17 avril 2013

Temps de lecture : 2 min

L’objet connecté au service des droits de l’Homme

Comme les QR codes, également utilisés pour retrouver des personnes disparues, les objets connectés peuvent servir pour la bonne cause. Avec son bracelet GPS, le Projet Natalia se sert de la Toile pour alerter le public sur des enlèvements d’activistes pour les droits de l’Hommes.

Enlevée à son domicile de Grozny, en Tchétchénie le 15 juillet 2009, la journaliste et activiste Natalia Estemirova était retrouvée morte huit heures plus tard, provoquant un émoi resté malheureusement sans suite dans la communauté internationale.

Récompensée par le Prix Nobel alternatif du Parlement suédois en 2004, la plus charismatique des militantes russes pour les droits de l’Homme a payé de sa vie son engagement politique et moral. Quatre ans après son assassinat, c’est pour éviter que des militants continuent à mourir pour leurs dénonciations que l’association suédoise Civil Right Defenders a lancé son Projet Natalia.

En équipant les militants d’un bracelet GPS sécuritaire, aucun enlèvement ne restera désormais anonyme : le grand public et les médias en seront directement informés ! Une fois au poignet, il permet en effet à la victime d’envoyer un signal de détresse au siège de Civil Right Defenders, qui vérifiera sa véracité et le relaiera immédiatement auprès de tous les soutiens du projet. A eux ensuite de diffuser l’information à grande échelle sur les réseaux sociaux. L’ambition ? Au moindre danger de mort, alerter immédiatement l’opinion publique, et par ricochet, les gouvernements et ONG capables ensuite de mettre la pression sur le régime du pays concerné.

Pour Robert Hårdh, directeur exécutif de l’organisation humanitaire scandinave, « ce qui rend le projet unique, c’est que l’alarme peut aussi déclencher un signal pour automatiquement mettre à jour ses comptes Twitter et Facebook. Cela veut dire que des centaines de milliers de personnes peuvent simultanément et en temps réel être informées de l’attaque. En quelques minutes, un gouvernement peut être mis devant le fait accompli. » Evoquant une « protection virtuelle » pour les défenseurs des droits civils,  Hårdh estime qu’« aucun régime du monde ne souhaite avoir sur lui l’attention négative du reste de la planète. »

Les premiers bracelets ont été distribués au début du mois lors des Defender’s Days organisés par l’ONG à Stockholm. La première étape du projet est d’équiper 55 activistes dans les 18 premiers mois.

Pour que l’objectif soit atteint, l’ONG compte sur le soutien financier de sponsors et du grand public. « Le Projet Natalia permet à Monsieur Tout-le-monde de contribuer d’une manière très directe à protéger la vie de ceux qui aujourd’hui la mettent en péril en défendant des droits élémentaires pour tous », explique Robert Hårdh. Pour soutenir le projet et la défense des droits de l’Homme, vous pouvez vous rendre sur le site dédié.

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA
Rubrique réalisée en partenariat avec HighCo

La rédaction

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