20 décembre 2016

Temps de lecture : 3 min

Parions sur l’intelligence des lecteurs pour sauver la presse papier !

Qui a dit que la presse papier est moribonde ? A l’heure où les médias papier, tous confrontés à la nouvelle donne numérique, estiment leur pronostic vital engagé, il en est -des audacieux, des conquistadores- qui tirent leur épingle du jeu en ayant compris que les lecteurs sont prêts à payer pour obtenir des informations ayant de la valeur à leurs yeux. Et, ironie du sort, ces nouveaux journaux ou magazines papier qui fleurissent à contre-courant appliquent scrupuleusement, sans le savoir, les clés du succès édictées par Google lui-même, en proposant un contenu unique, spécifique, hautement qualitatif... et ça marche !

Qui a dit que la presse papier est moribonde ? A l’heure où les médias papier, tous confrontés à la nouvelle donne numérique, estiment leur pronostic vital engagé, il en est -des audacieux, des conquistadores- qui tirent leur épingle du jeu en ayant compris que les lecteurs sont prêts à payer pour obtenir des informations ayant de la valeur à leurs yeux. Et, ironie du sort, ces nouveaux journaux ou magazines papier qui fleurissent à contre-courant appliquent scrupuleusement, sans le savoir, les clés du succès édictées par Google lui-même, en proposant un contenu unique, spécifique, hautement qualitatif… et ça marche !

Internet n’est pas le premier rival sérieux à se dresser face à la presse papier ! Petit rappel historique : en 70 ans, la popularisation de la radio dans les années 40 puis l’avènement de la télévision, suivi de l’apparition des radios libres et de la presse gratuite dans les années 90 auraient menacé d’extinction la presse papier ? Non ! Force est de constater que l’apparition d’un nouveau media n’a jamais engendré la disparition d’un autre jusqu’à présent. Et ce ne sera pas le cas d’internet non plus pour la presse papier.

La presse papier a prouvé ses capacités darwiniennes d’adaptation au fil du temps

Pour preuve : près de 2/3 des Français lisent chaque jour au moins un journal, dont 51% en version papier. A y regarder de plus près, on vend de plus en plus de livres depuis que le web existe, on imprime de plus en plus de documents et on voit des kiosques à journaux se développer dans les grandes surfaces. Sans tomber dans l’optimisme béat -car on n’ignore pas les difficultés auxquelles sont confrontés les magazines et journaux imprimés- il semblerait qu’une information de valeur, pertinente, utile et convaincante trouve son lectorat. Ce qui n’est pas surprenant puisque, ni plus ni moins, c’est la recette dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles, qu’appliquent désormais les services de communication/marketing des entreprises : « content is king » ! Le mot est lâché ! Pas une entreprise aujourd’hui qui n’investisse dans la production de contenus originaux, attrayants, créatifs pour être perçue comme « unique », améliorer son référencement et créer autour d’elle des communautés de lecteurs qui se transforment en fans puis en acheteurs !

A cela s’ajoute la dimension égotique de chaque individu : créer du contenu de qualité, c’est également honorer le lecteur en pariant sur son intelligence. Une façon de courtiser son ego et de lui donner envie d’y revenir là où la surcharge informationnelle altère sa capacité d’analyse et de traitement, entrainant frustration et sentiment d’incompétence. Sans oublier que, face à l’afflux de données, nous avons besoin d’éclairage et d’enquête de fond. Le bourdonnement continue des canaux d’information et des réseaux sociaux, alimenté par la tyrannie de la vitesse et l’obligation de publier avant les concurrents une information même pas vérifiée, ne conduit qu’à une rumeur assourdissante. Finalement, améliorer le contenu des medias à l’instar des entreprises -Google en premier- qui prêchent pour du contenu de qualité, n’est-ce pas là la clé du succès ? Car ce n’est pas le support qui nous fait choisir un media mais bien la qualité de son contenu. Or, les médias pêchent trop souvent par omission de la complexité. Cette même complexité que tentent d’approcher les nouveaux venus.

Et ceux qui l’ont compris n’hésitent pas à se lancer dans l’aventure du papier

Oui, le papier n’est pas mort ! Le journalisme narratif, copié d’une certaine manière par le storytelling, s’épanouit dans les revues et les maisons d’édition, accueillant de belles plumes comme Emmanuel Carrère ou Oliver Rolin. Le succès de l’emblématique Revue XXI ne se dément pas ! Véritable bible d’informations proposant des contenus fouillés, une mise en page soignée, des histoires sous forme de bandes dessinées, des entretiens, de vraies signatures, le trimestriel continue de s’écouler à 50 000 exemplaires malgré un prix tournant autour des 15 euros. Ouvrant la voie au « mook », contraction peu élégante de magazine et book, la Revue XXI a fait des petits comme la Revue Feuilleton qui fête ses 5 ans, le trimestriel dédié au polar et à l’investigation Sang Froid, ou Nez, tout dernier né des mook et en plus premier olfactif.

Plus récemment, le « 1 », journal resserré sans publicité, innovant et atypique par son format papier totalement inédit (une grande feuille repliée 3 fois sur elle-même), traite chaque semaine une grande question d’actualité à travers le regard d’écrivains, de chercheurs, de philosophes ou d’anthropologues, et aussi d’artistes, poètes, illustrateurs et d’experts. Dernier exemple digne d’intérêt : Soixante Quinze, premier magazine de société indépendant, choisit comme territoire d’information Paris et sa banlieue. Sa périodicité mensuelle permet une analyse approfondie grâce à la parole donnée au maximum d’acteurs locaux pour créer des interactions entre les habitants. Illustrations et photos, au cœur du journal, complètent le dispositif qui s’est vendu à 11 000 exemplaires dès son premier numéro !

Couturier Bénédicte

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