10 octobre 2016

Temps de lecture : 2 min

La réduction de la fracture digitale : un impératif humain associé à une opportunité business

Nous sommes rentrés de plein pied dans une révolution technologique qui est en train de changer radicalement presque tous les domaines de nos vies : travail, relations, économies, industries et même des régions entières.

Nous sommes rentrés de plein pied dans une révolution technologique qui est en train de changer radicalement presque tous les domaines de nos vies : travail, relations, économies, industries et même des régions entières.

Nul part cette vérité est plus poignante qu’en Afrique, un continent pour qui les bénéfices des trois révolutions industrielles précédentes sont toujours loin : aujourd’hui encore seulement 40% des Africains ont un approvisionnement énergétique fiable et seulement 20% du continent ont accès à Internet. En effet, même si l’adoption du téléphone mobile a été fulgurante, l’Afrique est nettement derrière le reste du monde en ce qui concerne l’utilisation des plateformes digitales dû notamment au manque d’infrastructures et au prix exorbitant chargé en échange du haut débit par exemple.

Dans les pays développés nous sommes embarqués dans une course à la connectivité. 4G et bientôt 5G sont les mots d’ordre tandis que les géants de la Sillicon Valley parient sur des projets fascinants pour connecter la planète; des projets qui connaissent malheureusement des échecs et des coups d’arrêt. La fracture digitale reste une réalité. Or Internet a le potentiel de faire pour l’Afrique ce que le rail fit pour les économies occidentales au XIX siècle. Ne pas y avoir accès menace l’avenir démocratique, social et économique de ces pays.

L’innovation frugale pour changer le monde ?

Les réseaux 3G et 4G, qui permettent l’utilisation d’internet via une simple interface smartphone, ne couvrent pas l’ensemble du continent africain ni du monde. Le réseau 2G, lui, couvre presque 95% de la planète. Ce constat est à la base des recherches de quelques start-up dont la jeune pousse française, Be-Bound. Ces dernières s’inspirent des principes de l’innovation frugale, les mêmes qui ont, par exemple, poussé Renault à lancer en 2004 la Logan, voiture low-cost, et à développer ensuite toute une nouvelle ligne de produits d’entrée de gamme sous la marque Dacia qui a connu par la suite un succès phénoménal.

L’innovation frugale cherche à créer significativement plus d’opportunités business et de valeur sociale en réduisant de manière drastique l’investissement en ressources (énergie), capital et temps. Si elle a été adoptée par des entreprises pionnières comme Renault ou Unilever, elle est jusqu’à date, négligée dans le secteur de l’internet mobile. Or l’optimisation des réseaux peut contribuer à réduire la fracture numérique maintenant. En assurant la connexion à l’internet mobile même lorsque seulement le réseau 2G-SMS est disponible, opérateurs et institutions ont la possibilité de couvrir un espace beaucoup plus vaste que les réseaux 3G ou 4G et donc de sortir ces quelques 4 milliards de personnes du « néant » numérique (60% de la population mondiale).

D’un point de vue business, on parle d’une opportunité incroyable pour des opérateurs téléphoniques comme Free, Orange ou encore Bouygues auxquels s’ouvre un marché de plus de 4 milliards de consommateurs potentiels ! Il s’agit également de créer un véritable écosystème digital où les développeurs de ces pays puissent produire des applications et des solutions adaptées aux besoins et spécificités locaux, capables de fonctionner partout et en toute circonstance. C’est faire mieux avec moins. En Europe, en Afrique, partout, il est temps de s’inspirer plus des principes de l’innovation frugale afin d’apporter à la société plus de valeur, plus rapidement et à moindre coût en termes de ressources.

La rédaction

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