5 novembre 2015

Temps de lecture : 3 min

« Nos histoires parlent aux spectateurs »

La télé Israélienne a acquis une réputation d’audace et d’innovations dans ses contenus. L’agence Armoza Formats développe et exporte quelque 80 programmes tout autour du monde. Avi Armoza, fondateur et président, commente le storyboard d’une success story avérée.

La télé Israélienne a acquis une réputation d’audace et d’innovations dans ses contenus. L’agence Armoza Formats développe et exporte quelque 80 programmes tout autour du monde. Avi Armoza, fondateur et président, commente le storyboard d’une success story avérée.

INfluencia : « The People’s choice », « Hostages », « Connected , « Babushka »… Comment expliquez-vous la créativité des producteurs israéliens et l’internationalisation de leurs programmes et fictions ?

Avi Armoza : Israël est très créatif, et bien au-delà des formats TV. Le pays est même réputé comme la nation de la start-up, grâce à son incroyable avancée aussi dans le high-tech, la médecine et la R&D, tous secteurs confondus. Une dynamique qui va se poursuivre, car le succès appelle le succès et donne confiance aux radiodiffuseurs pour oser et exporter des projets qui fonctionneront. Les programmes israéliens plaisent à l’étranger pour trois raisons. Tout d’abord parce que culturellement nous sommes à l’aise avec la prise de risques et les incertitudes. Imaginer des formats, c’est plonger dans l’inconnu et accepter, quoi qu’on fasse, de ne pas toujours réussir à 100 %. Ce qui lève les barrières à la création, comme condition sine qua non de LA bonne idée et de la réussite. Ensuite, nos budgets sont loin d’être au niveau des autres pays.

Des restrictions qui ne nous empêchent pas d’offrir des shows extrêmement bien produits, au contraire. Cette habitude du rapport qualité/prix a du bon. Elle nous pousse à acquérir des connaissances et un savoir-faire pour dénicher des solutions optimisées et rentables qui auront l’apparence de programmes coûteux et qualitatifs. La dernière raison tient davantage à l’essence même de nos programmes qui les rend si spécifiques et si attrayants. En effet, en mettant en scène la vie de tous le jours de gens bien réels sur fond de grand débat national ou social, nos histoires parlent aux spectateurs. De plus, leurs thèmes intrinsèquement universels sont potentiellement et facilement adaptables où qu’elles se déroulent. Tel est le cas de « Hostages », qui a permis à la chaîne d’augmenter son audience de 75 % sur ce créneau. Cette série a été encensée par les médias israéliens et récompensée par un Award for Best Drama à Monte-Carlo. Non seulement elle a été diffusée dans plus de dix-huit pays, notamment en France sur Canal+ et en Grande-Bretagne sur BBC, mais en plus une seconde saison est en cours de préparation.

IN : jusqu’où peut-on aller en téléréalité ?

AA : tout dépend de l’histoire et des personnages. Il faut que la première soit solide et forte pour permettre aux seconds d’être crédibles jusqu’au bout. Un cocktail qui stimule la curiosité naturelle des spectateurs et qui est un bon moteur pour le programme. Car plus les gens s’identifient, plus ils jouent le jeu longtemps.

IN : les nouvelles technologies changent-elles la donne ?

AA : les progrès technologiques concourent à l’amélioration de nos histoires et au traitement de nos personnages sous des angles toujours plus singuliers. Et ainsi à nous renouveler pour conserver un public captif et engagé. « Connected » est un docu-réalité qui joue ainsi à la fois sur la curiosité qui est en chacun de nous et les stimuli du digital; il illustre parfaitement comment les nouveaux outils peuvent radicalement métamorphoser la téléréalité. Développée maintenant dans plus de dix pays, dont aux États-Unis et en Finlande, la série repose en effet sur le principe tout simple et vérifié que nous sommes tous avides de savoir comment les autres vivent. Mais aussi que nous n’avons jamais été aussi friands (et habiles) du et avec le pouvoir donné par les réseaux sociaux pour nous exposer et partager notre intimité. « Connected » s’est engouffré dans les prémisses de ce langage révolutionnaire pour le transposer sur le petit écran. Plongeant la téléréalité plus profondément dans le réel et rendant presque obsolète la traditionnelle téléréalité scénarisée.

IN : que nous réservent vos cartons ?

AA : nous venons de lancer un jeu en prime time intitulé « Babushka » et co-développé avec Ryan Seacrest Productions – pour qui c’est une première internationale – et TF1. Des partenaires avec lesquels nous serons ravis de nous renforcer. Déjà diffusé en Italie, Espagne, Turquie et au Portugal, il confronte les participants à dix poupées russes géantes. À la clé : 500 000 dollars. Comment ? En ouvrant les poupées, mais huit seulement. C’est très fort, ce divertissement déclenche immédiatement la sympathie et l’excitation du public, en misant sur l’image iconique et familière des poupées russes, et la capacité des concurrents à être stratégiques et à provoquer leur chance. C’est ainsi que jouant avec les émotions de ces derniers et surprenant en permanence les spectateurs, le scénario donne à tous la sensation d’être sur des montagnes russes.

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