18 novembre 2014

Temps de lecture : 2 min

Le robot, un ami qui vous veut du bien ?

Faut-il avoir peur des robots ? Et s’ils venaient à devenir nos égaux dans la vie quotidienne, quelle sera notre acceptabilité sociale ? Le photographe parisien Vincent Fournier répond en clichés assez humoristiques.

Faut-il avoir peur des robots ? Et s’ils venaient à devenir nos égaux dans la vie quotidienne, quelle sera notre acceptabilité sociale ? Le photographe parisien Vincent Fournier répond en clichés assez humoristiques.

Laissez nous en prologue vous raconter une histoire. Ou plutôt un mythe, celui de Pygmalion, sculpteur et Roi de Chypre. Célibataire, il réalise un jour la statue d’une femme dont il tombe amoureux. Il implore alors Aphrodite, déesse de l’amour et de la beauté, de lui donner une épouse similaire à sa création artistique. Elle accepte et donne vie à la statue, qui devenue humaine se nomme Galatée, se marie avec Pygmalion et lui donne deux enfants. Depuis cette légende pionnière, la première à mettre en scène une amante androïde, les robots font le bonheur de la littérature et du cinéma.

Certains auteurs et scénaristes avaient prédit une cohabitation plus précoce avec l’intelligence artificielle, mais force est de constater : nous sommes en 2014 et la machine n’a pas encore remplacé l’homme. Qu’ils remplacent des artistes ou portent des sneakers, les robots ne sont toujours que des curiosités expérimentales. Mais si un jour ils se mettaient vraiment à interagir avec l’Homme dans sa vie de tous les jours, à quoi ressemblera le quotidien ? Le photographe Vincent Fournier répond avec des clichés certes humoristiques, mais qui interpellent notre cortex comme notre limbique.

Réalisé avec le soutien de laboratoires en robotique humanoïde au Japon et en Espagne, le projet « The Man Machine » pose la question d’une évolution possible des créatures artificielles, robots et autres avatars, dans notre vie quotidienne. « Il s’agit de fictions spéculatives qui montrent des instantanés de tous les jours où le robot apparaît au même titre qu’un humain. Mes photographies sont des reconstitutions réalistes de scènes ordinaires : au travail, à la maison, dans la rue, pendant des loisirs », explique sur son site l’artiste parisien, né à Ouagadougou.

Trop d’humain tue le robot

« J’ai cherché ainsi à créer un équilibre entre le spectateur et le robot, entre un processus d’identification et de distanciation. Le développement actuel des créatures artificielles dans notre société pose la question fascinante et inquiétante de l’acceptabilité sociale de ces changements. L’accélération des évolutions technologiques et leur convergence laisse augurer d’avancées importantes dans les années à venir », poursuit Vincent Founier. La digression nous rappelle que cette idée est plus ou moins abordée dans « La vallée de l’étranger » du japonais Masahiro Mori. De quoi s’agit-il ? Selon le roboticien et professeur à l’université de Tokyo, plus un robot androïde ressemble à un être humain, plus ses défauts nous paraissent exacerbés et ses imperfections monstrueuses. Publié à l’origine dans le lire « Past Forward », « The Man Machine » a aussi été exposé à la galerie Ravestijn, à Amsterdam.

Alors, faut-il avoir peur des robots ou pas ? La série à succès de Arte « Real Humans » apporte aussi son écot. Dans sa saison 2, elle montre les enjeux d’une cohabitation entre créatures artificielles et êtres humains, dans une société où l’intelligence robotique et les algorithmes sont de plus en plus présents dans notre quotidien.

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

La rédaction

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