8 mars 2020

Temps de lecture : 2 min

SOS Racisme lance une campagne contre les actes anti-asiatiques

L’inquiétude commence à laisser place à la panique. Dans ces moments-là, le peuple se transforme en plèbe et les craintes en haine. Depuis quelques jours, les rayons des supermarchés sont dévalisés par les clients qui font des stocks de pâtes et de riz et les réactions xénophobes s’affichent au grand jour. Le coronavirus a laissé s’échapper la « bête » qui sommeille chez beaucoup de citoyens.

L’inquiétude commence à laisser place à la panique. Dans ces moments-là, le peuple se transforme en plèbe et les craintes en haine. Depuis quelques jours, les rayons des supermarchés sont dévalisés par les clients qui font des stocks de pâtes et de riz et les réactions xénophobes s’affichent au grand jour. Le coronavirus a laissé s’échapper la « bête » qui sommeille chez beaucoup de citoyens.

La communauté asiatique est la cible de nombreux actes racistes aux quatre coins de la France. Dans les transports, certains passagers s’éloignent ou regardent d’un mauvais oeil les personnes aux yeux bridés. D’autres se font même insulter dans la rue comme l’explique cet article dans Le Monde. Le message « Coronavirus, dégage » a été tagué sur la devanture d’un restaurant de sushi à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine.

 #jenesuispasunvirus
SOS Racisme observe avec inquiétude la multiplication des propos stigmatisants et la recrudescence des insultes et des agressions dirigées contre les Asiatiques de France, soupçonnés d’être porteurs du Covid-19. L’association, connue pour son slogan « Touche pas à mon pote », a donc eu l’idée de demander à Archibald & Abraham de lui concevoir des visuels visant à provoquer une prise de conscience pour lutter contre les amalgames et les stéréotypes. « Cela nous a semblé pertinent car la popularité des « memes » peut prendre à contre-pied le populisme de masse, cynique face aux faits, mais factuel face au cynisme, juge Arnaud Bouin, le directeur de création de l’agence de communication parisienne. Internet est largement utilisé pour propager la parole raciste, mais ses codes permettent également de propager la parole antiraciste». Sa campagne s’appuie sur le hashtag #jenesuispasunvirus lancé sur Twitter par une anonyme victime de sinophobie et relayé par de nombreux internautes qui ont subi, eux aussi, des attaques liées à la couleur de leur peau. L’association utilise ainsi la crise actuelle pour faire entendre le message de lutte contre le racisme qu’elle répète inlassablement depuis sa création en 1984. Cette technique du « newsjacking » ne date pas d’hier.

Les exemples ne manquent pas

La compagnie allemande de location de véhicule Sixt est passé maître en la matière. En plein coeur de « l’affaire du Sofitel », le groupe au logo orange a conseillé à DSK de louer une de ses voitures à son arrivée à l’aéroport. Une autre affiche demandait à Carla Bruni si elle ne souhaitait pas une familiale et François Hollande a appris qu’il devrait plutôt opter pour une berline aux vitres teintées et abandonner son scooter dans les rues de Paris.

L’enseigne d’optique Visual a, elle aussi, profité de l’actualité politique pour promouvoir ses lunettes alors que Michel et Augustin n’a pas hésité à commercialiser deux semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle de 2012 des bouteilles de lait étiquetées « Carla et Nicolas », « Valérie et François », « Louis et Marine », « Nathalie » ou « Philippe ». Ces produits ont toutefois du être rapidement retirés des rayons après des incidents dans des magasins. L’opportunisme publicitaire a ses limites…

Therin Frédéric

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