28 septembre 2014

Temps de lecture : 4 min

Un nouveau paysage audiovisuel digital voit le jour

La frontière entre le digital et la TV continue à s’estomper, et les formats proposés mettent en avant la professionnalisation des acteurs...

Un nouveau paysage audiovisuel digital voit le jour: la frontière entre le digital et la TV continue à s’estomper, et les formats proposés mettent en avant la professionnalisation des acteurs.

La diversité de la production digitale se confirme. Les grands groupes de diffusion ne s’y sont pas trompés. Les formats proposés dans ce nouveau paysage mettent en avant la professionnalisation des acteurs. Le « web » n’est plus le terrain exclusif des « short form » produits sans moyen. Pour les grandes plates-formes digitale comme Hulu, Amazon…la proposition de contenu est un mixte entre narration de type « série TV » et un dispositif engageant. Pour les TV historiques, comme la BBC, le digital est une « caisse de résonance » ou un prolongement de leur marque-programme.

L’émergence d’un nouveau paysage audiovisuel digital

La chaîne Obsessed sur Viméo a mis en ligne une ambitieuse série Star Trek. La narration entre documentaire et fiction nous entraine dans 2 saisons originales de l’Enterprise. La (re)création de l’univers exact de la série culte permet aux fans de poursuivre l’aventure. Belle prouesse.

Fuse.tv a eu l’idée de créer une série « reality » autour de Eminem qui nous fait plonger dans une « battle » de rappeurs. Des groupes rivaux de rappeurs vont vivre dans une maison où ils s’affrontent. Le point culminant de la série est un concert au Hammerstein Ballroom à New York.

Hulu de son côté a programmé une sitcom original, Spooked, produite par Bryand Singer (XMan) et Felicia Day (The Guild) où une équipe d’enquêteurs traquent les évènements paranormaux. La mécanique narrative est un beau mixte entre les impératifs du web et la qualité de production de la TV.

La société allemande Studio71 (ProSieben/Sat.1) a mis en ligne sur Youtube une série « reality show » : The Mansion. Des Youtuber allemands s’installent dans une maison de LA où ils rencontrent des stars américaines de Youtube. Cette série est un large succès avec 2 millions de vidéos vues et 100 000 souscriptions à la chaîne Youtube. Assez classique dans son genre, ce programme « fait le show » uniquement avec des personnalités issues du net pour une audience du net.

Yahoo a repris le sitcom de NBC Community pour une sixième saison. La série met en scène le quotidien d’un groupe d’étudiants dans un collège imaginaire (Greendale). Cette série humoristique est faite de références à la culture populaire en parodiant les films et les séries contemporaines. L’événement est ici dans la reprise par un pur player web d’une série TV à succès et dans la qualité de production qui reste constante.

Amazon poursuit son investissement dans la production de contenu accessible sur Amazon Prime. Le leader mondial de l’ecommerce a annoncé une sitcom, Red Oaks, produite par Steven Soderbergh (ce n’est pas rien) et réalisée par David Gordon Green (Pineapple Express). Ce contenu vient enrichir la liste de projets, nouveaux scripts, nouvelles séries qu’Amazon présente à ses abonnés : Hand of God, Cosmopolitans (tournée à Paris). On peut aussi mettre en avant la mise en production du pilote de l’adaptation de la série anglaise Mad Dogs dont les 4 premières saisons avaient été diffusées par Sky1. La nouvelle saison sera écrite et produite par Shawn Ryan (The shield). Intéressant de voir qu’Amazon se met au niveau d’un acteur comme Sky et parvient à attirer des auteurs, producteurs avec une forte réputation.

La proposition créative de la production digitale peut aussi s’inscrire dans une démarche « multi-plateforme ». C’est le cas de la série « House of Style » diffusée par MTV sur son site Internet et en TV. Ce show est animé par l’artiste hip-hop Iggy Azalea. Le pitch : explorer comment la mode et la musique interagissent l’une sur l’autre. L’intérêt est le rôle donné à chaque écran. MTV.com propose aux internautes d’intervenir sur le parcours d’Iggy Azalea et sur les personnalités qu’elle rencontre. La TV donne plus à voir sur les célébrités et les nouvelles tendances.

Certains diffuseurs ont bien compris que si la production de fiction digitale devait jouer à par égale avec la production TV, il n’en restait pas moins que le digital appelle une expérience plus engageante et participative. Ainsi la BBC a montré un épisode interactif de sa série « Our World War ». Cet épisode propose une mécanique narrative qui combine la fiction vidéo avec l’animation et offre à l’internaute d’influencer l’histoire.

La plate-forme digitale Crackle.com a commencé la diffusion exclusive cet été de la série Sequestred avec Jesse Bradford (Bring It On), Summer Glau (Terminator) et Patrick Warburton (Rules of Engagement). L’histoire : un jury isolé dans une chambre d’hôtel doit délibérer sur une affaire de meurtre. Un style et un rythme qui confirme la qualité et la créativité de la production digitale.

Le diffuseur Canadien CMT propose sa première web fiction avec Tornado Hunters. On suit les aventures d’un chasseur du « déchainement de la nature ». Intéressant de voir ici une mécanique TV et un rendu « web ». Ce mixte permet de donner le sentiment de vivre des aventures « pour de vrai ».

ABCiview (diffuseur australien) lance cet automne une série fantastique, Wastelander Panda. Cette série nous fait suivre le voyage imaginaire d’un Panda qui, accusé de la mort d’une petite fille, quitte sa tribu et se met en quête de lui trouver dans le monde dévasté un enfant pour « la remplacer ».

Le paysage international de la production de contenu change. Il est temps d’y jouer un rôle plus actif.

Jacques Kluger / @JKluger
Directeur des exploitations dérivées et de la diversification, Telfrance

Rubrique réalisée en partenariat avec Telfrance

La rédaction

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