28 avril 2015

Temps de lecture : 2 min

Mode : un tee-shirt à deux euros est-il une bonne affaire ?

A l’occasion de la Fashion Revolution Day, le collectif Fashion Revolution, Unit9 Berlin et l’agence BBDO Berlin ont piégé les passants de la capitale allemande avec un distributeur de tee-shirt un peu particulier.

A l’occasion de la Fashion Revolution Day, organisée le 24 avril, le collectif Fashion Revolution, Unit9 Berlin et l’agence BBDO ont piégé les passants de la capitale allemande avec un distributeur de tee-shirt un peu particulier.

Dans sa quête de bons plans et de prix cassés, l’être humain à tendance à oublier une réalité beaucoup plus glauque, celle des travailleurs qui confectionnent nos vêtements dans des conditions précaires. Le 24 avril 2013, 1 129 personnes ont trouvé la mort dans l’effondrement du Rana Plaza, un immeuble situé au Bangladesh, dédié à la confection et jugé insalubre quelques jours avant l’accident. Pour faire de ce drame un symbole, le 24 avril est devenu le Fashion Revolution Day, une date pour ne jamais oublier et faire en sorte que les choses bougent. Les hashtags #whomademyclothes et #FashRev prennent le relais sur le digital pour faire entendre la cause.

En attendant les effets de cette révolution, la résistance s’organise. Au milieu de la place Alexanderplatz à Berlin, un distributeur a attiré la curiosité de nombreux badauds. Il faut dire que l’offre était alléchante et la mise en scène impeccable. Pour seulement 2 euros, vous emportiez votre tee-shirt et son packaging épuré. La bonne affaire… Mais surprise, au lieu de repartir avec son « précieux » achat et tracer la route l’esprit léger, l’acheteur a pu découvrir l’envers du décor à travers Manisha, employée « textile » d’une usine de la mort qui apparaissait sur un écran placé dans le distributeur. A coup sûr, ses conditions de travail feraient bondir n’importe quelles corporations syndicales de notre pays : avec 16 heures de travail par jour, Manisha n’est payée que 13 centimes de l’heure, et gagne à peine plus de 2 euros par jour. Soit LE prix d’un tee-shirt. Une misère…

Pour éveiller les consciences, les spectateurs avaient le choix : repartir avec un tee-shirt ou faire le don des deux euros pour aider l’association dans sa lutte contre cet esclavagisme des temps modernes. A voir leurs réactions, on imagine que les donations ont été nombreuses. Il y a quelques mois, trois blogueurs norvégiens étaient envoyés à Phnom Penh pour découvrir les conditions de travail des ouvriers du textile : le choc fut rude aussi pour ces accrocs du shopping. En dépit d’une prise de conscience bien réelle, le Bangladesh reste l’un des plus gros exportateurs de textile au monde et est clairement dépendant de cette économie. Pourtant, il va falloir que les grandes marques d’habillement renforcent leurs contrôles et soient prêtes à s’asseoir sur une partie de leur dividende pour vraiment faire évoluer les choses…

Espinosa Eric

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