31 mars 2015

Temps de lecture : 3 min

Le parti d’un monde meilleur

Le design sauvera-t-il le monde ? INfluencia a posé la question à 15 grands patrons d’agence et créatifs. Unanimement, ils nous disent que le design est espérance, poésie et joie. Qu’il porte le changement et la vision d’un monde meilleur.

Le design sauvera-t-il le monde ? INfluencia a posé la question à 15 grands patrons d’agence et créatifs. Unanimement, ils nous disent que le design est espérance, poésie et joie. Qu’il porte le changement et la vision d’un monde meilleur.

Jérôme Lanoy, Pdg de Logic Design

Ambitieuse question ! Si l’on s’arrête à son expression esthétique, le design ne fera qu’embellir le monde. C’est un joli dessein, mais le design c’est beaucoup plus que cela. Omniprésent dans nos vies, il contribue chaque jour à la rendre meilleure en maximisant nos relations avec les objets du quotidien. À la fois outil social et économique, son rôle ne fait que croître dans un monde où l’objet devient de plus en plus communiquant. Des grandes multinationales comme Coca, IBM ou PepsiCo l’ont bien compris en intégrant les designers (Chief Design Officers) dans leur direction. En défendant ce schéma de croissance et de progrès, le design est un bel outil pour changer notre monde… mais personne ne peut prédire ce qu’en feront les hommes !

Frédéric Messian, président de Lonsdale

À n’en pas douter, la réponse est oui. Le design nous évite deux drames qui menacent nos économies et notre société. Le premier est celui qui touche à l’emploi. En évitant la banalisation des produits et en créant une valeur émotionnelle pour les marques, le design et le branding permettent de recréer des emplois industriels en Europe. Le second fléau auquel nous échappons grâce à ces deux disciplines, c’est l’émergence de la « Big Brother Brand » ; cette seule et grande marque mondiale qui imposerait à tous sa vision du monde. Parce qu’ils participent à la création d’un territoire propre aux petites ou grandes marques locales ou nationales, le branding et le design ouvrent d’autres chemins.

Simon Bouanich, co-président de Pulp Design

À la différence de l’artiste, qui est dans la recherche fondamentale et imagine le monde, le designer le regarde tel qu’il est et c’est en l’observant qu’il essaie de trouver ce qui va le rendre meilleur. Derrière la technologie du cœur artificiel, il y a la main d’un homme qui l’a dessiné, c’est ça le design. Une discipline de joie et d’espérance dont les objectifs fondamentaux sont d’améliorer la vie, d’apporter un peu de magie, du bonheur aussi, petit soit-il. Dans un monde de plus en plus dur, il apporte un peu de poésie. Cela suffira-t-il à sauver le monde ? Je ne sais pas, mais tant qu’il parviendra à apporter de nouvelles solutions au quotidien, tant qu’il restera dans la vie, il y participera.

Kheireddine Sidhoum, directeur de la création Dragon Rouge

Difficile de rester humble devant une telle question. Quand on est passionné par son métier, que l’on sait les révolutions qui peuvent être initiées en créant un produit, on a évidemment envie de répondre par l’affirmative. Le design a réellement le pouvoir d’influencer les comportements humains. Le design, c’est à la fois un processus et une pensée : étudier et décortiquer les comportements pour optimiser les produits et services, adopter une autre vision du monde, décadrer, pour mieux résoudre des problèmes. Le quotidien du designer est tout entier tourné vers le changement. Mais le designer doit-il porter seul cette responsabilité ? Et si chacun s’emparait du design pour faire changer le monde ?

Louis Comolet, directeur général de CLTG

Il le fait déjà ! Le design est présent partout depuis toujours ! Un monde si beau ne peut avoir été créé sans dessin, sans designer… de l’âme et de l’écorce humaine. Dans les métiers du marketing et de la communication, le design c’est le produit, et le produit c’est toujours du design. Bien plus qu’une histoire, c’est l’être du produit. Bien plus qu’une question d’esthétique ou d’ergonomie, le design incarne la réalité et la matérialité du produit. Sans design, le produit n’existe plus. Je ne sais pas si le design peut avoir la prétention de changer le monde, mais bien l’accompagner est déjà une bien lourde responsabilité !

Rita Mazzoli

Illustrations : Juliette Léveillé

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La rédaction

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