19 janvier 2016

Temps de lecture : 2 min

Non, Bruxelles n’est pas une « warzone »

Rassurer les touristes et rendre sa fierté aux habitants de Bruxelles, telle est la mission de visit.brussels avec sa dernière campagne #CallsBrussels. Quand la communication adoucit les mœurs.

Rassurer les touristes et rendre sa fierté aux habitants de Bruxelles, telle est la mission de visit.brussels avec sa dernière campagne #CallsBrussels. Quand la communication adoucit les mœurs.

Dimanche 22 novembre. Quelques jours après les attentats de Paris, la capitale belge est en état d’alerte maximum suite à des menaces terroristes. La Police Fédérale y va même de son tweet : « Par sécurité, veuillez respecter le silence radio sur les médias sociaux concernant les opérations de police en cours à Bruxelles. Merci ». Si l’élan numérique, symbolisé par le hashtag #BrusselsLockdown et son armée de chats, a permis de mettre en avant l’humour de nos amis belges, la réputation de Bruxelles, taxée de warzone par les médias, a été sérieusement écornée à coup d’images d’écoles et métros fermés, de rues désertes, de déploiements policiers. Sans compter Molenbeek, l’une des 19 communes de la ville, copieusement pointée du doigt… De la  » mal-info  » anxiogène qui porte gravement atteinte au glamour et à l’économie d’une agglomération.

La riposte avec panache

Plutôt que de tomber dans la sinistrose et le repli, visit.brussels a décidé de jouer la carte de la transparence et du contre-pied parfait sous la bannière #CallsBrussels. Un dispositif ultra simple : « Comment est la vie à Bruxelles aujourd’hui ? Demandez-le à un Bruxellois ». Ainsi, dans plusieurs quartiers, des panneaux d’affichage transformés en cabines téléphoniques ont été installés et les habitants du monde entier pouvaient en direct converser avec les autochtones grâce au site dédié. Les questions montrent bien à quel point les clichés peuvent être tenaces : « J’ai lu sur internet qu’il était dangereux de visiter votre ville » ; « Avez-vous vu des gens se battre avec des armes ou des bombes? »… Des échanges cocasses qui permettent aux Bruxellois d’endosser le costume de VRP et de montrer tout l’amour qu’ils ont pour leur capitale… et pour les gaufres. L’occasion également pour visit.brussels de se réaffirmer comme une destination de choix et de mettre un coup de projecteur sur l’industrie touristique.

En 5 jours, 12 688 appels provenant de 154 pays ont été recensés, et avec 9 millions d’impressions sur les réseaux sociaux, la campagne est une réussite. Surtout, ce ressort créatif constitue une des plus belles réponses à apporter face à de tels événements. En France, les professionnels du spectacle et l’agence FF Paris s’unissaient, en décembre dernier, avec l’opération spéciale #Maplaceestdanslasalle. Objectif ? Inciter les Français à se rendre aux théâtres, cabarets et salles de concerts. Une opération intéressante mais trop ciblée. Quant à la ville de Paris, elle a bénéficié d’une réactivité nécessaire pour panser ses blessures et rebondir. En effet, à l’initiative de l’association Alliance 46.2 et un mois seulement après les attaques, le mouvement #ParisWeLoveYou avait des allures de déclaration d’amour, avec plus de 23 000 hashtags postés et plus de 11 000 photos diffusées sur parisweloveyou.fr. TBWAParis en a même fait une campagne (voir ci-dessous). Ou comment prendre sa communication à bras le corps pour rassurer le Monde. Ce n’est pas juste une affaire d’économie mais aussi de prestige…

#ParisWeLoveYou

Espinosa Eric

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