14 mars 2012

Temps de lecture : 1 min

SXSW (4): Plus ça change, moins ça change.

Petit à petit, la musique commence à reprendre ses droit sur SXSW (Pour ceux qui l’ignorent, c’est au départ un festival de musique), avec son cortège de concerts, de flyers (sans start-ups) et de tatouages. Drôle de contraste entre nerds et indies, sous le soleil et le regard goguenard des Texans au volant de leurs trucks.

Contraste, encore, durant une conférence dont le titre, à lui seul, valait le détour: «From Greek to geek: Classical Rhetoric & the Modern Web». Trois universitaires, brillants, pour remettre en perspective les comportements humains au sein du web, et en particulier des médias sociaux.

Quinn Warnick (St Edwards, et bientôt Virginia Tech) s’est ainsi attaqué aux logiques rhétoriques des communautés, et à l’ethos. L’ethos, c’est à dire la présence de l’individu comme une qualification du discours: A discours égal, vous n’écoutez pas de la même manière un professeur d’université ou un livreur de pizza. Sur Internet, l’ethos des individus est fondamentalement remis en cause: de l’anonymat à la «no credential rule» de Wikipedia, la logique du web est celle de la construction progressive d’un nouvel ethos au sein de la communauté.

Ce nouvel ethos est donc basé sur la reconnaissance des membres les plus actifs de celle-ci. Il peut être transposé au sein d’une autre communauté, via les liens entre elles, ou au contraire être restreint à une seule. Le débat sur les identités numériques est vain: Vous n’avez pas plusieurs identités, mais plusieurs ethos, c’est à dire plusieurs socle de légitimités pour soutenir votre discours.

Exactement comme dans votre vie de tous les jours: Vous ne vous appuyez pas sur les mêmes bases pour asseoir votre message dans votre vie professionnelle, amicale, familiale, amoureuse. A chacune de ces sphères correspond un ethos.

Et c’est bien là le cœur du problème: La permanence de l’humanité de chacun d’entre nous. Nos besoins, nos désirs, nos peurs, sont en grande partie invariantes. Ce que fait la technologie, c’est recomposer ces invariances, les organiser différemment.

Pour mieux comprendre les usages et les enjeux que génèrent les technologies, il faut donc paradoxalement chercher à identifier ce qui ne change pas. Et pour le plaisir de citer Clemenceau au Texas « Tout changer pour que tout demeure ».

Henry Jeantet
Head of Strategic Nurun

La rédaction

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