16 janvier 2020

Temps de lecture : 3 min

Le permis contre des travaux d’intérêt général : la bonne idée !

Neuf communes rurales proposent à des mineurs dans le besoin une subvention pour financer leur code s’ils acceptent de nettoyer les panneaux de signalisation.

Neuf communes rurales proposent à des mineurs dans le besoin une subvention pour financer leur code s’ils acceptent de nettoyer les panneaux de signalisation.

Un coup de balai contre un volant. Neuf communes du département d’Eure-et-Loir ont offert à des jeunes âgés de 15 à 17 ans, sans condition de ressources, de financer une partie de leur permis de conduire en échange de travaux d’intérêt général, les fameux TIG. Pendant cinq jours, dix mineurs ont nettoyé près de 500 panneaux de signalisation avec des brosses et des seaux remplis d’eau savonneuse. En contrepartie de leurs efforts, les mairies leur ont accordé une subvention de 360 euros pour passer leur code de la route. Ces enveloppes ont été versées directement aux auto-écoles afin de s’assurer que l’argent ne soit pas utilisé pour acheter un smartphone ou une console de jeu. Cette initiative originale devrait inspirer d’autres communes, tout particulièrement celles situées en zone rurale.

Le permis en zone rurale est une obligation

Ne pas posséder de permis de conduire peut en effet être très handicapant pour un particulier qui est à la recherche d’un emploi. Un citoyen qui vit dans un village isolé doit souvent parcourir de nombreux kilomètres en voiture pour pouvoir se rendre à son lieu de travail. 48 millions de personnes disposent du permis de conduire en France. En 2018, 1,6 million de candidats ont tenté de décrocher le code et 1,9 million de postulants ont passé les épreuves pratiques (la « conduite ») avec plus ou moins de réussite, selon les chiffres officiels du ministère de l’intérieur. Aucun autre examen n’attire autant de candidats dans l’hexagone. Son coût moyen, qui atteint aujourd’hui près de 1800 euros, représente toutefois un véritable handicap pour les jeunes sans grands moyens. Certaines offres sur le net, souvent malhonnêtes, promettent des tarifs dix fois moins élevés. « Quand une entreprise annonce un « code de la route pour 29.90 euros » il s’agit d’une formation en ligne, sans formateur et sans garantie que les tests n’aient été conçus conformément à l’examen qui vous attend », prévient sur Mediapart  l’Association des Etablissement d’enseignement de la conduite responsables.

 Le gouvernement veut faire chuter de 30% le coût du permis

Conscient de ce problème, le gouvernement a présenté, le 2 mai dernier, dix mesures destinées à faire baisser le coût du permis de conduire. Pour faciliter la préparation de l’examen et augmenter l’expérience du jeune conducteur, l’âge du passage du permis en conduite accompagnée a notamment été abaissé à 17 ans au lieu de 17 ans et demi. A partir de 17 ans, le jeune conducteur peut ainsi obtenir son permis et conduire avec un accompagnant et, dès sa majorité, il pourra être au volant seul. Le permis en conduite accompagnée permet de réduire les coûts puisque les candidats réussissent généralement l’épreuve pratique du premier coup (74,5% contre 57,7% en moyenne). Pour tenter de réduire de 30% le prix du permis, l’Etat a également étendu de cinq à dix heures la durée d’apprentissage sur simulateur. Ces cours de conduite virtuelle, qui sont plus écologiques, sont en effet facturés moins cher que ceux passés derrière le volant d’une voiture puisqu’ils n’incluent pas le prix du carburant et de l’amortissement du véhicule. Sur une formation de 30 heures, réaliser 10 heures sur simulateur permet ainsi d’économiser environ 135 euros. Les auto-écoles qui achètent des simulateurs peuvent également profiter d’incitation fiscale pour réduire leurs coûts. Le gouvernement a, par ailleurs, choisi de mettre l’accent sur l’apprentissage sur des voitures à boîte automatique car le temps de formation sur ces automobiles peut être réduit à 13 heures contre 20 heures pour une boîte manuelle. De ce fait, le coût de ces cours est nettement moins élevé. Après avoir obtenu son permis, le jeune conducteur pourra également conduire sur une boîte manuelle au bout de trois mois contre six mois auparavant.

Une initiative intelligente

Ces mesures vont certainement dans le bon sens mais pour aider les plus modestes à décrocher leur permis, une aide financière est également importante. L’Etat peut mettre la main à la poche mais les départements et les communes ont aussi leur rôle à jouer dans ce domaine. L’initiative lancée dans l’Eure-et-Loir est, à ce sens, exemplaire et elle devrait inspirer d’autres mairies à suivre cet exemple.

Therin Frédéric

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