2 novembre 2020

Temps de lecture : 4 min

Netflix bousculé par NBCUniversal et son Peacock

En plein boum de la vidéo à la demande, NBCUniversal dévoilait en avril dernier Peacock, son propre service de VOD venu détrôner la concurrence. Six mois après, les chiffres parlent d’eux mêmes, à savoir 22 millions d’abonnés glanés depuis son lancement. Le confinement fait bel et bien des émules.

En plein boum de la vidéo à la demande, NBCUniversal dévoilait en avril dernier Peacock, son propre service de VOD venu détrôner la concurrence. Six mois après, les chiffres parlent d’eux mêmes, à savoir 22 millions d’abonnés glanés depuis son lancement. Le confinement fait bel et bien des émules.

Alors que mai 68 bat son plein et que la jeunesse s’affranchit encore un peu plus de la société de ses ainés, Pierre Béarn, poète, romancier et journaliste français inonde les pancartes qui battent le pavé parisien avec sa formule « métro, boulot, dodo ». Un triptyque implacable qui résume à merveille le cercle infernal propre à des millions de travailleurs. Mais quand on est jeunes et qu’on se réveille chaque matin avec Christophe et Donovan dans les oreilles, on aspire forcement à mieux. On se prend à rêver d’une vie débarrassée des contraintes extérieurs les plus oppressantes, de laquelle on serait au commande.

Cinquante deux ans plus tard, cette douce utopie semble toujours plus inatteignable. À mesure que le confinement s’impose à notre quotidien, influence notre manière de travailler et entrave nos divertissements, un nouveau slogan pourrait faire son apparition : télétravail, streaming, dodo. Voir : « comment se divertir sans streaming, quand on ne peut même pas sortir ? ». Ou encore : « est ce qu’il était nécessaire de se prendre pour Cohn-Bendit uniquement pour souligner l’explosion de la vidéo à la demande ? ». On vous laisse… choisir.

A success to be continued

L’épisode n°2 du confinement made in France, sortie en salle vendredi dernier, le prouve : la situation sanitaire semble toujours plus favorable aux services de streaming. Le 1er novembre dernier, le CNC publiait son baromètre semestriel sur l’état du marché de la VàD -Vidéo à la Demande- et de la VàDA -Vidéo à la Demande sur Abonnement-. Selon la plus haute autorité audiovisuelle française, de début janvier à fin juillet, le secteur a enregistré des revenus de 855,9 millions d’euros, un chiffre en croissance de 44,4 % par rapport à l’an dernier.

Comme on pouvait s’en douter, c’est le segment de la VàDA qui a le vent en poupe : l’abonnement pèse pour 52 % du marché, contre 30,2 % pour celui de la vente de contenus, et 14,7 % pour la location. Durant le mois de juillet, 25,2 % des internautes ont déclaré avoir visionné un programme en VàDA -+2,9 points par rapport à juillet 2019-, 13,1 % ont visionné un programme en location -0,8 point- et 8,8 % ont acheté des programmes -+2,4 points-.

Le CNC ajoute qu’en juillet, 63,7% des consommateurs de vidéo à la demande en général ont visionné un programme sur Netflix, soit 8 points de plus que l’année dernière. Prime Video a attiré 28,3 % des consommateurs, suivi de près par Disney+ et ses 26,9%. Ensuite, sous la barre des 10 %, on trouve des services comme SFR Play, Gulli Max, Filmo TV ou encore Apple TV+ qui peine à décoller.

A new gun in town

Un contexte ultra favorable, donc, qui a poussé de nouveaux acteurs à rentrer récemment dans la danse, à l’image de Disney+, disponible en France depuis le 7 avril dernier, ou même Salto, né de la collaboration entre M6, France Télévisions et TF1 et lancé à la fin du mois dernier. Pas de quoi intimider -et ça se comprend- NBCUniversal, qui dévoilait en avril dernier Peacock, son propre service venu détrôner la concurrence. Pour tirer son épingle du jeu, Matt Strauss, le CEO d’NBCUniversal a fait le pari de la gratuité. Même avant la pandémie, « on observait déjà une lassitude vis-à-vis des services sur abonnement », affirmait-il à Variety. « Et dans ce secteur, certains pensaient que les spectateurs ne voulaient pas de pubs ou n’aimaient pas la pub. Mais ce n’est pas vrai. Les contenus gratuits et financés par la pub nous valorisent, et nous nous concentrons là-dessus ».

La fréquence et la durée de ces publicités sont annoncées à 5 minutes par heure maximum. Pour les clients disposés à débourser 10 dollars par mois, il sera possible de profiter d’une version élargie et sans publicité. Enfin, une troisième offre intermédiaire est prévue, à 5 dollars, avec pub mais également avec plus de contenus. Toujours selon Matt Strauss : « Peacock propose une offre qui associe programmes télévisés contemporains, films et séries plus anciens, émissions d’actualité, comédie, sport et autres programmes en direct ». Pas de productions originales pour le moment, donc. Mais en s’appuyant sur les programmes de NBC, la liste est déjà conséquente, avec de grands classiques comme les séries Parks and Recreation et Downton Abbey, les films Jurassic Park et Shrek ou encore l’émission de talk-show Saturday Night Live.

Le 29 octobre dernier, le service de streaming publiait ses comptes du troisième trimestre 2020 et montrait au passage que oui, le public est bel et bien réceptif. Six mois après son lancement, Peacock revendique 22 millions d’utilisateurs aux Etats-Unis. Brian Roberts, CEO de Comcast, le conglomérat de médias américain également détenteur d’NBCUniversal, en a profité pour défendre son modèle à 3 niveaux. Selon lui, l’offre gratuite a permis au service de se développer rapidement avec un coût d’acquisition très faible et des dépenses de marketing nettement inférieures à celles de ses concurrents. Il mise également sur sa capacité à investir dans les programmes, avec un budget annuel de plus de 20 milliards de dollars. Reste au nouveau venu à renverser Hulu et ses 32 millions d’abonnés aux Etats-Unis et HBO Max et 28,7 millions d’utilisateurs.

Montagut Sacha

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