12 février 2014

Temps de lecture : 2 min

Somhome : la recherche d’appart à la sauce Tinder

Et si la recherche d’un logement se jouait comme une rencontre amoureuse, ou presque ? Premier site en France de location, sous-location et colocation imaginé comme un réseau social, Somhome souhaite humaniser un secteur perçu comme trop rigide et peu enclin à l’échange. Un seul mot d’ordre, pourvu que ça « match ».

Qui dit recherche d’un appartement, dit quête du Saint Graal. Entre trouver le temps de visiter et faire que son dossier supplantera celui des autres, rien n’est moins sûr ! Sans compter le marché, selon la ville, souvent saturé : « A Paris, on compte 10 demandes pour une offre. Le secteur est déséquilibré et vraiment tendu », souligne Jean-Philippe Bertin, fondateur de Somhome qui entend mettre un peu d’ordre dans cette jungle. Son arme secrète ? Jouer sur les affinités humaines tout en usant des codes des sites de rencontre.

Le contact, encore et toujours

Jean-Philippe Bertin souhaite faire de ce projet, imaginé au Nepal pendant un tour du monde, une plate-forme fédératrice. Comme sur un site classique, l’utilisateur rentre ses critères fondamentaux de recherche : arrondissement, superficie, loyer… Mais toute son originalité tient dans l’interaction proposée au propriétaire et à son futur locataire. « Comme sur un site de rencontre, les deux parties peuvent dévoiler quelques détails de leurs vies personnelles : goûts musicaux, films préférés, coups de cœur littéraires, préférences culinaire… Le but est d’en savoir un peu plus sur l’autre », explique-t-il; « On essaie de dépasser le cadre strictement financier pour créer du contact, humaniser les échanges ». Voilà tout l’enjeu. Si la question pécuniaire reste un point fondamental pour un propriétaire, ce dernier n’a-t-il pas envie de mieux connaître celui qui va occuper son logement ? N’y a-t-il pas d’autres échanges à développer et ainsi éviter l’envoi de courriers lapidaires en cas de réparation ?

Somhome pousse le mimétisme encore plus loin avec les sites de rencontre en revendiquant ouvertement son inspiration de l’ergonomie de Tinder pour sa version mobile. Comme l’application américaine, les biens qui correspondent le plus aux besoins des locataires sont mis en avant et il n’y a plus qu’à « squizzer » ou à « matcher » selon ses envies. Le propriétaire propose ensuite un calendrier à remplir. Pour le reste, comme en amour, c’est au feeling que tout se joue. Autre spécificité : la simplicité dans la gestion du dossier. Le locataire peut télécharger l’ensemble de ses pièces justificatives sur Somhome et ne s’encombre plus de dossiers qu’il finira tôt ou tard par égarer.

Un modèle en développement

Actif dans les grandes villes en France, Somhome a nécessité deux années d’élaboration à ses fondateurs avant de voir le jour. Lancé en juin 2013, il compte aujourd’hui 45 000 abonnés et le bouche à oreille a parfaitement fonctionné : « S’il est encore trop tôt pour annoncer les chiffres du taux de satisfaction, notre modèle se développe rapidement et notre mode de financement -à savoir le freemium, l’affiliation et les partenariats- devrait nous permettre de décliner notre concept à d’autres activités », détaille J-P Bertin « comme une assurance habitation ou un service de déménagement… Le potentiel est énorme ». De plus, Somhome ambitionne d’exporter son modèle dans les plus grandes métropoles mondiales. Avec un concept simple mais tellement efficace, J-P Bertin redonne une dimension plus humaine à la recherche d’un logement. Et ça marche, car comme le rappelle Nicolas Jaries dans la revue INfluencia N°8 sur Le Contact : « Au final, c’est à travers les expériences marquantes et ré-enchantées que se créeront les relations durables de demain ».

Eric Espinosa / @EricESPINOSA8Rubrique réalisée en partenariat avec ETO

La rédaction

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