27 janvier 2021

Temps de lecture : 2 min

Shift Project ou comment donner du sens à nos métiers pour demeurer en bonne santé

La crise que nous affrontons, ainsi que les confinements à répétition ont amené de nombreuses personnes à réfléchir sur le sens de leur travail. D’après l’APEC, 51 % des cadres jugent “très important” d’exercer un métier qui a du sens. Malheureusement, dans son essai Bullshit Jobs , l’anthropologue David Graeber estime que seulement 37 % du temps de travail est en réalité consacré à notre véritable activité professionnelle.

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Le reste ne serait que réunions inutiles, courriels, paperasse. D’après lui, « nous passons de plus en plus de temps à rapporter, décrire ce que l’on fait et justifier de ce que l’on fera à l’avenir… au lieu de faire réellement ces choses ». Le travail devient alors un simple process, et le métier exercé se vide de son sens.

L’entreprise est asservie par ses propres process

Or, chaque process confisque une part d’énergie pour assurer sa propre survie. Plus une organisation repose sur des procédures, moins elle est agile et apte à évoluer. Dans le pire des cas, l’entreprise est asservie par ses propres process, qui s’empilent au fil du temps. À l’époque où le besoin de s’épanouir au travail est stratégique, nous nous retrouvons parfois à exécuter des tâches répétitives qui conduisent à une forme d’aliénation et représentent une menace pour la santé. On peut citer notamment le risque de burn-out, qui s’accroit quand une personne n’est plus alignée avec l’objectif de son entreprise ou de son poste. Inversement, deux chercheurs français ont démontré que le travail peut stimuler le bien-être psychologique. Les recherches en question, menées aussi bien auprès de cadres que d’employés, ont permis de déterminer plusieurs facteurs qui contribuent à préserver et améliorer la santé mentale : l’utilité sociale du travail, la rectitude morale du travail, l’exercice de l’autonomie, les occasions d’apprentissage et de développement ainsi que la qualité des relations professionnelles.

Concilier emploi et préservation climat, c’est désormais possible

Pourtant, le sens au travail reste une notion subjective. Tous les métiers ont intrinsèquement du sens, mais chaque personne n’est pas forcément alignée en permanence avec ce qu’on lui demande de faire, ou les valeurs de son entreprise. Ceci amène parfois à s’interroger sur le fait de changer d’entreprise ou de métier pour se réaligner. Un exemple intéressant est l’initiative du think-tank Shift Project. Des bénévoles ont recensé les organisations qui contribuent à la transition carbone et qui ont un impact positif sur le climat, afin d’orienter ceux qui voudraient travailler dans une entreprise particulièrement soucieuse de son impact environnemental.

L’ambition de ce projet est d’inspirer et orienter celles et ceux qui souhaitent relier leur engagement professionnel avec la lutte contre le dérèglement climatique. Le message du Shift Project n’est pas qu’il faut changer de travail pour contribuer à la transition énergétique, mais plutôt qu’il est nécessaire d’avoir des gens conscients et engagés dans tous les secteurs de l’économie pour faire bouger les lignes. Grâce à une base de données structurée, contextualisée et collaborative, Shiftyourjob.org répertorie plus de 1000 organisations sélectionnées pour leur rôle dans la transition énergie-climat. C’est un point de départ pour ceux qui voudraient en particulier faire de leur emploi un levier pour décarboner notre quotidien.

Et vous, quel sens aller vous donner à votre travail en 2021 ?

Rouhan Isabelle

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