8 avril 2015

Temps de lecture : 3 min

La série digitale : une production à part entière !

Le festival de la Web Série s’est tenu à Marseille du 16 au 18 octobre. Cet événement marque une nouvelle page dans la production de contenu digital. La maturité et la qualité créative de ce qui a été présenté à cette occasion est marquante. Il est intéressant de rapprocher cet événement avec la troisième édition du « Future of Television Forum » qui s’est tenue à New York en septembre.

Le festival de la Web Série s’est tenu à Marseille du 16 au 18 octobre. Cet événement marque une nouvelle page dans la production de contenu digital. La maturité et la qualité créative de ce qui a été présenté à cette occasion est marquante. Il est intéressant de rapprocher cet événement avec la troisième édition du « Future of Television Forum » qui s’est tenue à New York en septembre.

Lorsque le premier a insisté sur la professionnalisation et la créativité de la production de fiction digitale, le second a montré le passage d’un monde à un autre. Le Festival de la Web Série a mis en évidence la crédibilité et la légitimité du format de la Web série. Cet événement a ouvert les portes d’un « âge de maturité » de cette forme de création.

The Best or the Worst Time for TV ?

De son côté le forum new-yorkais s’est demandé si le digital « is the Best or the Worst Time for TV ? ». Et de constater qu’au-delà d’être une nouvelle fenêtre de diffusion, le digital oblige l’industrie de la production audiovisuelle à une mutation profonde. Les nouvelles plates-formes digitales sont une opportunité pour les producteurs s’ils acceptent ce que la conférence a appelé « a frontier to explore », autrement dit un nouveau champ d’expression créative. Le WebFest de Marseille nous a donné à voir, non pas une production « low quality » mais de véritables séries. CanalPlay ne s’est pas trompé en créant un « Corner digital series » au sein de sa plate-forme.

Un ton plus transgressif et des formats nouveaux

Le Festival de la Web Série nous a fait comprendre que si les séries digitales sont des « séries comme les autres » (Joël Bassaget), elles n’en gardent pas pour autant leur particularité : un ton plus transgressif, une structure narrative plus innovante et des formats nouveaux. Ainsi le prix de la Meilleure Réalisation Webfest 2014 a été remis à « Projet M » et à « La chienne ». Deux production canadiennes qui laissent une large place à l’innovation et à la transgressivité. Des sujets qu’on ne voit plus en TV.

Le Festival de Marseille consacre aussi la fin de la séparation des écrans. L’idée narrative est aujourd’hui imaginée dans un contexte de « perméabilité ». C’est finalement la fluidité des contenus qui est affirmé. Le Forum de New York a illustré ce point en donnant l’exemple de « Burning Love » parodies du programme de télé réalité Bachelor, diffusé sur Yahoo Screen, produit par Ben Stiller. Ce programme qui a connu un véritable succès a été ensuite diffusé sur la chaîne E!. La webserie Game High School a connu également un énorme succès sur YouTube (plus de 84 millions de vue) avant d’être rachetée par Netflix qui a diffusé la saison 1 & 2.

L’exigence qualitative de l’audience

Le WebFest et le Forum de New York ont souligné que le changement du paysage s’opère sous la pression de l’audience. Cette dernière a le même type d’exigence en matière de storytelling et la même attente qualitative quelle soit l’écran. Elle est toujours à la recherche d’une expérience riche avec un lien fort avec les personnages et le territoire de la série autant en TV que sur le digital.

Ainsi « Michaëlle en sacrement » série canadienne a reçu le Grand prix du jury, le Prix du meilleur scénario et le Prix de la meilleure actrice. C’est l’histoire touchante d’une jeune fille qui se retrouve responsable de sa grand-mère (et de son chat), atteinte de la maladie d’Alzheimer. La mécanique narrative et le rythme sont digitaux, la qualité et le traitement du sujet est d’un niveau TV. Les frontières entre les écrans sont gommées.

Le festival de la Web série de Marseille a montré que la production digitale n’est plus un art mineur, qu’elle est aujourd’hui une création à part entière sur laquelle il faut compter. L’intérêt de certaines plates-formes de type OTT montre qu’un nouveau paysage se dessine et qu’il ouvre des perspectives riches en développement. Cette tendance est confirmée par l’investissement croissant des grands studios d’Hollywood comme Fox ou Warner mais aussi par la présence d’acteurs américains reconnus au sein de certaines séries digitales. Comme le soulignait le PDG de Disney Robert Iger au moment du rachat de la chaîne Youtube Maker Studio, nous sommes « au centre d’une activité dynamique » qui est une opportunité à ne pas manquer.

Jacques Kluger / @JKluger

Directeur des exploitations dérivées et de la diversification, Telfrance

Rubrique réalisée en partenariat avec Telfrance

La rédaction

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