12 décembre 2016

Temps de lecture : 3 min

Slow Business : le choix de la croissance sur le long terme

Pour de nombreuses start-ups et entreprises, lever des fonds apparaît comme la seule voie pour financer son développement. Or, les exemples de Take Eat Easy ou de Viadeo ont pu révéler les limites de ce modèle de croissance « flash ».

Pour de nombreuses start-ups et entreprises, lever des fonds apparaît comme la seule voie pour financer son développement. Or, les exemples de Take Eat Easy ou de Viadeo ont pu révéler les limites de ce modèle de croissance « flash ».

Le « slow business », modèle basé non pas sur la levée de fonds mais sur la capitalisation des fonds propres, est malheureusement souvent oublié des entrepreneurs car perçu comme un frein à la croissance. Quels sont les avantages de ce modèle alternatif ? Ralentit-il vraiment la croissance d’une entreprise ?

S’assurer des bases solides

Le développement auto-financé présente de nombreux avantages pour les entreprises. En plaçant le souci de la rentabilité au cœur de sa stratégie, une entreprise se construit sur des bases financières saines et solides, gages de confiance et de fiabilité pour ses clients. Beaucoup d’entreprises ont tendance à vouloir vivre sur leurs fonds et non sur leurs clients. Or, par définition, une entreprise ne peut vivre sans ses clients et encore moins sans leur réabonnement à ses services ou l’achat de ses produits. Le souci du client oblige à redoubler de vigilance quant à la qualité des prestations proposées et à entretenir de bonnes relations avec eux. De cette manière, le taux de fidélisation des clients est un des meilleurs indicateurs de la pérennité de l’entreprise. Cet indicateur peut d’ailleurs être utilisé lors des phases de prospection ou lors de rendez-vous clientèle.

Une entreprise doit aussi avoir un projet entrepreneurial concret pour assurer sa pérennité. La dimension entrepreneuriale, lorsqu’elle prime sur la dimension financière, place l’humain au cœur de la stratégie et permet de conquérir de nouveaux marchés en étant à l’écoute des tendances et des évolutions. Cet état d’esprit se reflète naturellement sur le management de l’entreprise.

Un modèle alternatif qui n’exclut pas la croissance

Une chose importante à avoir en tête : une entreprise auto-financée n’est pas exempte de capacités financières. Cependant, il est vrai que la nécessité de maîtriser sa croissance et ses dépenses limite la force de frappe d’une entreprise et l’oblige à faire des choix. La principale limite du slow business se trouve dans sa capacité à déployer et activer plusieurs leviers simultanément pour conquérir un marché ou gagner en visibilité.

En effet, les investissements marketing et commerciaux, permettant de participer à des salons ou faire de la publicité, coûtent chers. Le gain de visibilité est donc logiquement plus lent. Aussi, la maîtrise de ses fonds propres et le manque d’attractivité qui peut en découler peuvent freiner le recrutement de talents expérimentés. Par conséquent, la force de frappe marketing et commerciale doit être plus créative pour palier à ce constat.

Une entreprise qui ne joue pas avec les mêmes moyens financiers qu’une autre doit activer d’autres leviers pour se différencier. L’innovation est un des leviers clés permettant de contrebalancer des moyens marketing moindres pour s’imposer et gagner des parts de marché. Cela nécessite d’être à l’écoute du marché, des besoins clients et des dernières tendances technologiques. L’ambition d’une entreprise d’être et de rester humaine dans son management et son fonctionnement est un autre levier. Mettre ses collaborateurs au coeur de son activité et de sa stratégie permet à l’entreprise de proposer un réel accompagnement humain à ses clients.

Tout comme une levée de fonds ne garantit pas le succès, le slow business n’empêche pas le développement rapide d’une entreprise. Une levée de fonds permet d’investir vite, de recruter des talents à forte valeur ajoutée et de s’assurer rapidement une belle visibilité. Néanmoins, sans projet solide, il est difficile, même avec des fonds, de transformer l’essai. Le slow business mise plus sur la construction à long terme d’un projet entrepreneurial.

Ce business model pose des fondations plus solides et moins soumises aux aléas financiers ou humains. Cependant, dès lors que la croissance s’enclenche, celle-ci peut être plus puissante que celle des entreprises fortement financées, et également plus durable. La question de la pérennité est davantage posée par les clients pour les entreprises technologiques. Une entreprise technologique qui rassure ses clients sur sa longévité aura plus de chances de convaincre, de renouveler ses contrats et de construire avec eux des innovations utiles au quotidien.

François Patrice

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