21 novembre 2012

Temps de lecture : 3 min

Les mots de l’audace : Bonheur

Deux fois par mois, décryptage de certains des mots qui font bouger notre pays... Après affirmation de soi", "ambition", "anticonformisme", "bienveillance", voici le mot de cette semaine : Bonheur ! Par Aude de Thuin, fondatrice du Forum Osons la France...

La fondatrice du Forum Osons la France, dont INfluencia est partenaire et qui a eu lieu le 27 septembre à Lille et en mars prochain à Paris, décryptera deux fois par mois certains des mots* qui font bouger notre pays, avant de les publier dans un livre à la rentrée 2013. Aude de Thuin a également créé le Women’s Forum for the Economy and Society et est auteure de « Femmes si vous osiez, le monde s’en porterait mieux ».

Depuis la nuit des temps, les philosophes se sont interrogés sur le bonheur. « N’est-il pas vrai que, nous autres hommes, nous désirons tous être heureux ? » demandait ainsi Platon. Aujourd’hui, le bonheur, quête humaine par essence, est devenu un sujet d’études scientifiques et économiques. En 2007, il a été prouvé que notre bonheur est fonction pour moitié de la génétique, pour 10% des conditions de vie et pour 40% de notre attitude personnelle face aux évènements de la vie. On peut avoir tout pour être heureux et ne pas l’être parce qu’il manque ce regard positif sur soi, sur les autres, sur la vie.

On sait ainsi que les médaillés de bronze sont toujours plus heureux que les médaillés d’argent. Pourquoi ? Parce que ces derniers se comparent aux médaillés d’or et s’en veulent d’avoir raté la première marche, tandis que les troisièmes, regardant tous ceux sans récompense qui les suivent, se réjouissent d’être sur le podium.

Le bonheur ne prend pas le même sens pour tous, ni la même forme. Ainsi, la pilule du bonheur n’existe pas et n’existera jamais car le bonheur est une histoire individuelle. On peut être dans l’illusion du bonheur grâce aux plaisirs que procurent l’argent, le pouvoir, les drogues, etc., mais le vrai bonheur est ailleurs. Il est dans une relation apaisée avec soi et dans des relations aimantes aux autres, dans une profonde sensation de sérénité et d’accomplissement personnel. Le bonheur est une affaire personnelle, mais aussi collective.

Evaluer les bienfaits d’une politique sur la satisfaction de vie

L’article 1 de la constitution de 1793 postulait ainsi de façon explicite que « le but de la société est le bonheur commun ». On a longtemps cru que la qualité de vie dépendait uniquement de la richesse économique. On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien. C’est pourquoi des voix s’élèvent pour redéfinir le bonheur dans une acception large et comme objectif ultime des sociétés. « Les bienfaits de telle ou telle politique devraient ainsi être évalués en tenant compte des effets sur la satisfaction de vie, tout comme des répercussions sur l’environnement. » affirme le moine bouddhiste Matthieu Ricard qui a lancé l’indice du Bonheur National Brut – visant à réduire la souffrance et à augmenter le bien-être.

De même, dans Le Prix du Bonheur (Armand Colin – 2007), l’économiste britannique, Sir Richard Layard, fondateur du « Centre for Economic Performance » à la London School of Economics, avance que le bonheur national brut devrait être la mesure du progrès de nos sociétés. L’idée fait son chemin. En 2011, une résolution onusienne intitulée «Le bonheur: Vers une approche holistique du développement,” a été adoptée par consensus par les 193 membres de l’Assemblée générale des Nations Unies. Objectif : mettre en œuvre un nouveau paradigme économique basé non pas sur le PIB, mais sur la prise en compte la satisfaction de vie des gens et sur le respect de l’environnement et des richesses naturelles.

Revendiquons l’intégration du bonheur au niveau économique !

A cette occasion, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a déclaré: “La prospérité matérielle est importante, mais elle est loin d’être le seul déterminant du bien-être. […]Le Produit National Brut a longtemps été l’aune à laquelle les économies et les politiciens ont été mesurés. Pourtant, il ne parvient pas à prendre en compte les coûts sociaux et environnementaux du soi-disant progrès.

Nous avons besoin d’un nouveau paradigme économique qui reconnaît la parité entre les trois piliers du développement durable. Social, économique et bien-être environnemental sont indivisibles. Ensemble, ils définissent le bonheur brut mondial. […]” Osons désirer notre bonheur et revendiquer l’intégration du bonheur au niveau économique !

Aude de Thuin, Fondatrice de Osons la France
Crédit photo : Miss.Tic Rue Croulebarbe, Paris (XIIIe) © Alain Roy

* Mots déjà décryptés sur INfluencia :  bienveillance  /  anticonformisme   /   ambition 
 

La rédaction

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