17 juin 2021

Temps de lecture : 3 min

Rémi Babinet : « cette campagne pour EDF c’est la fée électricité revisitée par notre époque un peu folle »

EDF initie une communication d’un nouveau genre mêlant habilement univers fantastique, un rien flippant et humour au poil. Singulier et parfaitement insightée, son objectif est d’attirer notre attention sur la fée électricité à 97% sans CO2, par Rémi Babinet Directeur Création Monde d’Havas, fondateur de BETC.

INfluencia : La campagne EDF Climat est à la fois fantastique et drôle idem pour celle sur le déménagement, pourquoi ?

Rémi Babinet : cette campagne est l’occasion de parler à des plus jeunes, ceux pour qui EDF est une marque d’énergie comme les autres, voire qui ne la connaissent pas, car ils n’ont pas d’attache particulière en la matière. Fantastique et drôle, c’est une manière de rentrer en résonance avec leur état d’esprit. Et puis on peut parler de choses sérieuses sans se prendre au sérieux, surtout quand on est EDF, à la fois une institution et une marque proche des gens. Et le moment nous a semblé bien choisi pour utiliser cette tonalité : d’une certaine manière nous vivons déjà dans le fantastique, alors pourquoi pas essayer d’être drôle ?

IN. : quel message la marque EDF voulait-elle adresser ?

R.B. : le premier message pour EDF est de dire aux gens que son électricité est produite quasiment sans CO2. Mais aussi de faire le lien avec ce que cela implique pour le climat : moins de CO2, c’est moins d’effet de serre et c’est mieux pour le climat.
Pour EDF ce combat n’est pas coupé du quotidien : cette campagne dit aussi que, quoi qu’il arrive, EDF est avec eux, pour leur déménagement, leurs économies d’énergie, bref pour la vie.

IN. : challenge générationnel entre jeunes enfants et jeunes adultes ? Pourquoi cette cible ?

R .B. : on sait que les jeunes sont hyper sensibles à la question climatique mais le choix de cette situation, entre Eva et Violette, est juste le reflet des discussions familiales ! Ce combat est à tout le monde, même aux enfants, aux jeunes adultes, à nous tous. Et chacun a une partie de la réponse.

IN. : on dit souvent que ce sera aux jeunes générations de résoudre les problèmes de climat que leur ont laissé leurs parents ? Ce film évite de culpabiliser ces jeunes. L’anxiété est-elle telle que l’on doive absolument éviter de les alarmer ?

R.B. : tous ces messages ont déjà été adressés de manière informative. Par l’humour et le décalage, on leur donne une nouvelle chance d’être repérés, entendus, compris. On ne veut culpabiliser personne, on veut créer de l’écoute.

IN. : les sept petites filles sont inspirées du long métrage Seven Sisters film de science-fiction de Tommy Wurkola avec Noomi Rapace dans lequel sept soeurs brillantes sortent de leur prison dorée un jour de la semaine ? Anxiogène, comme référence, non?

R.B. : anxiogène, non ! Un raccourci, oui ! Si c’est une excellente référence visuelle, elle sert ici à montrer la nature de l’investissement des plus jeunes sur ces questions. Oui, Violette fait beaucoup de choses en même temps (calculs, lecture etc) et on aimait bien le contraste avec le côté plus détaché de sa tante. Pour autant, les deux se retrouvent sur le sujet.

IN. : la réalisation est assez particulière entre inquiétante étrangeté, gravité, et humour, comment avez-vous obtenu ce subtil mélange qui décrit bien notre société un peu dystopique?

R.B. : en travaillant beaucoup en amont avec les réalisateurs -et les clients- sur ce que devait être notre personnage, son univers, ses questionnements et son attitude. Eva c’est un peu chacun de nous et nous voulions un personnage qui puisse nous faire écho, nous parler. Et ce, encore une fois, alors que nous traversons tous une période un peu folle. Ces deux films sont les premiers d’une série qui essaie de capter ce tout nouvel esprit d’aujourd’hui.

IN . : comment s’est fait le choix du tandem Réalité?

R.B. : on voulait des gens qui soient dans la génération à laquelle on s’adresse (tandem Réalité représentés par Big), les trentenaires. Des gens capables de gérer la narration et le fantastique. Des gens à la direction artistique soignée. Et capables de tenir une comédie et son casting.

La rédaction

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