22 mars 2015

Temps de lecture : 4 min

Les nouveaux acteurs de contenu fourbissent leurs armes

Les oiseaux ne se cachent plus pour faire du contenu. Amazon, Facebook, Netflix et consorts sont en train de s'affirmer comme les grands producteurs demain où la liberté de création fait foi. Pour eux les histoires ne se racontent plus, elles se vivent...

Les oiseaux ne se cachent plus pour faire du contenu. Amazon, Facebook, Netflix et consorts sont en train de s’affirmer comme les grands producteurs demain où la liberté de création fait foi. Pour eux les histoires ne se racontent plus, elles se vivent…

La lecture récente d’un article de Frank Rose, l’auteur de « The Art of Immersion », interpelle sur un sujet : mais où va la production de contenus fictionnelle dans un monde où les paradigmes constitutifs sont en pleine mutation ? The Guardian insistait de son côté, dans son édition du 5 février 2015, sur l’idée qu’aujourd’hui le renouveau est du côté des plates-formes digitales de type OTT et que celui de la narration passera par eux. Ce sont ces nouveaux acteurs qui présentent le plus de créativité et d’innovation.

Regardons de plus prêt ces nouvelles séries et les nouveaux acteurs qui nous invitent à une nouvelle narration. Comme déjà évoqué, l’année 2015 sera celle d’Amazon. C’est cette plate-forme qui marquera le monde de la production. Ses propositions de contenus originaux arrivent à ré-inventer des genres déjà bien traités et, au-delà, à devenir un point de rénovation des auteurs, réalisateurs, acteurs et producteurs du monde de la TV classique.

L’année d’Amazon

On verra arriver sur Amazon Instant Vidéo dés le premier trimestre de cette année des séries de type drama, comme The Man In the High Castle ou Mad Dogs et des séries jeunesse comme Just Add Magic et The Stinky & Dirty Show. Elles innovent par l’intelligence de l’adaptation et des territoires éditoriaux. Man in the High Castel, adaptation du roman homonyme dePhilippe K. Dick sera réalisé par David Semel (Heroes), écrit par l’un des auteur de X-Files (Frank Spotnitz) et produit par Ridley Scott et David W. Zucker (The Good Wife). Beau cocktail !

L’adaptation du livre pour ados de Cindy Callaghan, Just Add Magic, fait rentrer les jeunes dans le monde de la magie et de l’évasion. Le sujet peut paraître assez classique mais en fait le traitement est très digital et permet à l’audience de se retrouver dans ses codes. Ce point est d’autant plus vrai dans Gortimer Gibbon’sLife on Normal Street. Cette série qui viendra en seconde saison cette année nous raconte l’histoire de trois ados étranges qui évoluent dans un univers surréaliste peuplé de personnages excentriques. Seule une plate-forme digitale pouvait initier un contenu de ce type. Toujours dans la (re)découverte d’univers, Amazon a commandé un pilote (remake) de la série jeunesse des années 70 : Sigmund and the Sea Monsters. L’histoire de deux frères qui découvrent un monstre très gentil nommé Sigmund qui est rejeté parce que différent des autres membres de sa famille.

Bosch bientôt sur vos écrans

Mais le plus attendu du côté d’Amazon est l’arrivé de la série Bosch, issue des livres de Michael Connely. Harry Bosch est membre du LAPD. Le héros est loin d’être un « saint » ou un « bon héros », il est tout le contraire. Il avance dans la vie avec ses contradictions, des oppositions mais finalement des valeurs qui le guident. Un vrai héros pour les « digital native ». La série est interprétée par Titus Welier, Lance Reddick et Annie Wersching.

Évidemment Netflix reste un acteur de poids qui marque le marché du contenu digital et qu’il faut suivre de prêt. Surtout quand la plate-forme de diffusion s’engage sur le film de guerre avec Jadotville. Ce contenu sera produit avec Jamie Dornan et Guillaume Canet. C’est l’histoire d’un « tête à tête » en 1961 entre 150 Irlandais des Nation Unis et 3 000 soldats de l’armé congolaise commandé par des mercenaires français et belges.

De son côté Hulu vient d’annoncer un grand casting pour la production d’une nouvelle série 11/22/63 basée sur le livre de Stephen King. C’est l’histoire d’un professeur d’anglais qui voyage dans le temps pour empêcher l’assassinat du Président Kennedy, mais découvre qu’il est attaché à la vie qu’il essaye de sauver. Le héros sera joué par James Franco.

La « course » à la création originale pour les plates-formes digitales est d’autant plus criante quand les « vétérans » du cinéma et de la TV se lancent dans l’aventure. Ainsi Epix (la plate-forme SVOD de Viacom) a annoncé avoir commandé une série originale avec Nick Nolte : Graves. La série verra l’acteur interpréter un ancien président des États-Unis qui tente de réparer les effets négatifs de ses décisions lorsqu’il était « aux commandes », en même temps que sa femme se lance dans une carrière politique…ça vous rappelle quelqu’un ?

Yahoo et Snapshat croient au contenu

Pour Yahoo aussi le contenu digital devient un défi à ne pas sous estimer. Ainsi Yahoo!Screen mettra en ligne aux US la sitcom Sin City Saints. La série se passe dans le monde du basket et en particulier dans l’équipe de basket d’un milliardaire de la Silicon Valley.
Même les plates-formes sociales voient dans le contenu original une arme de différencialisation et de recrutement. AinsiSnapchat diffuse depuis janvier de cette année une série comique, Literally Can’t Even, où les comédiennes Sasha Spielberg et Emily Goldwin se mettent en scène sur un ton décalé. Chaque épisode a bien évidemment un temps de vie limité : 24 heures.
On vient aussi d’apprendre que Snapchat lance une série avec des super héros. SnapperHero, où on retrouve cinq stars du web. La série est évidemment interactive et participative. Les Snapchatter pourront intervenir sur la narration. Le format est aussi innovant 12 épisodes de 100 à 200 secondes, 4 épisodes mis en ligne chaque semaine pour une durée limitée.

Les projets de Facebook dans le web

De son côté Facebook, s’y met aussi. CMO Today titrait le 9 février dernier « Facebook landing more original web series ». Non seulement Facebook va devenir l’initiateur de contenus nouveaux mais développer des diffusions extrêmement virales. Maîtriser ce nouveau paramètre sera indispensable pour les producteurs. Facebook va proposer un série de vidéos : Final Judgment. L’animateur Cenk Uygur offre un avis très tranché sur les titres de l’actualité du jour On n’est certes pas dans dans de la fiction mais on voit que pour tous les acteurs du digital diffuser du contenu original devient une nécessité.

C’est Joseph Schumpeter qui parlait de « la destruction créative ». Le désordre qui s’est installé depuis quelques années sur la production de contenus est sur le point de faire émerger une nouvelle créativité, un nouvel ordre. C’est une extraordinaire opportunité pour toute une profession.

 

Kluger Jacques

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