6 mars 2020

Temps de lecture : 3 min

SOS : nos marmots souffrent d’une éducation genrée

Avec sa campagne Stéréotypes Stéréomeufs, lancée en septembre 2018, l’association Adosen rappelle à tou.te.s les dangers d’une éducation genrée pour les plus jeunes générations. Un message bien compris du coté de The Family qui organise demain, dimanche 8 mars, un cycle d’ateliers et de conférences à l’occasion de la journée internationale du droit des femmes.

Avec sa campagne Stéréotypes Stéréomeufs, lancée en septembre 2018, l’association Adosen rappelle à tou.te.s les dangers d’une éducation genrée pour les plus jeunes générations. Un message bien compris du coté de The Family qui organise demain, dimanche 8 mars, un cycle d’ateliers et de conférences à l’occasion de la journée internationale du droit des femmes.

« Il ne pourra y avoir d’égalité entre les femmes et les hommes tant que les stéréotypes de genre perdureront. Ils s’installent insidieusement dans les foyers où les enfants apprennent à respecter dès le plus jeune âge des normes genrées, tel que le choix des couleurs portées, les jouets autorisés ou les activités extra-scolaires quasiment imposées. Ainsi, à l’adolescence et à l’âge adulte, c’est sans surprise qu’on les voit choisir des orientations scolaires, universitaires et professionnelles en fonction de leur sexe ». Alors que nous célébrerons le dimanche 8 mars la journée internationale des droits des femmes, Éric Chenu, et à travers ses mots Adosen, l’association qu’il préside, nous rappel à l’urgence d’éduquer nos marmot.te.s dès les plus jeune âge aux dangers liés aux stéréotypes de genre. Une cause qu’il serait présomptueux de juger comme acquise.

Comme le révèle une étude Ipsos publiée en novembre dernier intitulée « Partage des tâches ménagères et transmission : regards croisés Enfants-Parents », 60 % des enfants âgés de 8 à 16 ans dressent le constat que c’est leur mère qui, à la maison, fait globalement le plus de choses. Par définition, certaines tâches ménagères sont réservées principalement aux femmes. Celles liées au linge sont majoritairement associées à la mère (85 %), tout comme le nettoyage de la salle de bain (78 %) ou des sols (72 %). Pis, ces enfants estiment qu’ils reproduiront, eux-mêmes, ce schéma familial dans leur propre foyer. Si les filles semblent plus nuancées, près d’un garçon sur deux déclare que, plus tard dans son couple, c’est sa conjointe qui s’occupera de la lessive. Ok boo… ah bah non.

Reconstruire les fondations

Pour donner les clés aux parents et aux responsables pédagogiques d’une éducation non genrée et qui prône l’égalité des sexes, ADOSEN – Prévention Santé MGEN a lancée en septembre 2018 la campagne Stéréotypes Stéréomeufs. Celle-ci a ainsi été pensée comme un outil complet basé sur un support numérique avec des activités, des fiches pédagogiques, et un kit à télécharger. Toutes les activités ont été testées et validées par des professionnels de l’éducation et par des élèves. Les tests ont été faits dans différentes régions de France, dans des établissements scolaires et des classes hétérogènes -hétérogénéité sociale, situation familiale, niveau académique, …-, pour pouvoir adapter les ateliers à tous les publics. Ils prennent la forme de jeux d’obstacle, de matchs d’improvisation théâtrales ou encore de jeux de rôle ou de vidéo-débats afin d’impliquer l’élève dans une aventure pédagogique en phase avec sa vie quotidienne. L’objectif et le déroulement de chaque activité est détaillé dans ces fiches pédagogiques qui se décomposent en trois niveaux : primaire, collège et lycée. Après un an et demi, la campagne totalise près de 215 000 élèves bénéficiaires en France, 36 500 kits pédagogiques téléchargés et plus de 700 000 vues sur Youtube.

Au-delà des outils pédagogiques, la campagne se compose également d’une série réalisée en partenariat avec ARTE. Longue de trois saisons, elle a pour objectif de dénoncer les stéréotypes en mettant en scène leurs différents modes de manifestation, tout en visant à libérer la parole et la pensée. Elle utilise un ton qui se veut à la fois ludique, drôle mais sans langue de bois. Pour assurer une continuité entre les volets pédagogiques et audiovisuel de la campagne, Adosen organise chaque année un concours national de scénarios. Ouvert à tous les enfants et les adolescents du CM2 à la Terminale, ce concours vise à éveiller les consciences et à nourrir les réflexions. Chacun peut ainsi proposer un scénario qui doit apporter un regard critique sur une réalité quotidienne. En ces temps de déroute institutionnelle du cinéma français, il est bon de rappeler que la fiction peut également apporter des solutions.

Chacun.e doit prendre sa part

Autre grand motif de satisfaction : cette journée internationale des droits des femmes du 8 mars 2020 comptera nombre d’initiatives destinées à éduquer les plus jeunes générations. Pour l’occasion, She Can Code, un service d’ateliers de programmation informatique pour les jeunes filles, et Panpan Média, organisent un important rassemblement thématique dans les locaux de The Family à Paris entre 10h et 19h. Au programme pour les enfants, filles comme garçons, des ateliers ludiques de coding, de podcasting ou encore de construction d’une console de jeux. Des tables-rondes sur les thèmes de l’éducation à l’ère numérique et de l’égalité des sexes seront également organisées pour les « grands ». Pour le déroulé complet de l’évènement, c’est par ici.

« Avec She Can Code, nous avons l’habitude d’organiser des ateliers dédiés uniquement aux petites filles. Cela leur permet de prendre confiance, de casser une certaine tendance à l’auto-censure. Pour le 8 mars, il me semblait important de convier également les garçons, de les sensibiliser eux aussi à l’égalité à travers des échanges avec des femmes inspirantes », explique Perle Perriet, fondatrice de She Can Code. Comme le dirait Éric Chenut -toujours lui-, en plein prêche : « L’égalité c’est une utopie, un idéal et cela doit devenir une réalité effective ». Amen.

Montagut Sacha

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