers alimentaires, qui a analysé les écarts de prix sur 26 produits de la gamme hygiène et beauté, comportant pour chacun une déclinaison homme et une déclinaison femme de qualité similaire : gel douche, shampooing, déodorant, rasoirs, mais aussi gel à raser, crème hydratante et autres soins… Rien n’a été laissé de côté pour comparer le prix de la beauté de ces dames, comme de ces messieurs ! Au total, ce sont les prix de 52 produits dans près de 2200 magasins de 7 enseignes qui ont été analysés. Et résultat, si le marketing genré s’effectue bien en défaveur des habitantes de Venus, le panier rose ne coûtera en moyenne… qu’1,50€ de plus qu’un panier bleu similaire. En effet, il faut compter 35,40€ pour un caddie composé de produits de consommation courante d’hygiène et de beauté, alors que la déclinaison masculine de ces mêmes produits reviendra à près de 33,90€ aux ressortissants de Mars.

Le prix de la féminité estimé à 1,50€ de plus seulement

Si cet écart peut paraitre raisonnable, c’est tout simplement parce qu’une taxe rose bien existante sur certaines catégories de produits viendra être contrebalancée par une taxe bleue présente sur d’autres catégories ! Autres enseignements de l’étude : il y a des disparités d’une région à une autre. Et enfin, si le consommateur est en quête de réelles économies, il devra considérer les offres des marques distributeurs et aussi ne pas hésiter à comparer les prix des magasins dont il est proche. Et comme le souligne Karine Brana, présidente de MonsieurDrive.com qui prêche pour sa paroisse, il faut « prendre le temps de comparer les prix des magasins autour de chez soi sur Internet, qui sont les mêmes qu’en magasin. Il suffit de quelques clics pour trouver ses produits Hygiène-Beauté préférés au meilleur prix près de chez soi ! ».

Question de catégories : 8 d’entre elles passées au scanner

Pour les gels à raser ainsi que les rasoirs, autrement dit les catégories qui proposent une gamme de choix plus large pour les hommes, les produits féminins subiront un surcoût considérable : ainsi un gel à raser de 200ml coûtera en moyenne 15% de plus aux femmes. Même constat pour les rasoirs jetables : les hommes pourront profiter de 12 rasoirs jetables pour 4,70€, alors que les femmes devront payer 5,10€ pour 10 rasoirs jetables seulement…soit près de 30% de taxe rose supplémentaire pour la femme si l’on rapporte ces données au prix du rasoir ! Ce surcoût sera moindre, mais cependant non négligeable sur les catégories crèmes pour le visage, gel nettoyant, ainsi que gels douches et stick à lèvres, où les écarts de prix varient entre 8% et 15% en faveur des hommes. Ainsi, il a été constaté sur certains gels douches, jusqu’à 45% d’écart de prix entre les produits féminins et masculins, pour une variation de parfum… la vigilance s’impose donc lors du choix.

Si la plupart des catégories subiront une taxe rose, les hommes n’échapperont en revanche pas à une taxe masculine, présente par exemple sur les catégories shampooing et déodorants. Ainsi les déodorants à bille de 50ml reviendront en moyenne à 3€ aux hommes, et à 2,30€ aux femmes : soit près de 28% de taxe bleue ! Cette dernière, sur les shampooings ne coûtera en moyenne, que 12 centimes aux hommes, mais elle est encore une fois à prendre avec des pincettes : selon la marque choisie, ce montant pourra atteindre 15% du prix du shampooing !

Alors en moyenne et toutes catégories confondues, être une femme ne coûterait … que 4% de plus qu’être un homme. Attention, bien évidemment, à ne pas oublier que cette étude ne prend pas en compte tous les coûts ‘cachés’ de la féminité … coton, démaquillants, rouge à lèvre, mascara et vernis pour les plus coquettes, et bien entendu tous les indispensables de la toilette intime, qui feraient grimper la note bien au-delà de celle des Messieurs !

Les Rémoises payent moins cher que les Lyonnais

L’étude s’est également penchée sur les disparités qui pourraient exister d’une zone géographique à une autre. Ainsi, si la comparaison par région entre les paniers roses et bleus est toujours favorable aux gentlemen, certains hommes payeront en revanche plus cher : ainsi Champenoises et Franche-Comtoises pourront se vanter auprès de leurs voisins Parisiens ou Lyonnais de payer moins cher pour un panier similaire ! Mais que nos amis lyonnais se rassurent : si la région Rhône-Alpes fait payer le panier le plus cher de France aux hommes, c’est aussi la région la plus paritaire, avec un écart homme-femme de seulement trente centimes d’euros ! Les femmes, elles, payeront un panier maximum dans la région Ile-de-France (il n’y a pas à dire, la classe parisienne, ça se paye !). Quant au prix du panier minimum, il reviendra à la région Champagne-Ardenne pour l’homme comme pour la femme avec un panier rose à 34,60€ et un panier bleu à seulement 33,20€… une bonne raison de déménager si vous êtes en couple !

Les alternatives? Comparer ou préférer les MDD

Se faire plaisir avec des produits supposés adaptés à son sexe, c’est bien, mais si la priorité du consommateur est de réduire sa note à la caisse, alors il lui suffira de résister à l’appel des sirènes et de suivre quelques astuces rappelées dans l’enquête. Si vous n’êtes pas attaché à une marque en particulier, n’hésitez pas à vous tourner vers les marques de distributeur, qui vous permettront de diminuer considérablement vos dépenses ! Sachez par exemple qu’en choisissant un déodorant à bille de 50mL de marque de distributeur, les hommes économiseront 57% du prix de leur déodorant de marque, tandis que les femmes feront, quant à elles, 52% d’économies. De même, un shampoing de marque de distributeur coûtera en moyenne 1,5€ aux hommes comme aux femmes, contre un montant moyen de 3,3€ pour les hommes et 3,2€ pour les femmes pour un shampoing de marque.

Il convient aussi de comparer le prix de ses produits préférés dans les magasins près de chez soi ! Il peut considérablement varier d’un magasin à l’autre. Ainsi le prix d’un gel douche de 250ml passera de 1,30€ à 1,90€, soit 38% d’écart entre deux magasins ! Tandis que le prix d’une crème hydratante peut passer de 12,50€ à 16,80€, soit une différence de 34% en quelques jours, au sein du même magasin ! Décidément être un consommateur averti n’est pas de tout repos et impose presque un boulot à plein temps. De quoi agacer voire lasser! A en tenir peut-être compte du côté des distributeurs comme des marques.

Berthier Florence

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