16 octobre 2013

Temps de lecture : 2 min

Des requins en cercueil

Pour sensibiliser la population de Shanghai sur les graves dangers environnementaux de la surpêche de requins, Young&Rubicam a concocté une campagne de conscientisation efficace.

Prédateur admiré des océanographes, prisé des plongeurs et craint par le quidam baigneur, le requin est aussi et surtout une énième victime marine de la surpêche. Depuis que cinq de ses familles ont été inscrites en mars 2013 sur la liste des espèces protégées par la Convention sur le commerce international des espèces menacées, la prise de conscience politique et citoyenne gagne du terrain. Même la Chine, premier consommateur mondial de soupe aux ailerons de requin, s’éveille et prend la mesure du problème. La très récente campagne de sensibilisation de Young&Rubicam  Shanghai confirme un changement de pensée entamé à l’été 2012 par le régime lui-même.

Installée dans les rues de la mégalopole chinoise, l’opération d’éveil et de conscientisation de l’agence a été conçue en collaboration avec l’Internationl Fund for Animal Welfare, dont le quartier général est basé à Bruxelles. Le principe est visuellement efficace et dans son ensemble très pédagogique : exposer des cercueils de requin d’où dépassent les ailerons, qui s’ils ne constituent que 2% du corps du prédateur représentent la seule partie qui intéresse l’Empire du milieu. Devant chaque cercueil, une plaque explique ce pernicieux paradoxe et encourage les visiteurs à signer une pétition exigeant l’arrêt total de la consommation d’ailerons. La semaine passée, quelque 50 000 personnes avaient déjà paraphé la requête.

Moins choc que la dernière campagne polémique de Sea Sheperd analysée par INfluencia en mars 2013, l’initiative de Y&R Shanghai réussit quand même son coup. Il faut dire que le contexte est propice. En juillet 2012, les autorités chinoises annonçaient que la soupe préparée à base d’ailerons de requin allait être radiée de tous les dîners et banquets officiels. L’interdiction n’entrera pas en mesure avant encore a priori deux ans, mais le geste est lourd de symboles.

100 millions de tués chaque année

Pour encore mieux comprendre la portée et l’importance de cette annonce et de la campagne de Young&Rubicam, il faut savoir que des nouvelles règles instaurant une régulation plus stricte de la pêche et du commerce de requins, entreront en vigueur en septembre 2014. Les 20 pays qui comptabilisent 80% des prises mondiales ont encore un an pour fixer un volume de prises qui soit compatible avec la survie d’une espèce dont la population est en déclin, en grande partie à cause de la demande asiatique et surtout chinoise.

Le Monde rapportait en juillet dernier que selon la FAO – organisation onusienne pour l’alimentation et l’agriculture, 100 millions de requins sont tués chaque année. Que ce soit via la pêche directe ou bien lors de prises secondaires lorsque d’autres espèces sont visées. Un rapport commandé par la Commission européenne au réseau Traffic – partenariat entre la WWF et l’Union internationale pour la conservation de la nature- met également en garde les pays face à un commerce de 480 millions de dollars annuels aussi opaque que lucratif.

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

La rédaction

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