20 juillet 2015

Temps de lecture : 4 min

Prévention : comment parler de sexe aux jeunes sans les « saouler » ?

Pour beaucoup de jeunes « la première fois » en matière de rapport sexuel est loin d’être anodine. Pas facile d’en parler. Or qui de mieux que les jeunes pour en parler aux jeunes ? C’est en partant de cette évidence que l’INPES a imaginé autour du site « onsexprime.fr », une campagne interactive qui s’appuie sur de jeunes talents du Web. Ses objectifs : témoigner, échanger, informer sans tabous. Pour prévenir, faire gagner en autonomie et offrir une entrée positive dans la vie sexuelle.

Pour beaucoup de jeunes « la première fois » en matière de rapport sexuel est loin d’être anodine. Pas facile d’en parler. Or qui mieux que les jeunes peuvent en parler aux jeunes ? C’est en partant de cette évidence que l’INPES a imaginé autour du site « onsexprime.fr », une campagne interactive qui s’appuie sur de jeunes talents du Web. Ses objectifs : témoigner, échanger, informer sans tabous. Pour prévenir, faire gagner en autonomie et offrir une entrée positive dans la vie sexuelle.

La sémillante chanson : « L’été s’ra chaud, l’été s’ra chaud, dans les T-shirt, dans les maillots… », d’Eric Charden, le mythique film : « A nous les petites Anglaises » ou plusieurs autres œuvres légères ou non, montrent bien que de tout temps, la saison estivale est celle des promesses concrétisées et des premières fois… tellement libératrices pour les jeunes, les adolescents et même les adulescents ou les étudiants ! Avec au programme des émois : découverte de son corps, premier baiser, premier rapport, premières caresses… Et évidement autant de questions qui s’imposent alimentées par des idées reçues (passage obligé pour certains sous la pression sociale de ses pairs, quête de performance pour d’autres…) et de nombreux fantasmes à déconstruire. Ou soulevant des points encore plus ténus (pilule, préservatif, tests…), sans savoir vraiment vers qui se tourner pour obtenir les réponses les plus fiables, évacuer de nombreuses peurs sans paraître ridicule ou être jugé.

De plus, si l’âge moyen des premiers rapports sexuels reste stable, depuis des années, à 17 ans et demi (*), souvent cette étape s’effectue sans aucune protection. Non seulement parce que les jeunes sont persuadés d’avoir la vie devant eux mais aussi parce qu’ils font fi des conseils un peu vieux jeu, ridicules ou gênés de leurs aînés. Qui en jouant les moralisateurs ou en adoptant un vocabulaire de « djeune » et du coup ringard, s’y prennent décidément mal. Pourtant hors de question pour l’INPES, de laisser cette population à risque seule face aux dangers et de ne pas lui permettre d’avoir une vision rassurante de la sexualité ni de lui faire comprendre que la prévention, c’est aussi une question de respect de soi et de l’autre. Et faire en sorte ainsi à plus longue échéance que ces premières expériences sexuelles soient déterminantes dans l’adoption de comportements plus pérennes et favorables à la santé. Or rien de mieux que de passer par un jeune et d’utiliser ses canaux de communication pour s’adresser à un jeune. Ainsi l’institut a lancé le 16 juillet, sur Onsexprime.fr -son site né en 2009 et consacré à la sexualité des jeunes- une campagne au long cours sur le Web. Son thème, bien sûr : les premières fois.

6 jeunes influenceurs mobilisés pour aborder sans détours « les premières fois »

Après un teaser collaboratif amorcé dès le 2 juillet, la deuxième phase de cette campagne signée : « De vraies questions-De vraies réponses : rendez-vous sur onsexprime.fr », a été lancée le 16 juillet à 18 heures, sous la forme d’une émission d’une heure diffusée en direct sur la chaîne Dailymotion Onsexprime et pilotée par The StoryLab. Sur le plateau : deux présentateurs, Emilie Picch animatrice radio (Virgin Tonic) et co-créatrice du site www.morues.com et Éric Mendès, chauffeur de salle sur l’émission Touche pas à mon poste (D8) et animateur d’une émission de libre antenne sur radio VL, et 6 e-influenceurs très suivis par les adolescents. Ainsi, Jeremstar, Léa jenesuispasjolie, Salomé jet’aime, Tonio Life, Aziatomic et MademoiselleXgloria, soumis aux questions des internautes et du public présent sur le plateau, ont apporté leurs témoignages, partagé leurs expériences et discuté sans détours des premières expériences en matière de sexualité.

Une conversation qui va se poursuivre pendant les 8 prochaines semaines. Grâce aux jeunes blogueurs qui continueront à parler -via des posts, des vidéos ou des chats- des premières fois avec leur communauté respectives sur les réseaux sociaux ou leurs blogs avec comme mission première : inciter leurs jeunes interlocuteurs à se rendre sur Onsexprime.fr à la moindre interrogation pour plutôt se poser les bonnes questions…. bref prendre du recul !

En complément et pour inciter à consulter spontanément le site d’information lui même ludique, sans fausse pudeur ni au ton culpabilisant (**), 5 bannières aux illustrations pleine d’humour et « décomplexantes » seront diffusées sur le web du 17 juillet au 30 septembre reprenant cinq grandes préoccupations des adolescents autour des premières expériences : « La taille du sexe, c’est important pour qui ? », « Si j’ai des capotes sur moi, ça veut dire que je suis une fille facile ? », « Si je suis bourré(e) est-ce que j’ai plus de chance de kiffer ? », « Et si je foire ma première fois, c’est dead pour la vie ? », « La première fois, c’est vrai qu’on risque rien ? ».

8 semaines pour se poser les bonnes questions et prendre du recul sur la sexualité

En allant sur les réseaux sociaux, en passant par des jeunes talents du web et en mettant à disposition des outils interactifs (en plus des médias traditionnels) qui proposent des contenus sans tabous à des interrogations courantes (l’anatomie, les MST, le plaisir, les sentiments, l’orientation sexuelle, les violences, l’égalité, la contraception…), l’INPES tient peut-être le filon pour s’adresser enfin aux jeunes avec succès. Mieux, en utilisant à si bon escient le marketing et internet et en adoptant un langage qui va au-delà des seules questions de santé, il devrait pouvoir faire avec pertinence son travail de prévention et d’éducation pour la santé. Car avec ce dispositif il sort du cadre institutionnel et plus que de délivrer un message rébarbatif, il incite à gagner en autonomie et à faire son choix de bonne santé en connaissance de cause. Et donc à se construire dès le plus jeune âge ou à faire évoluer en profondeur son comportement de manière connivente, sans vulgarité et sans honte, si on est plus âgé. La progression de la fréquentation sur le site sera un premier indicateur de l’efficacité de cette opération conçue par Carat et l’agence digitale, Isobar. Rendez vous fin septembre.

(*) Source : Beck F., Guilbert P., Gautier A. Baromètre santé 2005, Saint Denis : Inpes, 2007 : 574 p.
(**) Animé par des médecins, psychologues, sexologues et des experts du Planning familial-MFPF, Ligne Azur, Fil Santé Jeunes, Crips, Ireps, enseignants…

Berthier Florence

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