2 novembre 2020

Temps de lecture : 3 min

Les SMS n’ont jamais eu autant la cote auprès des marques

L’entrée en Bourse réussie de la société norvégienne Link Mobility confirme le succès des spécialistes du mobile messaging. Son CEO français, Guillaume van Gaver, nous explique pourquoi.

L’entrée en Bourse réussie de la société norvégienne Link Mobility confirme le succès des spécialistes du mobile messaging. Son CEO français, Guillaume van Gaver, nous explique pourquoi.

La nouvelle licorne européenne s’appelle Link Mobility. Cette société norvégienne qui propose des solutions de mobile messaging, et dont la France est le plus gros marché, vient de lever 700 millions d’euros à la Bourse d’Oslo, devenant ainsi la plus grande introduction dans les pays nordiques depuis le début de l’année 2020. Sa valorisation dépasse désormais le cap symbolique du milliard d’euros.

Cette IPO réussie, Guillaume van Gaver n’a pas pu la fêter sur les bords du fjord ou au pied du tremplin de saut à ski d’Holmenkollbakken. Depuis l’arrivée de la pandémie, le CEO français du groupe ne bouge plus de Boulogne-Billancourt où se trouve le siège de sa filiale française. Un choc pour cet amateur de kayak qui parle français, anglais, allemand, arabe et espagnol. « J’avais l’habitude de me rendre dans trois pays par semaine et de faire 200 vols par an, explique cet ancien étudiant à l’Insead, aujourd’hui âgé de 49 ans, qui a notamment travaillé pour Orange à Paris, au Caire et à Londres avant de prendre le poste de CEO pour la France et l’Europe de Carphone Warehouse et de passer par l’opérateur Tele2 pour finalement s’emparer des commandes de Link Mobility en septembre 2019. Je pensais que ma présence dans les différentes filiales était importante mais cette crise m’a fait comprendre que je voyageais trop ». Ce dirigeant devrait pourtant savoir, mieux que quiconque, que le business peut se faire à distance. C’est même la raison d’être de la société qu’il pilote.

Du noir et blanc à la couleur

Envoyez le bon message, à la bonne personne, au bon moment et sur tous ses appareils. Voilà en une phrase assez simple comme se résume le « mobile messaging ». Longtemps, cette activité consistait à expédier à ses clients des SMS assez simples comme un mot de passe ou la date et l’heure de livraison d’un colis. Ce système de messagerie est très efficace car les études montrent que les SMS sont lus par… 98% des personnes qui les reçoivent. Les nouvelles technologies permettent toutefois d’aller beaucoup plus loin. « Je compare la situation actuelle au passage de la télévision noir et blanc à la couleur », explique Guillaume van Gaver. Les marques et leurs clients peuvent aujourd’hui entamer de réelles conversations par SMS. Enquête de satisfaction, panels de consommateurs, changement d’horaire pour un rendez-vous prévu de longue date… Les algorithmes et l’intelligence artificielle permettent de gérer ces échanges. Les SMS peuvent aussi inclure des contenus marketing plus attrayants et interactifs comme des vidéos, des animations, des coupons ou des SMS à gratter. Les mailings vocaux utilisent, quant à eux, la voix pour diffuser des messages aux clients. Prospecter de nouvelles cibles, fidéliser sa clientèle, augmenter ses ventes… Le SMS sert à tout cela ». Les Scandinaves sont les premiers à en avoir pris conscience. Les deux poids lourds du SMS messaging en Europe sont d’ailleurs nés dans cette région puisque le leader, Finch, est suédois.

 Les Scandinaves montrent la voie

« Les salaires étant très élevés dans ces pays, les entreprises ont commencé très tôt à digitaliser leurs contacts clients, raconte le CEO de Link Mobility. Aujourd’hui, tous les restaurateurs, les médecins ou les garagistes envoient des SMS pour communiquer avec les personnes qui utilisent leurs services. Nos produits sont d’ailleurs sept fois plus utilisés par nos clients norvégiens que par ceux qui sont basés en France ». L’hexagone reste pourtant le premier marché de cette société norvégienne puisqu’il devrait générer cette année un chiffre d’affaires de 84 millions d’euros sur un total de 320 millions d’euros. Ce poids s’explique en raison du rachat de trois acteurs locaux dont Netsize en janvier 2019. Ses principaux clients français sont les Galeries Lafayette, Auchan, la BPCE, MACIF et le gouvernement.

Le cours de son action a bondi de près 15% le jour de son introduction…

Le groupe est déjà présent dans dix-sept pays européens mais son patron souhaite se développer dans d’autres régions afin de tripler à moyen terme ses revenus et franchir la barre symbolique du milliard d’euros. L’année dernière, le leader européen de ce secteur qui emploie 450 collaborateurs a envoyé pour le compte de ses 33.000 clients plus de 10 milliards de SMS à 300 millions de consommateurs. « Notre marché progressait en moyenne de 15% par an mais nous pensons pouvoir approcher une hausse de 30% grâce aux nouvelles technologies », prédit Guillaume van Gaver. Ces chiffres expliquent pourquoi la levée de fonds en Bourse du groupe a été sursouscrite par les investisseurs et que le cours de son action a bondi de près 15% le jour de son introduction…

Therin Frédéric

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