26 novembre 2020

Temps de lecture : 3 min

Oui, on en a vraiment besoin…

1979 : « ne dites pas à ma mère que je suis publicitaire, elle me croit pianiste dans un bordel*. 2020 : « ne dites pas à mes filles que je suis devenu écolo, elles me croient publicitaire »**. Tout un symbole, ces titres des deux ouvrages de Jacques Séguéla écrits à presque 40 ans d’écart. Symbole d’un monde où la communication, comme le monde autour d’elle est plus que jamais questionnée et se questionne.

 1979 : « ne dites pas à ma mère que je suis publicitaire, elle me croit pianiste dans un bordel*. 2020 : « ne dites pas à mes filles que je suis devenu écolo, elles me croient publicitaire »**. Tout un symbole, ces titres des deux ouvrages de Jacques Séguéla écrits à presque 40 ans d’écart. Symbole d’un monde où la communication, comme le monde autour d’elle est plus que jamais questionnée et se questionne.

« En avez vous vraiment besoin ? », cette mention obligatoire dans toute publicité que réclame la proposition de loi du groupe de députés EDS, l’encadrement de certains supports de communication ou d’affichage numérique, la limitation ou l’interdiction de la publicité pour certains secteurs, etc. autant de menaces contre le secteur qui faisaient pousser un véritable coup de gueule au président du CEP Dominique Wolton en août dernier: « au nom du « bien commun », la société française d’aujourd’hui semble prête à accueillir un nouveau dogme sans crier à la manipulation ». Et le Conseil de l’éthique publicitaire en appelait  à une forte mobilisation des professionnels : « Loin de faire profil bas, ses acteurs doivent prendre fortement la parole pour dénoncer les mécanismes de sa diabolisation, et démontrer l’hypocrisie sociale qui accompagne les critiques dont elle fait l’objet. D’autant plus que l’ARPP observe quotidiennement qu’ils se sont engagés et continuent de poursuivre leur démarche de qualité des publicités et de préserver une publicité responsable et toujours plus respectueuse des personnes dans la manière dont elle les représente et dont elle s’adresse à elles ».

Le texte que nous avions publié in extenso est certes violent mais il pose bien la question. La pub et plus largement la com, serait-elle seule coupable de tous les maux dont souffre la planète ? Du réchauffement climatique ? De la surconsommation ? De créer des besoins inutiles ? De provoquer des comportements honteux ? Des inégalités sociales ? De… N’en jetez plus.

Les premiers États généraux de la Communication qui se tiennent aujourd’hui, à l’initiative de l’Association pour les Actions de la Filière Communication, l’AACC, l’UDECAM et l’Union des Marques et dont INfluencia est partenaire***, mettront sur la table, comme tout bons États généraux qui se respectent, des cahiers de doléances. Des doléances « qui viennent des gens et qui se sont accentuées. Elles questionnent nos métiers, sur l’univers où la communication agit et fait levier depuis toujours : la consommation. Cet univers, le public le comprend de mieux en mieux, il comprend le rôle des marques, il sait que derrière les marques, il existe des entreprises, et que leur comportement est clé pour relever les enjeux devant nous », souligne avec raison Mercedes Erra dans son introduction de la matinée. Qu’on se le dise, il est fini le temps où les marques et les grands et moins grands de la communication faisaient la sourde oreille quand on leur parlait de leur responsabilité sectorielle. Désormais les agences savent que la société a besoin d’elles pour contribuer à un monde plus vertueux, et à une consommation plus responsable, elles travaillent déjà avec certaines marques en ce sens et elles ont commencé à agir en se transformant elles-mêmes (cf notre revue 33 sur Le Good). Encore faut-il qu’on leur en laisse le temps et les moyens et qu’on n’en fusille pas certaines pour l’exemple…
INfluencia en tout cas leur ouvrira toujours ses colonnes pour qu’elles s’ expriment.

PS: Chez INfluencia, nous produisons pour vous beaucoup de contenus, près de 1500 articles par an, que vous n’avez pas toujours le temps suffisant de lire. Pour les semaines ou mois de (post) confinement qui viennent, nous avons décidé de vous faire laisser  vous reposer le samedi et de vous proposer un « best of » dès vendredi prochain que vous pourrez compulser tranquillement pendant le week-end… Pour ne rien rater de la semaine d’INfluencia.

* Flammarion
** Coup de coeur Éditions. Welovebooks.
*** trois thèmes seront abordés : La consommation, Réalité, imaginaires et leviers de transformation par l’information ; La communication, sa contribution à une société plus vertueuse ; La communication, sa gouvernance et ses possibilités d’évolution.

Musnik Isabelle

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