17 mai 2021

Temps de lecture : 4 min

Pierre-Emmanuel Cros (Mobile Marketing Association) : « sous nos yeux naît certainement une nouvelle civilisation »

5 milliards d’utilisateurs dans le monde, plus de 70% des connexions à internet, 7 milliards de sms… le mobile est non seulement un outil mais aussi un fait social. INfluencia y consacre son prochain numéro avec la Mobile Marketing Association. Entretien avec son président Pierre-Emmanuel Cros.

INfluencia : la Mobile Marketing Association propose cette année une nouvelle ligne éditoriale, quelle est-elle?

Pierre-Emmanuel Cros : la Mobile Marketing Association produit un grand nombre de contenus et d’évènements pour ses adhérents et pour le marché : des cartographies comme la dernière en date sur le Retail Media, des baromètres comme celui du Messaging Mobile 2020 que nous avons publié il y a peu et des évènements tels nos Petits Déjeuners thématiques organisés tout au long de l’année par nos commissions Publicité, Messaging, Expérience Mobile ou Commerce.

Face à ce fait social total qu’est devenu le Mobile ou plutôt ce que nous en faisons, il nous a paru essentiel de proposer une nouvelle ligne éditoriale plus transversale, prospective et tournée d’abord vers les annonceurs. Mobile Culture est un programme composé d’une Revue en partenariat avec INfluencia et des émissions web autour de thèmes piliers de la Mobile Culture. Le Retail et ses nouveaux leviers d’activation, le local et les stratégies de proximité des marques où le mobile est central, le retour du son et l’avènement des podcast, la data, la créativité, la mobilité où notre mobile est notre outil de déplacement ou de commande à distance, les réseaux sociaux ou encore le gaming sont tous des pans de cette nouvelle culture numérique embarquée dans ce device. Nous pourrons aller encore plus loin pour découvrir autant d’univers qui portent des modèles économiques d’entreprises créatrices d’emplois : le bien-être ou le fitness, la rencontre, le paiement, les “smart cities”…

IN. : vous êtes le partenaire de la revue 36 d’INfluencia et vous avez intitulé votre cahier spécial « la mobile culture ». Comment décririez- vous cette culture?

P-E. C. : pour être qualifié de fait social, un phénomène doit être “suffisamment fréquent dans notre société pour être dit régulier et suffisamment étendu pour être qualifié de collectif”. Il me semble que nous y sommes. Il y a plus de 5 milliards d’utilisateurs de mobile dans le monde et plus de 70% des connexions à internet se font depuis ce device. Comme je le disais plus haut, des pans entiers de notre quotidien, de nos usages voient leur centre de gravité se reposer sur le mobile. Nous l’utilisons pour tout faire : s’informer, se divertir, travailler, se rencontrer, se déplacer et même manger désormais ! Il est notre “outil” du quotidien. Il est “ce qui permet de faire”, nous comprenons aisément la place qu’a prise le mobile dans nos vies ! A partir de là, il est évident de considérer qu’une véritable culture se développe autour de cette “ fenêtre sur le monde”, notre smartphone. Il s’agit d’une culture numérique d’abord bien entendu puisque “le smartphone est un condensé de la vie numérique” mais cela va bien au-delà. Je dirais que sous nos yeux naît certainement une nouvelle civilisation.

IN. : pouvez-vous nous donner quelques chiffres majeurs sur les usages du mobile pour les individus?

P-E. C. : oui, sur le mode d’Edouard Levé dans son livre Autoportrait:

– Moins de 2% des membres de Facebook consultent le réseau social uniquement sur un écran d’ordinateur. Pareil pour tous les réseaux sociaux.
– Plus de 70% des connexions à internet se font depuis un téléphone portable.
– Une augmentation de 5% du taux d’équipement en terminaux mobiles créerait une augmentation de 1 % du PIB en Afrique.
– 60% des emails sont ouverts sur un mobile.
– La barre des 7 milliards de sms a été franchie en 2020 soit près de 1 par être humain.
– Le mobile est utilisé par toutes les tranches d’âges et toutes les catégories socioprofessionnelles tout comme la télévision !
– Selon la Recording Industry Association of America, le streaming représente à lui seul 79% des 11,1 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année 2019 aux US.
– En 2020, nous avons passé 296 milliards d’heures à nous divertir sur des jeux mobiles.

Ces chiffres et bien d’autres encore tout aussi impressionnants sont à retrouver dans notre revue consultable sur le site mobileculture.fr

IN. : quelle est la situation du paiement par mobile aujourd’hui?

P-E. C. : il a connu un boom avec la pandémie en raison notamment de sa nature sans contact mais aussi grâce à l’augmentation continue des équipements, des services offerts par les banques, de sa bonne image (sécurité / praticité) et des “super apps” qui embarquent des solutions de fidélisation comme Lyf ou Stocard pour ne citer qu’elles. Toutes ces données ainsi que l’ensemble des données de l’écosystème seront publiées dans notre Baromètre du Marketing Mobile fin mai. Cette année nous le rendrons interactif et consultable sur le site de l’association. Il sera mis à jour semestriellement pour suivre les évolutions rapides de notre écosystème.

IN. : comment la publicité sur mobile a-t-elle évolué?

P-E. C. : les audiences sont sur mobile. Les annonceurs et les agences l’ont bien compris. La publicité sur mobile évolue rapidement et voit ses parts de marché croître plus vite que la croissance globale de la publicité digitale. Le mobile représente 73% des investissements digitaux et a connu une croissance de 9% vs -8,6% sur le desktop et +1,7% pour les autres recettes publicitaires digitales (Observatoire de l’E-pub SRI – Oliver Wyman – Udecam). Tirée par ces investissements, la créativité sur mobile foisonne. La Mobile Marketing a remis en février dernier ses deuxième Mobile Creativity Awards autour de la vidéo, du retail ou encore du display. Les agences de création pub s’y mettent enfin, si je puis le dire ainsi. Comme tout le reste de l’écosystème digital, la publicité sur mobile va devoir s’adapter aux nouvelles règles autour de la data tout comme les décisions imposées par Apple notamment. Sujet sur lequel l’association est particulièrement active. Ce qu’il faut retenir c’est que le mobile est devenu “by design” dans bien des entreprises comme dans nos usages. Il est devenu constitutif de nos cultures, source de business pour des pans entiers de notre économie et créateur d’emplois.

Pour consulter et vous procurer la revue n°36, c’est par ici ! 

Musnik Isabelle

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