3 septembre 2012

Temps de lecture : 2 min

Un pays virtuel pour protéger les océans

64% de l’espace marin du globe ne sont placés sous aucune juridiction. Depuis juillet, TerraMar, une nation virtuelle et digitale en a pris le contrôle. Objectif : défendre la survie des eaux internationales

La frontière réfère historiquement à la souveraineté. Chaque pays s’autodétermine ainsi dans son espace juridique délimité. Or 64% des océans n’appartiennent à aucun pays, et par conséquent, aucune nation ne désire s’impliquer dans la protection de ces eaux « abandonnées », un territoire marin représentant pourtant 45% de notre planète. Pour que cet espace essentiel à notre survie bénéficie du protectorat qu’il mérite, d’inattendus pères fondateurs ont créé ensemble TerraMar, autoproclamée « Huitième merveille du monde ».

Désireux de compter 1 million de « citoyens » avant 2013, ce projet est parti d’un constat environnemental vraiment alarmant. A en croire sa directrice de développement Samantha Harris, la prise de conscience est urgente, et nécessite une action aussi ambitieuse qu’originale.

« TerraMar est un collectif d’associations, d’ONG, de scientifiques et d’amoureux des océans pour un protectorat du plus grand écosystème du monde », explique-t-elle à INfluencia. Unique salariée à plein temps de TerraMar, qui après deux mois d’existence a déjà distribué presque 3376 « passeports », elle précise : « Nous sommes la seule initiative permettant de faire prendre conscience à tous qu’il faut donner une identité tangible aux eaux les moins protégées de la Terre. Sans un océan plus sain, notre planète souffrira, et si l’on ne cesse pas la surpêche, c’est notre sécurité alimentaire qui sera affectée ».

Plateforme virtuelle et digitale ayant pour mission de rassembler, d’informer et d’éduquer, TerraMar, née en juillet mais lancée officiellement le 25 septembre en Californie, espère induire les changements nécessaires. « Notre pouvoir d’encourager de nouvelles politiques et de faire reconnaître des eaux mal préservées pour les futures générations passe surtout par le nombre. Plus TerraMar est peuplée, plus notre poids sera fort », admet S. Harris.

Dès septembre, chaque citoyen pourra devenir ambassadeur en parrainant une espèce marine -en donnant de l’argent s’il le souhaite-  avec la possibilité, entre autres, de connaître ses trajets migratoires. D’ici la fin de l’année, le site Web sera disponible en français et en espagnol, et une base de données regroupant toute la faune sous-marine sera accessible. De quoi convaincre les curieux de faire la demande d’un passeport ?

« Le chemin sera long pour arriver à changer la perception des gens, et il faudra beaucoup plus de fonds pour réellement faire une différence. L’argent que chaque citoyen peut donner ira aux recherches scientifiques et à l’information pédagogique sur notre plateforme. Mais nous leur demandons avant tout de relayer l’information auprès de leurs amis », confie Samantha Harris.

Membre de la High Seas Alliance et de la Deep Sea Conservation Alliance, et soutenue par des experts scientifiques, juridiques et politiques, TerraMar justifie sa création par quelques chiffres atterrants : 1 poisson sur 5 est pêché illégalement, moins de 2% des océans sont protégés, 90% des poissons prédateurs ont disparu, 300 000 dauphins et baleines sont tués chaque année et 80% des stocks de poissons sont déjà surexploités…

Peut-être les hommes seraient-ils plus disciplinés si ces territoires marins étaient placés sous la juridiction d’un état ? L’initiative est noble, mais rien n’est moins sûr…

Benjamin Adler

La rédaction

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