8 décembre 2021

Temps de lecture : 3 min

« Avec Pluto TV, nous ne sommes qu’au début du FAST », Philippe Larribau-Lavigne (ViacomCBS)

(TV Connectée, 4e épisode) Affichant des recettes publicitaires multipliées par 14 en moins de trois ans au niveau mondial, Pluto TV est amenée à fortement se développer en France d’après Philippe Larribau-Lavigne, directeur général de ViacomCBS en France.

Pluto TV
INfluencia : l’arrivée de Pluto TV en France est très récente, elle date de février. Quelle est son audience aujourd’hui ?

Philippe Larribau-Lavigne : Pluto TV compte 54 millions d’utilisateurs actifs mensuels (MAU) dans les 25 pays où elle est présente. En seulement un an, nous avons augmenté cette base de 10 millions de MAU. En France, Pluto TV avait lancé près de 40 chaînes à son arrivée en février. On en est à 80 aujourd’hui.  Entre cinéma et séries, jeunesse, gaming, entertainment, sport, info, découverte, cuisine, yoga… l’éventail est très large pour couvrir toutes les cibles. Les chaînes proposées sont linéaires avec un contenu original thématique selon le modèle FAST, pour free ad-supported TV. C’est une différentiation forte par rapport à l’AVOD [service de vidéo à la demande financé par la publicité, NDLR.].

IN : pourquoi revenir vers un modèle linéaire alors que les gens viennent à peine de s’habituer à une consommation à la demande ?

P. L.-L.: on a maintenant un retour d’expérience important sur la SVOD [service de vidéo à la demande par abonnement, NDLR.]. Les gens passent finalement beaucoup de temps à chercher le contenu qui les intéresse dans un SVOD, entre 20 et 30 minutes ! La FAST vient redonner vie aux codes de l’expérience linéaire tout en profitant de l’avantage du streaming. C’est une autre approche : on choisit sa chaîne thématique et on se laisse porter par la programmation. C’est du click and watch.

La technologie nous permet même de créer des chaînes éphémères, adaptées à la saison par exemple ou en relation avec une actualité.

Il est également plus facile de lancer des chaînes TV en digital. La technologie nous permet même de créer des chaînes éphémères, adaptées à la saison par exemple ou en relation avec une actualité. Cela nous donne la possibilité d’être hyper exhaustifs tout en étant très segmentés. Cette agilité répond aux attentes des utilisateurs.

IN : qu’est-ce qui vous permet d’en être sûrs, du moins pour ce qui est du marché français ?

P. L.-L. : la croissance et le dynamisme que nous observons en France sont bien au-delà de nos attentes, qui étaient déjà très ambitieuses. Cela prouve que notre programmation répond aux besoins. Nous regardons également nos notations sur les stores. Sur le store d’Apple nous sommes notés 4,5 sur 5. Cela montre le niveau de satisfaction des utilisateurs, que ce soit au niveau de l’ergonomie, du concept et des contenus proposés. Cela nous conforte sur le fait que la plateforme correspond aux attentes et que le public valide le linéaire en streaming.

Nous ne sommes qu’au démarrage de ce phénomène FAST. Nous sommes à plus de 300 chaînes aux États-Unis et nous avons des grandes ambitions pour la France.

Pour le groupe ViacomCBS, Pluto TV est un pilier au niveau mondial, il vient en complément de nos chaînes payantes avec un contenu produit par des acteurs externes au groupe (BBC, Euronews, Mediawan…). Nous considérons que nous ne sommes qu’au démarrage de ce phénomène FAST. Nous sommes à plus de 300 chaînes aux États-Unis et nous avons des grandes ambitions pour la France.

IN : comment se passe votre relation avec les opérateurs des box, qui captent aujourd’hui le gros de la consommation de la TV en France ?

P. L.-L.: ce sont des acteurs avec lesquels ViacomCBS travaille déjà. Dix de nos chaînes payantes, comme MTV, Game One, Nickelodeon ou Paramount Channel, sont distribuées via ces opérateurs. Nous discutons avec eux pour étendre la présence de Pluto TV sur les box, sachant que nous sommes déjà sur les box Android de Free et de Bouygues. Les opérateurs voient l’intérêt que le public porte à ce type de contenu. Ils souhaitent s’ouvrir davantage. C’est en cours et cela nécessite quelques implémentations techniques. Notre intérêt est d’être présents le plus largement possible sur tous les canaux : OTT, smart TV, box opérateurs, dongles type Chromecast ou Amazon Fire TV et même dans les consoles de jeux vidéo.

Ce qui nous différencie c’est le temps des nos tunnels publicitaires qui est de 6 à 8 minutes par heure, contre 12 à la télé…

IN : le modèle de Pluto TV est 100 % publicitaire. Combien d’annonceurs et campagnes avez-vous déjà accueillis en France ?

P. L.-L.: les annonceurs adhèrent très rapidement, tous les secteurs sont représentés et on retrouve les marques habituées à la TV traditionnelle. Un des aspects qui nous différencient est le temps beaucoup plus limité des nos tunnels publicitaires : de 6 à 8 minutes par heure, contre 12 à la télé. Cela favorise à la fois l’émergence de la marque et l’expérience utilisateur dans un univers ultra segmentée. Nous ne sommes pas exposés aux ad blockers car la publicité est fusionnée au flux vidéo, en plus d’être non skippable [on ne peut y échapper, NDLR.], ce qui nous permet d’atteindre des taux de complétion de l’ordre de 90%. Le tout avec la qualité et l’environnement brand safe de la TV.

IN : où en êtes-vous des budgets publicitaires captés par Pluto TV ?

P. L.-L. : quand ViacomCBS a fait l’acquisition de Pluto TV, en 2018, les recettes publicitaires étaient de 70 millions de dollars. Nous finirons l’année en touchant près d’un milliard de dollars au niveau mondial.  Le potentiel publicitaire est par conséquent énorme.

En résumé

Pluto TV, propriété de ViacomCBS depuis 2018, est une FAST – pour free ad-supported TV qui affiche des ambitions fortes pour le marché français. En à peine neuf mois en France, le broadcaster a multiplié par deux le nombre de chaînes thématiques proposées. Dans le monde, Pluto TV a multiplié par 14 ses recettes publicitaires en moins de trois ans. Pour Philippe Larribau-Lavigne, directeur général de ViacomCBS, propriétaire de Pluto TV depuis 2018, la raison d’un tel engouement est dans le principe même du modèle FAST. L’offre d’un contenu linéaire accessible directement via internet, sur une smart TV, via des dongles comme Fire TV d’Amazon ou Chromecast, et même sur les box opérateurs, répondrait aux attentes d’un public en quête d’une expérience fluide adossée à une thématique. Pour les annonceurs, des tunnels publicitaires plus courts, des taux de complétion élevés et un inventaire très segmenté de par le principe même des chaînes thématiques, favorise l’émergence. Pluto TV ne demande pas d’inscription ni de login pour le moment, le temps sans doute de se constituer un bassin d’audiences significatif.

Luciana Uchôa-Lefebvre

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