18 novembre 2019

Temps de lecture : 3 min

Les Seniors aiment le soleil… espagnol

Après la France où son site répertorie 11.000 établissements réservés aux seniors, Papyhappy s’implante désormais en Espagne, dont l'attractivité, -météo, sympathie, voire empathie- sont au programme.

Après la France où son site répertorie 11.000 établissements réservés aux seniors, Papyhappy s’implante désormais en Espagne, dont l’attractivité, -météo, sympathie, voire empathie- sont au programme.

Papy, le soleil espagnol ne vous tente pas ? Remplacer le rosé frais par une sangria fruitée et glacée ? Déguster des tapas à pas d’heure ? Profiter des hivers andalous pour oublier les frimas hivernaux des Hauts de France ? Une simple recherche sur la Toile et à nous les belles ibériques… retraitées. Papyhappy se qualifie, lui-même, comme le Tripadvisor des seniors. Cette start-up basée près d’Auxerre dans l’Yonne et lancée en 2016 revendique être la première plateforme de logement pour les personnes âgées multi-pays. « Nous sommes les premiers à proposer un système de classement basé sur l’avis des internautes mais également sur les visites de nos six salariés qui se sont déjà rendus en clients mystère dans 3800 des 11.000 logements qui sont répertoriés sur notre site», explique Joachim Tavares, le fondateur de Papyhappy .

Pour toutes les bourses

Sur la plateforme de cette jeune pousse, il suffit de donner le nom d’une commune ou d’un département pour trouver la maison de retraite médicalisée, la résidence senior ou la famille d’accueil la mieux adaptée à vos besoins ou à ceux de vos proches. L’entreprise, qui compte une vingtaine de collaborateurs, propose également pour des tarifs compris entre 200 et 990 euros d’accompagner des familles qui cherchent un logement pour une personne âgée. Pour les internautes moins fortunés, quelques clics permettent de lire un des 4500 avis que des particuliers ont laissé sur le site. Chaque mois, Papyhappy enregistre plus de 100.000 pages lues par 25.000 à 28.000 visiteurs uniques.

No hablo español

Depuis peu, la start-up a élargi sa sphère d’influence à l’Espagne. 5000 établissements sont déjà répertoriés dans le pays. « D’ici deux ans, nous souhaitons couvrir tous les pays frontaliers à la France, s’engage Joachim Tavares. Il existe de grosses différences de prix d’un pays à l’autre et beaucoup de Français originaires d’autres pays souhaitent retourner vers leur terre d’origine après leur retraite. Je suis moi-même issu d’une famille d’origine portugaise». S’installer à Madrid, Cologne ou Lisbonne demande toutefois une bonne connaissance de la langue locale. « Dans le cas de l’Espagne, ce sont surtout des retraités actifs qui vont sur notre site et ils recherchent des resorts pour les seniors et non pas des maisons de retraite médicalisées », explique le fondateur de Papyhappy qui a dirigé un Ehpad avant de devenir un entrepreneur de la Toile.

Combien ça coûte ?

L’allergie de nombreux septuagénaires et octogénaires pour les nouvelles technologies ne risque t-elle pas de freiner le développement de cette start-up ? Son président ne semble pas le penser. « Plus les résidents sont âgés et dépendants, plus leurs proches nous contactent », reconnaît-il. Si l’idée est bonne, et les besoins d’ailleurs évidents, -le Maroc et le Portugal sont les destinations préférées des seniors Français-, il y a toutefois un point faible sur ce site qui ne détaille pas les prix des établissements répertoriés. Or les tarifs mensuels d’un hébergement dans une résidence spécialisée pour les seniors peuvent aller de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros. « S’assurer que l’établissement correspond à vos besoins est la première priorité mais il est vrai que nous travaillons pour proposer une solution qui permettrait de connaître les prix des logements qui sont présentés sur notre plateforme, assure Joachim Tavares. Mais ce problème est épineux car les tarifs sont généralement adaptés aux besoins de chaque résident ». Le soleil ibérique coûte toutefois généralement moins cher que celui de la Côte d’Azur. Alors papy, cette expatriation à Saragosse ?

Il n’y a pas que l’Ehpad dans le soir de sa vie

Résidence autonomie, accueil familial, habitant intergénérationnel, béguinage, marpa… La plupart des retraités n’ont jamais entendu parler de ces solutions d’hébergement qui leur sont pourtant destinées, selon une étude réalisée par Papyhappy par le Pôle de gérontologie et d’innovation Bourgogne-Franche-Comté. La moitié des personnes interrogées dans cette enquête ne connaissent pas d’alternative aux 7881 Ehpad et aux 720 résidences services senior qui existent en France. Plus d’un tiers des personnes âgées ont pourtant déjà abordé ce sujet avec leurs proches. Les trois critères principaux qui encouragent les retraités à quitter leur domicile sont la volonté d’être entouré d’un personnel bienveillant et disponible (79%), la recherche de sécurité (74%) et le souhait de conserver leur autonomie (69%). Pas mieux!

Therin Frédéric

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