1 novembre 2020

Temps de lecture : 2 min

Pourquoi Frédéric Oudéa, patron de la Société Générale s’est mis au Python, le langage des data scientists

Lors d’une conférence de presse en ligne, Frédéric Oudéa, le Directeur Général de la Société Générale a expliqué qu’il prenait des cours de python, un des langages informatiques utilisés par les data scientists... Dans sa lignée, les PDG vont-ils devoir se mettre à coder s’ils veulent mener à bien la transformation digitale de leur entreprise ?

Lors d’une conférence de presse en ligne, Frédéric Oudéa, le Directeur Général de la Société Générale a expliqué qu’il prenait des cours de python, un des langages informatiques utilisés par les data scientists… Dans sa lignée, les PDG vont-ils devoir se mettre à coder s’ils veulent mener à bien la transformation digitale de leur entreprise ?

“Je considère que j’ai un rôle à jouer en tant que CEO : je dois montrer l’exemple” expliquait Frédéric Oudéa, en réponse aux questions de Gilles Babinet au sujet de la transformation de la Société Générale… Un devoir d’exemplarité qui a conduit ce polytechnicien de formation à reprendre des cours, afin d’apprendre à coder en python. Le dirigeant du groupe bancaire le reconnaît lui-même : “je ne serai jamais un très grand joueur de python, mais le but n’est pas que je le devienne. Le but, c’est que je comprenne ce que ça veut dire, par rapport à ce que je faisais il y a trente ans en matière de code”.

Ce virage tech, impulsé par le DG – qui supervise d’ailleurs désormais en direct l’informatique dans le cadre de la nouvelle organisation du groupe – doit désormais se déployer dans toute l’entreprise. “La vraie concurrence de demain, elle est plutôt dans les GAFAM ou peut-être un jours dans les Ant Financial [le groupe financier chinois issu d’Alibaba] de ce monde, qui ont des capacités d’investissement considérables” estime le dirigeant.

“Pas de sujet tabou”

Pour réagir à cette nouvelle concurrence, le groupe entend donc devenir plus agile et accélérer dans l’innovation. “On essaye d’aller le plus vite possible, sans sujet tabou. Nous sommes prêts à accepter intellectuellement – nous l’avons fait depuis plus de dix ans maintenant – le fait qu’il y a de nouveaux business models”. Et de citer les exemples de sa filiale Boursorama (2,5 millions de clients en 2020, avec l’objectif d’atteindre entre 4 et 5 millions en 2025) ou de Shine, fintech française acquise en juin 2020, positionnée sur le marché des professionnels, destinée à devenir “le Boursorama des pros dans cinq ans”.

La démarche de transformation du groupe est pourtant loin d’être nouvelle. Depuis plusieurs années, la Société Générale multiplie en effet les initiatives : formations, recrutements, acquisitions de fintech (Shine, Treezor, Lumo, Fiduceo), développement de startups en interne (Moonshot, Prismea, Forge…), investissements en direct dans des startups ou via des fonds d’investissement… Sans oublier les investissements dans le numérique : 4,4 milliards d’euros étaient consacrés à l’informatique en 2020.

Une révolution culturelle

“C’est un engagement dans la durée. Nous avons la conviction que cette trajectoire de transformation ne peut pas se faire en deux ou trois trimestres : elle exige beaucoup de cohérence dans la durée”. Mais au-delà des investissements dans les infrastructures et l’innovation, “comment faire afin que tout le monde bascule dans ce nouveau monde, dans cette nouvelle manière de penser la façon de servir les clients et de fonctionner en interne ?” se demande Frédéric Oudéa.

Pour lui, le changement à opérer est autant technologique que culturel. Il doit débuter au plus haut niveau de l’organisation : “l’informatique et cette nouvelle culture sont au coeur du succès futur, donc je m’en occupe très en direct […] Je dois montrer qu’on peut tous basculer dans ce monde.” Après les “learning expeditions” dans la Silicon Valley, l’Open Innovation et la collaboration avec les startups, l’apprentissage du code sera-t-il la nouvelle case à cocher dans les grands groupes en voie de transformation ? Pourquoi s’y résoudre seulement maintenant ? N’est-ce pas finalement une initiative, déjà has been? Un conseil, démarrez directement sur Python 2 ou 3, de préférence 3… Les versions précédentes sont obsolètes…

Zante Benoit

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