26 janvier 2021

Temps de lecture : 4 min

Les résolutions de la classe moyenne : « un jour, arriver au zéro déchet »

530 Français des classes moyennes ont échangé avec FreeThinking, tout au long de 2020. Récits de vie, émotions, préoccupations, attentes, exigences, résolutions… Qu’ont-ils à nous dire de 2020, et surtout pour 2021 ? Le laboratoire d’études communautaires de Publicis a observé 10 grandes résolutions. Zoom sur la septième.

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Comment la classe moyenne va t-elle agir en 2021? FreeThinking* l’a interrogée et a radioscopé 10 résolutions parmi celles qui lui ont semblé les plus importantes. INfluencia a publié la première lundi 18: « Consommer Somewhere (dans la mesure de mes moyens) », la deuxième mardi 19: « pensez aux autres », la troisième mercredi 20: « Soutenir mes petits commerçants », la quatrième jeudi 21: «prendre soin de ma santé et de celle de mes proches, dans mes actes quotidiens », la cinquième lundi 25 : « Redécouvrir les petits bonheurs de la vie normale ». , la sixième le mardi 26: « Garder la bonne habitude de consommer détox ». Voici la numéro 7: « Un jour, arriver au zéro déchet » .

On ne pourra plus dire que l’on ne savait pas. Les Français sollicités par Free Thinking se montrent à la fois fascinés et effrayés devant la vitesse à laquelle la Nature a retrouvé sa place en période de confinement. Partout, en France et dans le monde, et de façon encore plus frappante dans les villes, des animaux plus visibles, des oiseaux plus sonores, un ciel plus dégagé de jour comme de nuit, un air plus respirable, moins de bruit, plus de calme. C’est la preuve irréfutable, s’il en fallait une, que la planète respire mieux dès lors que l’Homme freine sa consommation, réduit sa production industrielle, limite son trafic routier. Les interviewés par l’Observatoire des Classes Moyennes en ont bien conscience, comme le montre ce témoignage » : « Je pense que nous sommes nombreux à vouloir garder nos bonnes habitudes du confinement comme privilégier les producteurs locaux et leurs produits plus chers certes mais tellement plus qualitatifs. Mais aussi moins utiliser nos véhicules (quand c’est possible) comme nous le faisions pendant ce confinement… Voir toute cette pollution réduite dans les grandes villes ça fait tellement rêver ! Plus de télétravail aussi pour que les individus se déplacent moins. J’espère que l’environnement sera une des priorités du gouvernement et de tous les individus… L’avenir de notre planète en dépend ! ».

« Cette leçon « grandeur nature » au sens littéral du terme cristallise un nouvel imaginaire qui est en fait un nouveau panthéisme, autour d’une Nature sacralisée et personnifiée », souligne Véronqiue Langlois, directrice générale associée de Freethinking. L’être humain doit changer pour éviter l’apparition de nouvelles épidémies. Il doit ralentir pour laisser la faune et la flore mieux respirer et apprendre à vivre sans laisser de trace, tant pour réparer les dégâts du passé que pour effacer, ou au moins cesser de creuser, la dette écologique pour les futures générations. Pour s’effacer, en un sens.

Agir oui, mais comment ? Déconstruire ce qui peut et doit l’être.

« L’engagement environnemental est pour eux un engagement du quotidien : une écologie pragmatique, de tous les jours, dont la mise en place doit à leurs yeux être accélérée. Trier, recycler, chasser le gaspillage, diminuer le plastique, acheter en vrac, privilégier le local et les circuits courts, réfléchir à ce qui est essentiel. C’est surtout une démarche forte, impulsée pour certains par la prise de conscience opérée pendant les confinements : celle de déconstruire sa consommation et son mode de vie en questionnant tout ce qui peut l’être, puisque de toute manière tout l’a été, de fait, durant cette période extraordinaire » explique Romain Napierala, consultant chez Freethinking .

Pourquoi bouger, quand la démobilité peut être une solution bénéfique et sûre, un « 0 kilomètre » appliqué aux déplacements, permettant d’éviter le virus tout en réduisant son empreinte carbone et sa facture de carburant ? Pourquoi acheter des fruits et des légumes, quand on peut produire et faire soi-même, dans un « 0 kilomètre » appliqué aux produits frais, permettant d’éviter les sorties courses tout en maîtrisant totalement ce que l’on consomme ? Et même, pourquoi ne pas être en partie son propre fournisseur d’énergie et de ressources, réaliser ainsi des économies et engager une transition environnementale autonome ? Pourquoi ne pas considérer sa maison comme une unité de vie globale, holistique, à la fois lieu de repos, de détente, de loisirs, de rassemblement pour la famille, et de production – puisqu’on a appris pendant la crise qu’elle pouvait, à l’instar de la ferme d’autrefois et moyennant quelques aménagements et une bonne connexion internet, remplir tous ces rôles à la fois ?

Rester lucide.

Entre lucidité et fatalisme, ces Français questionnent cependant la capacité de la société tout entière à opérer un changement et à bâtir un monde plus respectueux de l’environnement. Comme s’il existait un plafond de verre collectif, comme si la relance économique et industrielle continuait de prendre le pas sur les considérations écologiques, comme en témoignent les politiques économiques d’incitation à re-consommer. Comme si notre modèle de société ne se souciait toujours pas assez de la planète et de l’avenir des futures générations.

C’est pourtant avec l’espoir d’un changement de logiciel que les Français abordent 2021 et se tournent vers les acteurs économiques. « Le mantra « on n’a plus le temps de jouer avec la Nature » résonne comme une invitation faite aux entreprises d’accompagner cette démarche de déconstruction et les conséquences qu’elle a sur leurs propres modes de travail, de production, de pensée », conclut Romain Napierala.

Demain, résolution numéro 8 : « apprendre à me débrouiller seul et à faire moi-même ce que je peux… »

* Depuis 2007, FreeThinking (Publicis Media) radioscopie la classe moyenne française. Au total, quatorze ans de conversation et plus de quarante études quali-collaboratives ont été menées, rassemblant près de 5000 Français sur la plateforme fermée Freethinking dans une conversation interactive au long cours. En 2020, FreeThinking a échangé de façon qualitative mais à grande échelle, avec ces 530 Français au cours des trois temps forts de la crise : du 24 mars au 21 mai (étude #ResterChezSoi), du 10 septembre au 12 octobre (#LaRentréeD’Après), et enfin du 4 novembre au 18 décembre (#RetourChezSoi).

Musnik Isabelle

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