12 décembre 2012

Temps de lecture : 2 min

Les Slow Tech’, paradoxes de la lenteur

Jusqu’à récemment, le « slow » (slow food, slow travel, etc.) était envisagé comme une alternative à une forme de modernité faite de nouvelles technologies, d’efficacité à haut rendement et de hamburgers-minute. Voilà maintenant que l’attitude « slow » s’institutionnalise et que ces mêmes technos aident désormais les usagers à débrayer. Le monde à l’envers…

Le Slow Food est connu de tous. Ce mouvement qui cherche à préserver les savoir-faire gastronomiques et culinaires traditionnels a connu une véritable ampleur ces dernières années. Tendance de l’authentique, de la naturalité, du temps dilaté… Puis est venu l’âge du Slow Travel qui fait du voyage l’objet même des vacances : la destination se transforme en but et non plus en finalité. D’autres avatars ont vu le jour : Slow Marketing, Slow Cities (ou CittaSlow), Slow Fashion, etc. Le Slow à toutes les sauces. En considération d’un nouveau besoin émergent, on voit donc naître de nouveaux objets, notamment des objets connectés bourrés de nouvelles technologies et qui constitueront peut-être un jour des aides pour  « ralentir ». Echantillon :

Voir la vie en Slow Motion

C’est le cas notamment du Decelerator Helmet, un casque qui permet à son usager de voir le monde en slow motion. Développé par l’artiste allemand Lorenz Potthast, il consiste en une grosse boule de métal brossé qui retransmet une vision ralentie de l’environnement immédiat à l’aide d’un petit ordinateur programmé pour ça. Du coup, les passants présents autour de l’utilisateur semblent marcher au ralenti, les skateboards figés en l’air, et les cadres stressés qui courent dans la rue soudainement zens et détendus.

Le mariage de l’iPad et de la chaise à bascule

Logique identique chez les chercheurs du Micasa Lab de Zurick qui ont créé un rocking chair sur lequel brancher un iPad pour le recharger. En apparence bien traditionnelle, l’iRock est en effet équipée d’une dynamo qui permet de recharger un iPad grâce au mouvement de bascule. Détail : si on en croit les créateurs suisses, il faut se balancer au moins 1 heure pour obtenir une charge de… 3% à 35%. Techno de la lenteur.

Le site qui change un email en courrier postal

En anglais, le contraire d’email se dit « snail mail » : comprendre « courrier postal ». D’où le nom du site « snail my email » qui propose de convertir des emails en jolies lettres et cartes postales manuscrites. Pour réaliser cette contre-performance technologique, le site a mobilisé des centaines de volontaires chargés de trier les emails, de les retranscrire à la main, d’y ajouter un petit dessin et de les envoyer à leur destinataire. Le tout gratuitement. La prochaine cession de « snailing » se tiendra à l’automne 2013… Une belle touche de romantisme dans un monde d’emails…

Alexis Botaya, Soon Soon Soon

Crédit photo en une : Lorenz Potthast

La rédaction

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