17 mars 2016

Temps de lecture : 4 min

Qui sont les meilleurs éditeurs d’applications ?

Le business mondial des applications se porte bien. Merci pour lui ! Le classement 2015 réalisé par App Annie révèle un marché puissant où règne en maître incontesté 10 des plus gros acteurs de cette économie…

Le business mondial des applications se porte bien. Merci pour lui ! Le classement 2015 réalisé par App Annie révèle un marché puissant où règne en maître incontesté 10 des plus gros acteurs de cette économie…

Elles régissent nos vies, nous divertissent et nous « avoinent » de notifications à longueur de journée. Elles captent notre attention et nos données et ont absolument tout compris de ce qu’elles pouvaient tirer de l’audience. Et pourtant très peu de personnes ont une vision même succincte de ce marché. Certes, on connait l’App Stores et Google Play mais passé l’activité des deux plus grosses boutiques en ligne, on ne sait pas, hormis les initiés, qui sont les principaux acteurs de cet univers.

App Annie, fournisseur de données sur l’app économie vient de livrer son classement annuel des plus importants éditeurs mondiaux. Le palmarès comprend les 52 acteurs ayant réalisé le plus gros chiffre d’affaires sur l’APP Store IOS et Google Play. Cela incorpore les téléchargements payants et les achats intégrés sur les deux interfaces. Premier constat : l’Asie de l’est est le taulier de ce marché ! 28 des 52 premiers sont des éditeurs provenant de Chine, du Japon et de la Corée du Sud. Mais le champion des champions est le studio finlandais, Supercell, qui a entre autres sorti Boom Beach ou Clash of Clans. En deuxième position, on retrouve les anglais de King et son monde magique composé de Candy Crush, Pet Rescue ou encore Bubble Witch ! Ces applications font aussi parties de cette nouvelle génération d’annonceurs qui dynamisent le marché publicitaire. Côté français, Gameloft est à la vingt-quatrième place des cadors du secteur.

Malgré un trust des plus gros dans le Top 10, le classement note aussi l’arrivée de nouveaux entrants qui pourraient amener une forme de monétisation différente du jeux. Spotify, Pandora ou bien encore Tinder, OKCupid Dating et Match.com illustrent bien ce changement où les services d’écoutes en streaming et de rencontres en ligne apportent un autre modèle économique où les achats intégrés et la monétisation par abonnement rencontre un franc succès. Olivier Bernard, VP EMEA Russia chez App Annie, livre ses impressions sur un marché en très très bonne santé qui représente plus de 3 millions de développeurs dans le monde, 30 milliards de dollars en 2014 et selon Nielsen, 200 milliards de dollars en 2020…

INfluencia : malgré une stabilité dans le Top 10, vous notez l’arrivée de nouveaux entrants comme Spotify ou Tinder. Que peuvent amener au marché ces nouveaux acteurs?

Olivier Bernard : selon notre retrospective 2015, il est évident qu’il y a de nombreuses opportunités dans l’app économie pour les apps hors jeux. Alors que les revenus générés par la catégorie Jeux sont largement supérieurs sur la période observée, le chiffre d’affaires généré par les apps hors jeux va quadrupler entre 2015 et 2020, représentant plus de 25% des dépenses sur les app stores.

Le temps passé sur les apps de loisirs, incluant les apps de streaming musical, a augmenté. Celui consacré aux apps de réseaux sociaux, de shopping et de transport, laisse entrevoir que la publicité et le shopping auront une place significative au sein de l’écosystème des applications, au-delà des 101 milliards de dollars de ventes que nous prévoyons sur les stores. Les opportunités de découverte des apps sont plus importantes en raison des nombreuses fonctionnalités des apps de réseaux sociaux. Par exemple, si une app comprend une fonction de partage de contenu au sein d’une communauté, cela devient plus facile. Ainsi, la raison même de l’existence de Tinder est sociale.

L’app Spotify, quant à elle, permet notamment de partager ses playlists et de suivre celles des autres utilisateurs -et le nouveau partenariat avec Facebook Messenger va permettre de partager des morceaux de musique encore plus facilement. Habituellement, il n’est pas facile de découvrir de nouvelles apps dans les apps stores, or ajouter des éléments sociaux dans les apps augmentent les chances de toucher de nouveaux utilisateurs.

IN : comment évoluent les modes de monétisations ?

O.B. : on peut noter plusieurs tendances concernant les modes de monétisation des apps :

– les apps sont développées en série, une véritable marque est créée autour d’une app.

– la publicité in-app est de plus en plus ciblée, grâce notamment à la géolocalisation.

– les apps, au niveau mondial, sont localisées selon les pays, afin de répondre au mieux aux habitudes de dépenses de chaque culture. Pas exemple, WeChat en Chine est très animée et les utilisateurs peuvent acheter des stickers. En Occident, cependant, celle-ci a une expérience utilisateur bien plus simplifiée.

– de plus en plus, un service d’abonnement plus sophistiqué basé sur les apps est mis en place, permettant de maintenir la monétisation d’une app indépendamment des achats in-app.

IN : les apps rencontrent un franc succès grâce aux achats intégrés et aux nouveaux modèles de monétisation par abonnement. Cela va t-il perdurer ou d’autres modèles vont-ils voir le jour ?

O.B. :  cela dépend du type d’application et nécessite une expérience « sans friction » pour l’utilisateur. Ainsi l’usager doit toujours être dirigé vers l’application pour réaliser une action, sans avoir besoin de rechercher une information complémentaire. En outre, la concurrence guidera toujours la manière dont les applications évoluent sur le marché. Cependant, s’il est nécessaire de payer pour un service fiable, les utilisateurs le feront. Et pour finir, les apps tendent à se rapprocher d’autres apps à travers des partenariats afin de répondre au mieux au besoin d’un consommateur. Par exemple, une app de recettes de cuisine va rediriger les utilisateurs vers Ocado pour qu’ils achètent directement les ingrédients nécessaires.

Clouzard Gaël

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