28 mars 2021

Temps de lecture : 2 min

Pourquoi Lonsdale se lance dans le consulting…

Du design au consulting, il n’y a qu’un pas que Lonsdale vient de franchir. La célèbre agence de branding et de design fondée en 1961 a lancé l’an dernier une toute nouvelle activité de conseil. Les deux associés en charge de cette équipe de quinze personnes, Françoise Novel et Marc-André Allard, nous expliquent pourquoi cette « diversification » est apparue comme une évidence pour leur employeur.

INfluencia : pourquoi l’agence Lonsdale a t-elle décidé de se lancer dans le consulting ?

Françoise Novel : j’ai travaillé pendant vingt ans dans des grandes entreprises avant de créer trois startups et de rejoindre des groupes de design anglo-saxons. Au fil des années, j’ai réalisé que les briefs envoyés par les clients n’étaient pas intelligibles pour les agences de design. Il y avait un maillon manquant. Leurs demandes n’étaient pas assez précises et elles ne prenaient pas en compte la vision des consommateurs qui représente l’ADN même des agences de design.

Marc-André Allard : j’ai fait exactement le même constat durant ma carrière. Après plusieurs années passées dans des cabinets d’étude, j’ai fondé chez Dragon Rouge, DR Innovation qui était une agence de conseil spécialisée en insight, innovation et stratégie. J’ai vite rencontré des soucis car l’entreprise fonctionnait trop en silos et j’ai rejoint Lonsdale il y a trois ans. Notre objectif est de travailler main dans la main avec tous les départements de l’agence.

IN : comment fonctionne votre modèle ?

F.N. : nous travaillons en petite équipe de pilotage chez nos clients sur des formats courts qui durent rarement plus de six ou huit mois car nous avons réalisé que ces délais serrés nous permettent d’avoir des résultats plus probants.

M.-A. A. : Nous travaillons beaucoup en amont avec nos clients afin de nous assurer de bien comprendre leurs demandes et nous réunissons ensuite autour d’une table tous les experts de l’agence qui peuvent contribuer à obtenir le résultat recherché par notre mission. Nous nous considérons comme une plateforme d’experts qui compose une équipe projet aux services de nos clients. Nous sommes ainsi présents en amont et en aval des métiers traditionnels du design.

IN : qui sont vos clients ?

F.N. : nous travaillons bien évidemment avec des clients historiques de l’agence mais nous sommes également proactifs en allant chercher des prospects. Nous avons ainsi, par exemple, estimé que le marché visant les 60 ans actifs avait un énorme potentiel. Nous avons en conséquence contacté des acteurs du real estate, du commerce et de la mobilité pour parler de ce sujet. L’idée est de co-créer du business en réunissant des entreprises qui ont des expertises différentes.

M.-A. A. : en prospectant de nouveaux clients, nous cherchons de nouvelles missions et des types de revenus différents. Notre activité nous permet, par ailleurs, de discuter avec des interlocuteurs comme des DG ou des directeurs de l’innovation qui n’ont pas l’habitude, normalement, d’échanger avec des agences de design.

IN : ne rencontrez-vous aucune résistance chez vos prospects qui peuvent s’étonner de votre diversification dans le consulting ?

F.N. : Aucunement. Notre passé avec Marc-André nous permet d’avoir des références importantes à présenter à nos prospects. Nous avons déjà collaboré ces dernières années avec de nombreux secteurs différents comme l’automobile, les services, les transports, la ville ou l’industrie alimentaire. Et puis dès qu’on parle de valeurs commerciales et économiques à des équipes dirigeantes en entreprise, il n’est pas très difficile de retenir leur attention.

IN : en interne, votre arrivée a t-elle été bien acceptée ?

M.-A. A. : Je voulais absolument ne pas reproduire le modèle de silos que j’avais connu dans le passé. Quand j’ai lancé cette activité, j’étais seul et nous sommes maintenant quinze. Les projets que nous avons décrochés ont permis de faire comprendre à tous les collaborateurs de l’agence que notre objectif était de développer le business pour l’ensemble de la société et non pas uniquement pour notre activité.

Therin Frédéric

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