26 juin 2013

Temps de lecture : 2 min

Je pense donc j’imprime 3D !

Impression 3D, que d’innovations sont faites en ton nom ! Voilà désormais que l’objet de toutes les convoitises se contrôlerait par des ondes cérébrales ? C’est l’ambition technologique de la startup chilienne Thinker Thing.

Si Descartes savait que penser n’était plus être mais imprimer, se retournerait-il dans sa tombe ? Quand elle est utilisée par la NASA pour créer des pizzas, l’imprimante 3D peut sembler pernicieuse et anxiogène. Mais quand elle sert à créer des objets simplement en les imaginant, elle constitue une innovation aussi intrigante mais a priori bien plus utile. Avec son logiciel de création 3D par la pensée, Thinker Thing propose une première mondiale !

Spécialisée dans les interfaces intuitives contrôlées par les ondes cérébrales, la startup chilienne réalise le fantasme ultime de tous les créatifs et designers. C’est le mois dernier dans les locaux du Santiago Maker Space que George Laskowsky, Chief Technical Officer de Thinker Thing, a concrétisé sa vision digne d’un roman de H.G Wells : modeler les formes d’un objet dans sa tête, faire capter ses pensées par un neuro-casque Emotive EPOC et en laisser la fabrication à son imprimante 3D.

« Quel est l’intérêt de développer autant d’imprimantes 3D pour le grand public si nos enfants ne peuvent pas s’en servir pour créer leurs propres jouets ? » justifie le CEO de Thinker Thing, Bryan Salt. Ingénieurs et designers se servent déjà de l’impression en trois dimensions depuis deux décennies, mais c’est seulement avec sa très récente démocratisation que le consommateur la découvre. Son puits de possibilités apparaît sans fonds, suscitant un phénomène de mode autour de cette presque vielle innovation. Mais « encore faut-il ne pas uniquement penser aux possibilités du logiciel mais à comment pouvoir l’utiliser », précise Bryan Salt.

L’intelligence artificielle développe la reconnaissance intuitive

Avec son Emotional Evolutionary Design, Thinker Thing développe un logiciel révolutionnaire dont le rôle premier est pour l’instant de servir le projet Monster Dream. En quête de financement sur Indiegogo, mais réservé en exclusivité aux écoliers chiliens depuis le début du mois de juin, l’expérience offre donc la possibilité aux privilégiés utilisateurs de fabriquer leur propre création par le seul pouvoir de la pensée. Comme ils fermeraient les yeux pour faire un vœu en le souhaitant très fort….

Autant dire que la tribune d’Emmanuel Vivier du Hub Institute, puis plus récemment celle de Thomas Jamet publiées dans INfluencia, donnent encore plus de sens à l’attention que nous portons aux conséquences du développement démocratique de l’imprimante 3D.

La reconnaissance intuitive de l’esprit humain par l’intelligence artificielle connaît depuis deux ans une évolution technologique qui nous interpelle. En 2011, un scanner IRM était mis à contribution pour exposer la capacité des ordinateurs à lire dans les esprits de ceux qui devant leur écran regardent des images mobiles. Ce décodage cérébral automatique permet à la machine de créer un contenu ciblé et pertinent sans qu’aucun clic ne soit nécessaire : seulement en tenant compte des données enregistrées au fil des films et vidéos regardés par l’utilisateur.

Au mois d’avril, l’ATR Computational Neuroscience Laboratories de Kyoto, annonçait des avancées significatives dans le décodage automatique des rêves, là aussi via une machine IRM. Freud va-t-il lui aussi se retourner dans sa tombe ?

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

La rédaction

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