14 septembre 2023

Temps de lecture : 3 min

Pour faire du clic et devenir millionnaire, rien ne vaut le charity porn…

MrBeast est devenu devenu le plus gros YouTubeur au monde en faisant des cadeaux géants aux plus démunis. Ou comment faire de l’argent en donnant aux autres...

Le « charity porn » est un busines juteux sur les réseaux sociaux. Demandez donc à MrBeast

Cet américain de 25 ans, qui s’appelle en réalité Jimmy Donaldson, est devenu le plus gros YouTubeur au monde, en donnant de très grosses sommes d’argent aux plus démunis. Ce vidéaste et entrepreneur demande ainsi fréquemment à ses 182… millions d’abonnés de visionner ses vidéos pour l’aider à financer ses « bonnes actions ».

MrBeast a notamment payé une intervention chirurgicale de la cataracte à un millier de personnes. La vidéo de cette campagne, intitulée « 1000 personnes aveugles voient pour la première fois », a été regardée plus de 158 millions de fois. Le film montrant 1000 malentendants entendre les sons autour d’eux grâce à la pose d’implants auditifs a, lui, été vu à 114 millions de reprises. La séquence durant laquelle 2000 amputés parviennent à remarcher grâce à des prothèses payées par le YouTubeur a, quant à elle, été visionnée à 20 millions de reprises. Dans sa vidéo la plus virale, avec plus de 495 millions de vues, l’influenceur a recréé la série à succès de Netflix « Squid Game » pour donner à un gagnant la possibilité de remporter 456.000 dollars. Contrairement à la série télévisée fictive, personne n’a été blessé dans la version de Jimmy Donaldson. Ce jeu a toutefois coûté la bagatelle de 3,5 millions de dollars à mettre en place, soit plus cher qu’un épisode produit par Netflix !

Une Lambo dans la déchiquetteuse

MrBeast affirme que ces campagnes ne lui rapportent pas d’argent. Ses vidéos, qui montrent une Lamborghini réduite en morceaux par une déchiqueteuse ou un bus scolaire écrasé par un tuyau métallique, seraient nettement plus « rentables ».

Le jeune homme n’a, de toute façon, pas de quoi se plaindre. Sa fortune personnelle dépasserait en effet les 120 millions de dollars et ses revenus mensuels seraient supérieurs à 3 millions de dollars. Le porno a toujours été un bon business. Le « charity porn » semble l’être également…

Bon ou pas bon?

Les avis concernant cette « philanthropie online » sont très partagés. Certains experts saluent plutôt ce genre d’initiative. Interrogé par CBC Radio au Canada, Eddy Hogg, qui est maître de conférences en politique sociale à l’Université du Kent au Royaume-Uni estime que ces vidéos caritatives ne sont que la continuation de ce qui s’est fait dans le passé, sauf qu’aujourd’hui, ces événements utilisent le modèle de YouTube axé sur l’engagement. Ces films suivent « la longue tradition des téléthons caritatifs, souligne cet expert. L’idée étant que les célébrités encouragent les gens à donner pour des causes, souvent de manière assez spectaculaire, que ce soit en s’asseyant dans une baignoire remplie de fèves au lard ou en sautant d’un avion ». La seule différence notable avec les téléthons est que les vidéos virales permettent aux influenceurs d’amasser de véritables petites fortunes tout en donnant à une bonne cause. « Les choses importantes et spectaculaires que MrBeast fait, c’est du bon contenu sur YouTube et il peut ensuite utiliser ce contenu pour gagner de l’argent en utilisant les algorithmes de YouTube pour faire de la philanthropie plus spectaculaire. »

Des polémiques inutiles?

Certains internautes critiquent ce mélange des genres. D’autres se demandent pourquoi les influenceurs ne dénoncent pas les systèmes de santé défaillants de certains pays au lieu de faire des « cadeaux » à une poignée de malades pour générer des « clics » et de l’argent. Un vrai-faux problème ? Sur BBC Newsbeat, le président de la Fédération nationale des aveugles du Royaume-Uni, Andrew Hodgson, n’a pas hésité à défendre MrBeast. « Tout ce qui met en lumière des maladies oculaires traitables comme la cataracte et permet de financer des opérations chirurgicales pour restaurer la vue doit être salué, juge-t-il. Pourquoi quelqu’un critiquerait-il ce travail et la sensibilisation à cette maladie par le biais de films et de réseaux sociaux ? » Une porte-parole de Sightsavers, une organisation caritative internationale, estimait, elle aussi, qu’il était bon « de voir le sujet du fardeau mondial de la santé oculaire soulevé auprès d’un large public ». Et vous, quel est votre avis sur la question ?

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