18 novembre 2009

Temps de lecture : 2 min

SOS Violence conjugale s’affiche là où les hommes sont persona non grata

Quoi de mieux qu'une cabine d'essayage de boutique féminine pour inciter les femmes victimes de violence conjugale à sortir de leur silence, en toute sécurité.

Campagne « SOS Violence conjuguale »
« N’attendez pas de porter ce vêtement pour nous appeler »

Quoi de mieux qu’une cabine d’essayage de boutique féminine pour inciter les femmes victimes de violence conjugale à sortir de leur silence, en toute sécurité. 

La violence conjugale est malheureusement loin d’être éradiquée. Qu’elle soit verbale, psychologique ou physique, elle est une menace pour de nombreuses femmes qui choisissent de se retrancher dans le silence et la peur.
Pour combattre ce fléau, SOS Violence Conjugale, un service téléphonique d’urgence disponible 24 heures sur 24 au Canada, vient de lancer une campagne d’affichage. Mais pas par n’importe quelle voie. En effet, son agence Brad, consciente de la difficulté pour les femmes victimes de sévices à faire appel à une quelconque aide, a opté pour un réseau de diffusion restreint. Restreint certes,  mais tellement pertinent : les cabines d’essayage de magasins réservées à une clientèle exclusivement féminine et où les hommes sont a priori interdits de séjour.
Le message diffusé ainsi en toute intimité dans plus de 30 boutiques du réseau Fashion Frame, au Québec, pousse les clientes à prendre tranquillement les coordonnées de l’association et à agir avant que leur situation ne se détériore. En plus d’une créativité média judicieuse, la campagne bénéficie d’un visuel en total adéquation avec le support puisqu’il montre sur un cintre, non pas une jolie robe mais une blouse d’hôpital accompagnée de la phrase : «N’attendez pas de porter ce vêtement pour nous appeler». Insistant sans équivoque sur le caractère d’urgence à agir.

Brad n’en est pas à son coup d’essai pour cette cause, elle a déjà signé, encore une fois bénévolement, en février dernier, une campagne également bouleversante mais cette fois télévisée et sur la violence verbale. Poignante également la campagne menée au cinéma et à la télévision, en Grande Bretagne au printemps dernier, par Women’s Aid (agence Grey Londres) où Keira Knightley jouant son propre rôle, mettait son talent d’actrice aux services des femmes battues et hurlait : «ne serait-il pas temps le temps de crier :  »coupez » ?».
Tout comme cet autre film de 2 minutes 30 réalisé en juillet 2008 par  Olivier Dahan et joué par Clotilde Coureau, Didier Bourdon et Claude Perron, pour Amnesty international (TBWAParis). Tourné comme un film muet, il mettait en scène une femme humiliée, mise à terre et frappée jusqu’au sang, sous le regard de témoins morbides et inactifs jusqu’au moment où on voyait et entendait une femme crier : «Stop ». Cette campagne, dont la signature est : «Ne restons pas muets face aux violences conjugales», comme celle de Grey Londres, est davantage destinée aux témoins.

Pour un tel sujet, tous les moyens sont bons, mais à l’évidence Brad a su trouver une idée toute simple, tellement juste et efficace car respectueuse de l’intimité des femmes. Une idée qui pourrait parfaitement être exploitée en France où en moyenne une femme meurt tous les 3 jours à cause de violences conjugales !

Florence Berthier

Campagne Women’s Aid / Grey  London

Campagne Amnesty Internationale/ TBWA/France

La rédaction

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